jeudi 12 mars 2020
vendredi 6 mars 2020
Typologie indienne : qui êtes-vous ? Un ours, une souris...?
L'une des plus anciennes typologies de ce type fait partie de la tradition indienne des Plaines américaines de la roue de la médecine, qui suppose que chaque individu vient au monde avec un mode de perception qui n'est qu'un point de départ pour comprendre les autres et le monde.
Dans cette culture, la tâche de chacun dans la vie est de maîtriser non seulement son propre mode de perception, mais aussi de faire preuve de compréhension et de bon usage des autres.
Pour résumer, ce modèle soutient que chaque personne naît avec une façon particulière de voir le monde : la façon du buffle, logique et analytique ; la façon de l'aigle, qui voit des modèles et vole au-dessus des détails ; la façon de l'ours, relationnelle et connectée à l'environnement ; ou la façon de la souris, ancrée et proche des racines et des détails de la vie.
L'ajout de diverses couleurs et nuances à ces descriptions de base (une personne peut être désignée comme un ours vert regardant vers l'intérieur, par exemple) honore la complexité et le caractère unique de l'individu tout en montrant les motifs communs à toutes les personnes. Les anciens des tribus ont identifié le chemin d'un enfant après une observation très attentive. Comme les membres de la tribu ont fait preuve de maîtrise dans l'observation et l'appréciation des coutumes des autres, les anciens leur ont donné des pierres qu'ils ont placées sur des roues médicinales symboliques.
La roue d'un individu était alors portée de telle manière sur le bouclier d'un homme ou la boucle d'une femme que ceux qui s'approchaient pouvaient voir, grâce au nombre et à l'emplacement des pierres, à quel point cette personne était capable de voir d'autres points de vue. Ces Amérindiens considéraient que le travail de leur vie consistait à se déplacer autour de la roue de la médecine pour devenir expert dans tous les points de vue de la vie.
Source : Roger Pearman I’m not crazy, I’m not just not you (Editor Nicholas Brealay, 2010)
lundi 2 mars 2020
La face cachée de Citroën
Visite aujourd’hui au conservatoire Citroën à Aulnay sous bois. Un vaste hangar avec plusieurs centaines de modèles des origines à nos jours. Parmi ces modèles quelques découvertes : tracteur, voiture de sport, hélicoptères...
Un endroit discret ouvert presque tous les jours et fort intéressant
Un endroit discret ouvert presque tous les jours et fort intéressant
samedi 29 février 2020
Une visite au bal
Le Bal est une galerie de photos à Paris (6 impasse de la Défense, Paris 18eme). Elle expose en ce moment une série de films d’une artiste marocaine. J’ai eu l’impression de voyager très loin et pourtant cela se passe à quelques kilomètres de Rabat.
jeudi 27 février 2020
Un oiseau vient au monde
Un oiseau vient au monde et voilà qu’à la faveur de son premier envol il passe au-dessus des eaux de la mer. La lumière laisse entrevoir sous la surface des poissons aux écailles argentées.
Ému par cette beauté inconnue, l’oiseau veut aller à leur rencontre et il tombe vers la mer. Mais les autres oiseaux, ses congénères, le rattrapent avant qu’il n’atteigne les vagues. « Non ! lui dit le plus sage, ne t’avise jamais d’aller vers ces créatures. Elles te sont étrangères en tous points et, les rejoignant, tu mourrais comme elles mourraient si elles nous rejoignaient. Nous ne sommes faits ni pour nous rencontrer, ni pour vivre ensemble. » L’oiseau obéit et va sa vie, mais toujours son cœur se tord à la vue de la mer. Taciturne, il ne chante plus.
Jusqu’au jour où, pétri par un chagrin trop lourd à porter, il songe qu’à une longue vie malheureuse il préfère un seul instant d’extase, et il referme sur lui ses ailes ! Et dans la bleuité du ciel, il tombe vers la bleuité de la mer pour en fendre la surface. Le voilà sous l’eau , s’enfonçant vers l’abysse des lumières et dans le peu de temps qui lui reste, l’oiseau ouvre ses yeux ! Infinité de poissons multicolores ! Satin insoupçonné des abîmes ! Indicible beauté étrangère ! Son cœur s’enflamme !
Sa dernière heure s’approche, mais il ne s’en soucie plus, tout à son désir de l’autre, de ce qui est différent, et ce désir est si absolu, si immense, si spirituel, qu’à l’instant précis où la mort veut le saisir des ouïes lui poussent au cou ! Et il respire ! L’oiseau respire !
Et, respirant , volant-nageant, il s’avance au milieu des poissons aux écailles d’or, de jade et de rose aussi subjugués que lui par eux, et, les saluant, l’oiseau prononce la parole magique : « Me voici ! C’est moi ! Je suis l’oiseau amphibie arrivant au milieu de vous, je suis l’un des vôtres, je suis l’un des vôtres ! »
Source : Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, Babel 2018
mercredi 19 février 2020
L’histoire de Hassan Ibn Mohammed Al-Wazzân
Il est né en 1486 à Fès au Maroc. Il devient diplomate. En 1518, de retour de pèlerinage à La Mecque, il est capturé par un pirate chrétien. Le pirate, au lieu de vendre comme simple esclave ce diplomate de haut rang, choisit plutôt de l’offrir au pape Léon X. Le pape, impressionné par son esprit, lui rend sa liberté en échange de sa conversion. Et, à à la faveur d’un peu d’eau versé sur sa tête, Hassan Al-Wazzân change de religion et devient Léon l’Africain.
Et toute sa vie est comme ça.
Ni destin, ni hasard, toujours entre les deux. Un pont. Il voyage, côtoie les plus humbles comme les plus puissants, rencontre des tribus, apprend des langues. Contemporain de Vinci et de Machiavel, il passe dix années à Rome où il écrit un immense traité de géographie pour raconter aux Européens une Afrique insoupçonnée et se lie d’amitié tant avec les juifs qu’avec les chrétiens.
Et quand finalement il retourne chez lui, on perd sa trace. Personne ne sait où il est mort et on n’a jamais trouvé sa tombe. Il disparaît, il s’évanouit.
Son histoire permet de répondre à certaines questions que notre époque nous pose : faut-il à ce point s’attacher à nos identités perdues ? Qu’est-ce qu’une vie entre deux mondes ? Qu’est-ce qu’un migrant ? Qu’est-ce qu’un réfugié ? Qu’est-ce qu’un mutant ?
Source : Wajdi Mouawad , « tous des oiseaux », Babel 2018
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