samedi 9 décembre 2017

Un conte (nordique) pour se réchauffer


Il était une fois un roi qui mourait de froid dans son palais de marbre. Les courtisanes se succédaient pour le réchauffer mais elles le quittaient, bleui et meurtri. Les chasseurs et les tanneurs puis les couturiers s’affairaient pour lui présenter d’aériens manteaux à partir d’hermines, de zibelines et de martres.

De plus en plus désespéré, ces manteaux sublimes ne lui apportant aucun réconfort, le roi songeait sérieusement à abandonner son royaume pour partir très loin, dans un pays où il aurait enfin chaud.

Alors que les servantes emballaient dans des malles ses effets personnels, son or et ses pierreries, un traîneau s’arrêta à la porte du palais et une sublime créature, vêtue de dentelles et d’organdi se présenta à ses yeux éblouis. Des fleurs de myosotis étaient piquées dans ses boucles vaporeuses, son sourire était prometteur, semblant inciter à l’amour.

Le roi, conquis, prit la belle par la main, ordonna que l’on s’affaire auprès de son attelage, lui présenta une fourrure de vison tout en l’invitant à s’asseoir sur le trône, à ses côtés mais la divine créature laissa échapper sa colère. « Pourquoi toutes ces fourrures ? N’avait-il pas honte de profiter de l’assassinat de pauvres bêtes, parures des forêts et des lacs pour se vêtir de leurs dépouilles ?

- Pardon, ma mie, dit le roi, si je vous ai offensée. C’est la coutume en mon pays.

- Eh bien, si tu veux échapper au châtiment que tu mériterais, cesse de grelotter sans raison au fond de ton palais. Habille-toi avec simplicité, monte à cheval et cours à la recherche de ta destinée. Tu n’auras plus jamais froid, j’en réponds ! »

Et la divine créature partit comme elle était venue, dans un bruit de grelots, laissant le roi à ses réflexions.

Penaud, il ne put s’empêcher de penser que la merveilleuse apparition avait dit vrai.
Il agit désormais en suivant ses conseils et demeura en son palais de marbre, juste le temps de se reposer de grandes chevauchées qui lui donnèrent enfin le soleil et la paix.


Source : http://www.contes.biz/conte-10901-Conte_Nordique.html

vendredi 1 décembre 2017

L'oeil de l'éléphant

Cette histoire nous vient du Cameroun. Elle parle d’un petit éléphant qui doit traverser une rivière : à mi-chemin, l’un de ses yeux se détache brusquement et tombe au fond de l’eau…

Affolé, l’éléphanteau se met à le chercher en s’agitant dans tous les sens. L’œil semble définitivement perdu. Mais tout autour, les poissons, les grenouilles, et même les oiseaux et tous les autres animaux lui crient : « Du calme Petit Éléphant ! Calme-toi ! »
Mais le petit éléphant totalement paniqué n’entend plus rien, s’affole de plus belle et remue plus vivement encore l’eau, la vase et la terre du fleuve… Sans trouver son œil…
« Du calme ! Du calme ! », continuent de crier les autres.

L’éléphanteau finit par les entendre, accepte de s’immobiliser et se contente d’observer avec l’œil qu’il lui reste. Tout doucement, l’eau de la rivière entraîne la vase et la boue qu’il soulevait en pataugeant. Progressivement, tout redevient clair, et, regardant entre ses pattes, il aperçoit l’autre œil au fond de l’eau. Il le ramasse alors avec sa trompe et le remet en place. Puis finit de traverser la rivière.

Que pouvons-nous retenir de cette histoire ?

Quand nous perdons notre calme, nous perdons tout… Quand on se sent débordé, il faut savoir s’arrêter, accepter de prendre du temps alors qu’on a l’impression d’en perdre, regarder autour de soi, et bien souvent la solution apparaîtra d’elle-même.
C’est quand on pense ne plus avoir de temps du tout, qu’il faut justement prendre tout son temps !


En savoir plus sur http://coacheloquence.com/un-conte-dorigine-camerounaise-loeil-de-lelephant/#4ZMkBEL26mfivqOd.99

vendredi 24 novembre 2017

Le clou

Un marchand avait fait d’excellentes affaires à la foire : il avait vendu tout ce qu’il avait comme marchandises et gonflé sa bourse de pièces d’or et d’argent. Comme il voulait être rentré chez lui avant la tombée de la nuit, il décida de se mettre en route aussitôt, serra sa bourse dans sa sacoche de selle, monta à cheval et s’en fut. Vers midi, il fit étape dans une ville ; le palefrenier, quand il lui ramena son cheval pour repartir, lui fit remarquer :
– Il lui manque un clou au fer de son pied gauche, derrière, monsieur !
– Laisse courir, dit le marchand, pour les six lieues qu’il me reste à faire, le fer tiendra bien. Je suis pressé. Au milieu de l’après-midi, alors qu’il avait fait halte de nouveau et fait donner de l’avoine à sa monture, le valet de l’auberge vint lui dire :
– Monsieur, il manque un fer à votre cheval, au pied gauche de derrière. Faut-il que j’aille le faire chausser ?
– Laisse, dit le marchand, je suis pressé et la bête supportera bien les deux lieues qu’il me reste à faire. Il remonta en selle et continua sa route, mais peu après le cheval se mit à boiter ; et il ne boita pas longtemps avant de broncher ; et il ne broncha pas longtemps avant de faire une chute et de se casser la jambe. Aussi fallut-il que le marchand débouclât ses sacoches et, abandonnant là son cheval, les mît sur son épaule et rentrât à pied chez lui, où il n’arriva que tard dans la nuit.
– Tout cela, conclut-il c’est de la faute de ce maudit clou qui a fait tout le mal. Hâtez-vous lentement !

Source : frères Grimm