vendredi 13 décembre 2013

Manhattan gadget !


Pourquoi aller à New York quand nous avons à Paris les tours et la statue de la Liberté ? D’accord, cette dernière ne se visite pas, mais on peut y aller à pied sec. De plus, dans un pays où on fait grève par principe, à quoi sert prendre le risque d’avoir des grèves : pas de visites, pas de personnel donc pas de grèves. 

Le dépaysement n’est peut-être pas total, mais achetez un guide de Paris en anglais et le Herald Tribune, et tout le monde se sentira obligé de vous en parler en anglais.
Et puis, si le voyage en bateau vous manque, prenez un bateau-mouche !

Alors, peut-être appellerez-vous cette statue parisienne un gadget en regard de sa sœur américaine. Vous n’auriez pas tort !    Le jour de l'inauguration de la statue de la Liberté, le 28 octobre 1886, l'entreprise Gaget Gauthier (qui a fait les plaques qui recouvrent la statue) aurait distribué des miniatures de la statue aux personnalités présentes pour la cérémonie.

Les invités se seraient ainsi demandés entre eux, et avec l'accent américain : « Do you have your Gaget? », c'est-à-dire « Avez-vous votre Gaget ? » ce qui aurait donné naissance au mot aujourd'hui très employé dans la langue française gadget.


Nous avons notre gad(d)get à Paris (il y en a même un autre au jardin du Luxembourg) !  

samedi 7 décembre 2013

Changez de dimension



J’ai fait cette semaine un voyage dans une autre dimension. J’ai pris le métro à Paris et suis arrivé au nouveau terminus d’une ligne existante.
Là, surprise, il n’y avait quasiment personne (nous étions en début d’après-midi). Il y avait des rues, des immeubles avec des rideaux aux fenêtres (signe de vie !), un supermarché et quelques boutiques. Rien de plus banal.
Mais les rues n’avaient pas de plaques de noms (sauf une) et les boutiques étaient étranges. Il y avait ainsi une boulangerie-pâtisserie salon de thé (c’est ce qui était écrit sur le fronton) qui servait également (affichettes papiers sur la devanture) du pho (soupe vietnamienne) et des plats chauds sans rapport avec un salon de thé.
Les quelques personnes croisées semblaient savoir où elles allaient et marchaient sans un regard autour d’elles. Une étonnante maison des droits de l’homme (c’était écrit sur une plaque) était impressionnante non pas tant par sa taille que par son…vide.  Je n’y ai pas vu d’entrée, ni de personne derrière les fenêtres.   
Les bureaux où j’allais étaient normaux, mais les personnes présentes ne connaissaient que le chemin du métro à ceux-ci (et retour) : aucune idée des limites de l’endroit où ils étaient.
Comme eux, je suis revenu dans notre monde par le métro.

Cela me faisait penser au livre de Murakami,   1Q84, où les héros vivent dans un monde légèrement en décalage avec la réalité            

samedi 30 novembre 2013

Le four à pain


Quelques communes ont gardé la nostalgie des fours à pain communaux où tout le village venait faire chauffer ses plats et cuire son pain.
Ici, dans ce village (en Savoie),  ce four est au bord du chemin. Il fonctionne m’a-t-on rapporté deux ou trois fois par an, lors de fêtes du village. Vous pouvez aussi demander sa mise en service pour quelques fêtes que vous organisez. II faut environ une nuit de chauffe pour qu’il soit opérationnel.
Regardez les bancs de part et d’autre du four : ils traduisent bien le partage et la convivialité, au même titre que la fontaine ou le lavoir du village.
 Ce que le four symbolise, c’est le partage en commun tout en gardant son individualité.

L’antithèse : la voiture dans un monde où le covoiturage ne décolle guère.  

samedi 23 novembre 2013

Le distributeur de chats


Nous n’avons plus confiance en notre gouvernement, en nos hommes politiques, en nos journalistes, en nos banquiers, …
Bref, le doute est de rigueur. En attendant que la confiance revienne, que faire de tous nos outils ?
En Normandie, une expérience est faire avec des distributeurs de chats. Puisque les gens tirent moins d’argent, la banque concernée teste la vente de chats par DAB.
C’est simple, vous consultez le catalogue à l’écran, choisissez le chat et entrez votre carte bancaire.
Les avantages ? Un service 24/24 et un grand choix.
Les inconvénients : le retour est plus difficile.
En plus cela donne du travail aux employés des banques qui, sinon, risqueraient le licenciement. 

