mercredi 9 septembre 2020

La rivière


Une rivière serpentait dans la nature. Elle était joyeuse, enjouée, se régalait de tous ces paysages qu’elle traversait.  Et quelle joie de rencontrer autant de gens au fil de sa course ! Elle ne s’arrêtait pas vraiment, profitait simplement de la vie et de tous ses cadeaux, oubliant sa fatigue pour aller de l’avant et mener sa vie de rivière, à la fois curieuse et toujours pressée.   

 

Et puis un jour, au fil de son parcours, cette rivière se retrouve dans un champ plus difficile à traverser, sablonneux et rocailleux.

 

Elle ne laisse pas de place à la panique et décide d’aller de l’avant, de forcer son passage. 

 

Mais plus elle avançait, et plus elle s’épuisait jusqu’à se demander ce qui allait bien pouvoir arriver si elle ne pouvait pas dépasser ce champ pour rejoindre un terrain qui lui serait plus profitable. 

 

Elle commençait à douter, se confronta à ses limites et connut la crainte : si elle s’arrêtait, pour la première fois de sa vie, elle risquait de perdre ce qui faisait d’elle une rivière : le fil de l’eau, le mouvement, un lieu où la vie peut s’épanouir…

 

Allait-elle se transformer en une vulgaire mare, comme elle en connaissait d’autres, quelque chose qui pour elle était crasseux et inerte ?     

 

La peur l’envahit, elle jeta ses dernières forces dans la bataille, affolée, sentant qu’elle pouvait ici tout perdre.    

 

Et puis, on ne sait ce qui se passa, mais elle entendit comme une petite voix.

 

Une voix qui semblait avoir toujours été là mais qu’elle n’avait pas pris le temps d’écouter, de ressentir ou d’entendre.     

   

D’où pouvait-elle bien provenir ? De quelqu’un ? Du ciel ? De sa conscience ou d’ailleurs ?  Elle ne le savait pas, mais tendit l’oreille vers cette voix qui lui disait tout bas : « Rivière, tu n’as pas toujours été rivière, mais avant gouttes de pluie…venues des nuages…Peut-être peux-tu demander au vent de t’aider à nouveau ? » 

L’avait-elle oubliée ? La rivière ne savait que faire, pouvait-elle prendre le risque de stopper ses efforts et de s’en remettre au vent ? Ne risquait-elle pas de ne plus jamais être la rivière qu’elle avait toujours aimé être ? 

 

 Épuisée, elle s’y résolut enfin, bien qu’assaillie par la peur.

 

Le vent s’exécuta et la rivière se transforma en fines gouttes. 

 

Quel voyage ! Et le vent la déposa plus loin, sur une terre qu’elle ne connaissait pas, où cependant elle put reprendre sa route, neuve et remplie de joie de n’être plus tout à fait exactement la même et en même temps tout en se retrouvant totalement…  

 

 

Source : http://www.hypnotherapie77.fr

 

Publié le 9 mars 2017

mercredi 2 septembre 2020

La gratitude

Un jour, le père d’une très riche famille amène son fils à la campagne pour lui montrer comment les gens pauvres vivent. Ils passent quelques jours sur la ferme d’une famille qui n’a pas beaucoup à leur offrir.

Au retour, le père demande à son fils : « As-tu aimé ton séjour? »

« C’était fantastique, Papa ! »
« As-tu vu comment les gens pauvres vivent ? », demande le père.
« Ah oui ! », répond le fils.
« Alors, qu’as-tu appris ? »

Le fils lui répond :
« J’ai vu que nous avions un chien alors qu’ils en ont quatre.
Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils vont dans une crique sur la mer.
Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel.
Nous avons un grand jardin devant la maison et eux ont l’horizon.
Nous avons un domaine, mais eux ont des champs à perte de vue.
Nous achetons nos denrées et eux les cultivent.
Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger. Eux ont des amis qui les protègent. »

Le père en resta muet.

Le fils rajouta : « Merci, Papa, de m’avoir montré tout ce que nous n’avons pas. »

Trop souvent nous oublions ce qui nous est acquis pour nous morfondre sur ce que nous n’avons pas. Ce qui est un objet sans valeur pour quelqu’un peut très bien être un trésor pour un autre. Ce n’est qu’une question de perspective. C’est à se demander ce qui arriverait si nous avions de la gratitude pour tout ce que nous avons au lieu d’en vouloir toujours plus. Retrouvez vos yeux et votre cœur d’enfant et voyez combien il est important d’apprécier ce que vous avez plutôt que de vous soucier de ce que vous ne possédez pas. »

Auteur inconnu



Publié le 23 septembre 2016

vendredi 28 août 2020

le grillon

Un amérindien et son ami, en visite au centre-ville de New York, marchaient près de Times Square dans Manhattan. C'était durant l'heure du lunch et les rues étaient bondées de monde. Les autos klaxonnaient de plus belle, les autos taxi faisaient crisser leurs pneus sur les coins de rue, les sirènes hurlaient et les bruits de la ville rendaient presque sourd. Soudain, l'amérindien dit, "j'entends un grillon."