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées.   

vendredi 15 novembre 2013

Les feux de la rampe


Savez-vous d’où vient l’expression ? 

Autrefois*, dans les théâtres du XVIIe siècle, l'éclairage de la scène était assuré par quelques chandelles placées au fond du décor.
Mais les acteurs apparaissant plus comme des silhouettes que comme de vrais personnages, ces chandelles furent ensuite déplacées vers l'avant de la scène, posées sur des lattes en bois qui donnèrent à l'éclairage le nom de 'rampe'.
À la fin du XVIIIe siècle, les acteurs obtinrent de faire remplacer les chandelles par des bougies, puis arriva l'éclairage au gaz et, enfin, la fée électricité.
C'est de cette 'rampe' d'éclairage qu'est venue notre expression. C'est au XXe siècle qu'elle a pris un sens bien plus large pour désigner les personnes qui, même sur une courte durée, passent dans la 'lumière' de l'actualité comme les acteurs le sont dans la lumière des feux de la rampe.

Etes-vous sous les feux de la rampe ?  La majorité d’entre nous ne l’aiment pas parce que bien souvent, vous y êtes à votre corps défendant. Aujourd'hui, sauf pour les artistes,  les rampes d'éclairage semblent réservées aux aquariums et aux acteurs muets et colorés que sont leurs habitants. Nous aimons l’ombre parce qu’elle nous protège. Cela soulève deux difficultés :

La première est que nous n’entendons pas forcément les acteurs (du fait de notre recul) et nous en déduisons leurs discours : c’est illusoire. Sur l’image présentée, la musique réelle que j’entendais n’est peut-être pas celle jouer par le pianiste (la télé utilise beaucoup le playback avec les artistes en direct). Cela devient un monde d’illusions.   

La deuxième est que loin des feux de la rampe nous ne sommes pas entendus. Alors, ou nous estimons que les mécanismes de représentation (en entreprise, en  politique, …) sont suffisants, ou alors nous  devons piquer une colère, faire un esclandre pour nous faire entendre (porter un bonnet rouge, vert, …). Le système devient ingouvernable.

Finalement les feux de la rampe ont du bon !

jeudi 7 novembre 2013

La vie en rébus


Nous avions abordé la semaine dernière, l’art d’écrire « cool ». Tout le monde n’aime pas lire (nous sommes plutôt dans une société où l’image mobile ou fixe domine. Alors, Samsung a imaginé une publicité d’un genre original : le rébus.

Regardez la façade du CNIT à la Défense (92). Il n’aurait pas coûté plus cher (et peut-être même moins) de mettre les bandeaux dans le bon sens. Oui, mais votre œil ne l’aurait pas retenu. Alors que là, vous regardez parce que vous ne comprenez pas… tout de suite.

Celui qui a fait l’apologie de cette approche, c’est Seth Godin, un spécialiste US du marketing (rien à voir avec les poêles) dans son livre sur la vache pourpre (style Milka) : « si vous allez de Paris à Lyon en voiture ou en train, vous regardez, vous les gens des villes, les premières vaches (ah ! la campagne !) puis vous ne les voyez plus parce qu’elles sont toutes semblables. Mais si au milieu d’entre elles, soudainement, il y avait une vache pourpre, celle-là vous ne la rateriez pas.  
   

Moralités : différenciez-vous de façon originale (voire agressive à l’œil) et regardez les vaches entre Paris et Lyon. 

vendredi 1 novembre 2013

Comment parler "cool" ?



Voici une affiche relevée cette semaine dans le métro ; Je m’interroge : pourquoi se battre contre le français « texto » si les collectivités locales s’y mettent ?  Bien sûr, de leur part, cela fait plus « classe ». C’est « in », elles sont dans le vent. Quelle image cela donne-t-il aussi à nos visiteurs étrangers ?  Finalement, le français ne leur semblera pas une langue si compliquée, presque de l’anglais. Jouons comme le département de l’Aisne : je vais faire traduire ce texte par Google Traduction en polonais (pourquoi pas ?) et le retraduire. 

Voici le résultat : 

Voici cette semaine soulevait affiche dans le métro, vous me demandez pourquoi je me bats contre le message texte français que les communautés locales obtiennent? Bien que leur part de faire plus de classes. Est "in" sont dans le vent. Quelle image de fluorescence, car il donne à nos clients étrangers? Enfin, les Français ne semblent pas avoir un tel langage compliqué, le droit anglais.


Et voilà, j’ai écrit comme dans l’Aisne !   Plus « cool » n’est-ce pas !