Son ami répondit, "Quoi? Tu dois être fou. Tu ne pourrais jamais entendre un grillon au milieu de tout ce vacarme!" 

"Non, j'en suis sûr," dit l'amérindien, "j'entends un grillon." 
"C'est fou," dit l'ami.

L'amérindien écouta attentivement pendant un moment, puis traversa la rue jusqu'à un gros planteur en ciment où poussaient quelques arbustes. Il regarda à l'intérieur des arbustes, sous les branches et avec assurance il localisa un petit grillon. Son ami était complètement stupéfait.

"C'est incroyable," dit son ami. "Tu dois avoir des oreilles super-humaines !"
"Non," répondit l'amérindien. "Mes oreilles ne sont pas différentes des tiennes. Tout ça dépend de ce que tu cherches à entendre." 
"Mais ça ne se peut pas !" dit l'ami. "Je ne pourrais jamais entendre un grillon dans ce bruit."
"Oui, c'est vrai," repliqua l'amérindien. "Ça dépend de ce qui est vraiment important pour toi. Tiens, laisse-moi te le démontrer." 

Il fouilla dans sa poche, en retira quelques sous et discrètement les jeta sur le trottoir. Et alors, malgré le bruit de la rue bondée de monde retentissant encore dans leurs oreilles, ils remarquèrent que toutes les têtes, jusqu'à une distance de sept mètres d'eux, se tournaient et regardaient pour voir si la monnaie qui tintait sur le pavement était la leur. 


"Tu vois ce que je veux dire?" demanda l'amérindien. "Tout ça dépend de ce qui est important pour toi."
Source : http://www.funfou.com/temoignages/grillon.phtml

Publié le 15 avril 2017

mercredi 19 août 2020

La soupe

Il était une fois une femme assise seule à la table d’un restaurant. Après avoir lu la carte, elle commanda une appétissante soupe qui avait attiré son attention. Le serveur, très aimable, la servit, puis reprit son travail. Quand il repassa près d’elle, la femme lui fit un signe, et il vint rapidement à elle.
– Que puis-je pour vous, madame ?
– J’aimerais que vous goûtiez la soupe.
Le serveur, surpris, lui demanda aimablement si la soupe était mauvaise, ou si elle ne lui plaisait pas.
– Ce n’est pas ça, j’aimerais que vous goûtiez la soupe.
Après quelques secondes de réflexion, le serveur se dit que la soupe était peut-être froide. Il le fit donc savoir à la dame, à moitié en lui posant la question, et à moitié en s’excusant.
– Peut-être la soupe est-elle froide ? Ne vous inquiétez pas, je vais remédier à ce problème tout de suite…
– La soupe n’est pas froide. Pourriez-vous la goûter, s’il vous plait ?
Le serveur, déconcerté, laissa donc de côté son amabilité pour se consacrer à résoudre le problème. Il n’était pas d’usage de goûter les plats des clients, mais la dame insistait tellement qu’il ne voyait plus d’autres options que de céder à sa demande. Quel était le problème avec cette soupe ? Il usa de sa dernière cartouche :
– Madame, dîtes-moi ce qu’il se passe. Si la soupe n’est ni mauvaise, ni froide, dîtes-moi ce qu’il se passe. S’il le faut, je vous la change.
– S’il vous plait, pardonnez-moi mais je me dois d’insister : si vous voulez savoir ce qu’il se passe avec cette soupe, alors goûtez-la.
Finalement, face à une demande si catégorique de la dame, le serveur finit par accepter. Il se rapprocha donc de la dame, et, s’apprêtant à prendre une cuillère pour goûter, il se rendit compte…qu’il n’y avait pas de cuillère sur la table. Avant même qu’il n’ait le temps de réagir, la dame fit tomber le verdict :
– Vous voyez ? Il n’y a pas de cuillère. Voilà le problème qu’il y a avec la soupe : je ne peux pas la manger.


Source : conte de Jorge Bucay

Publié le 23 mars 2017

mercredi 12 août 2020

Le voyageur trop pressé

Un explorateur pressé d’atteindre
Sa destination au cœur de l’Afrique
Promit une prime à ses porteurs indigènes
S’ils acceptaient d’accélérer l’allure.
Pendant plusieurs jours
Les porteurs pressèrent le pas.
Un après-midi, pourtant, ils refusèrent de continuer,
s’assirent tous par terre
et posèrent leurs fardeaux.
On aurait pu leur offrir encore davantage d’argent,
Ils n’auraient pas bougé.

Lorsque l’explorateur leur demanda
la raison de ce comportement,
voici la réponse qu’il obtint :
« Nous avons marché si vite
Que nous ne savons plus ce que nous faisons.

Maintenant, nous devons attendre
Que nos âmes nous rejoignent. »
Paulo Coelho



Publié le 3 mars 2017 

jeudi 6 août 2020

Le crayon

Le petit garçon observait son grand-père en train d’écrire une lettre. A un moment donné, il demanda : « Est-ce que tu racontes une histoire qui nous est arrivée ? Et est-ce que par hasard cette histoire parle de moi ? »

Le grand-père arrêta d’écrire, sourit, et dit à son petit-fils : « Oui, ça parle de toi, c’est vrai. Mais le crayon dont je me sers est plus important que les mots que j’écris. J’espère que tu lui ressembleras quand tu seras grand. »

Le garçon examina l’objet avec curiosité, mais ne lui trouva rien de particulier. « C’est un crayon comme tous les crayons que j’ai vu dans ma vie ! »

« Tout est dans la façon de regarder les choses. Ce crayon recèle cinq qualités qui, si tu parviens à les posséder pour toi-même, feront de toi un être en paix avec le monde. »

« Première qualité : tu peux faire de grandes choses, mais tu ne dois jamais oublier qu’il existe une main qui guide nos pas.   pouvoir la diriger selon sa volonté. »

« Seconde qualité : de temps en temps, il me faut arrêter d’écrire pour utiliser un taille-crayon. Cela fait un peu souffrir le crayon, mais il en sort plus affûté. Ainsi faut-il que tu apprennes à endurer certaines douleurs, car elles feront de toi une meilleure personne.»

« Troisième qualité : le crayon te laisse toujours la possibilité d’utiliser une gomme pour effacer ce qui ne va pas. Tu dois comprendre que d’effacer quelque chose que l’on a fait n’est pas nécessairement mal, et que ça peut être quelque chose d’important pour rester sur le droit chemin.

« Quatrième qualité : ce qui importe vraiment dans ce crayon, ce n’est pas le bois ou la forme extérieure, ce qui compte c’est la mine à l’intérieur. Alors, fait bien attention, toujours, à ce qui se passe en toi. »

« Enfin, cinquième qualité du crayon : il laisse toujours une trace. De la même façon, sache que tout ce que tu feras dans ta vie laissera des traces et qu’il faut essayer d’être conscient de chacun de tes actes ».

Paulo Coelho

Source : http://bmhypnose.fr/2016/01/le-crayon/#more-239

Publié le 24/2/2017

samedi 1 août 2020

Les différences culturelles : USA vs URSS

 « Les enfants de Marina Tchipkovskaïa, qui étaient nés en Amérique et ne parlaient pas russe, n’étaient manifestement pas ravis de la présence de ces hôtes moscovites. De façon générale, ils étaient agacés par les amis russes de leur mère, même ceux qui vivaient en Amérique, des émigrés qui parlaient mal l’anglais et n’avaient pas très bien réussi. Et ils ne s’en cachaient pas. 

Quand elle était encore petite, la fille de Marina avait demandé à sa mère : « Pourquoi les Russes, ils ont tous des dents pourries et les cheveux sales ? » 

Tchipa aurait pu répondre à cette question, mais elle n’avait rien dit. Il aurait fallu expliquer trop de choses. 

Que chaque pays a ses propres habitudes culturelles – les Américains changent de tee-shirt deux fois par jour et se lavent dès qu’il y a une douche dans les parages, tandis que depuis des générations, les Russes se lavent une fois par semaine aux bains, le samedi, et changent de linge à cette occasion. Que beaucoup d’entre eux vivent dans des appartements communautaires sans salle de bains… 

Et aussi que chaque enfant de leur âge, même au fin fond de la Russie, lit en un an plus de livres que son frère et elle n’en avaient lu durant leur vie entière, que chaque adulte convenable connaît par cœur plus de poèmes qu’un professeur de littérature ici… 

Mais Marina n’avait rien dit de tout cela à ses enfants, parce qu’elle voulait qu’ils deviennent des Américains à cent pour cent, que les effluves de l’émigration s’évaporent le plus vite possible, dès la première génération… Tous les gens venus de Russie se divisaient en deux camps : les uns apprenaient le russe à leurs enfants pour qu’ils lisent Pouchkine et Tolstoï dans l’original et ne perdent pas la culture russe, les autres, comme Marina, ne le faisaient pas. Et pour les uns comme pour les autres, la vérité, c’était qu’en règle générale, l’émigration avait entraîné d’énormes pertes en termes de statut social, et rares étaient ceux qui étaient parvenus à retrouver la position qu’ils occupaient dans leur pays natal. » 



(Extrait de « L'échelle de Jacob » par Ludmila Oulitskaïa, Sophie Benech, Gallimard, 2018)