jeudi 8 août 2019

Le veau sur la glace

Un jour, un veau sautait dans son étable ; il apprit ainsi à faire des tours.
Quand l’hiver vint, on laissa aller le veau avec le troupeau boire à la source entourée de glace. 
Toutes les vaches s’approchèrent avec précaution de l’abreuvoir.
Le veau courut étourdiment sur la glace, levant la queue, dressant l’oreille, et se mit à tourner.
Au premier tour, il glissa et se heurta à l’abreuvoir.
Alors, il se mit à pleurer, comme un veau qu’il était, et murmura :
— Malheureux que je suis ! dans la paille jusqu’au genou, je sautais sans tomber, et ici, dans un endroit aussi uni, aussi poli, je me laisse glisser.
Une vieille vache lui dit :
— Si tu n’étais pas si jeune, tu saurais que là où il est plus facile de sauter, il est aussi plus difficile de se retenir.

Conte de Tolstoï

jeudi 1 août 2019

L’amitié de deux chacals


Il y a fort longtemps, vivaient dans l'immensité du désert deux chacals qui s'aimaient d'une amitié sincère, un peu comme s'aiment deux frères. Ils s'entraidaient et chacun pouvait compter sur l'autre en cas de coup dur. Ils partageaient les mêmes peines mais aussi les mêmes joies. Ils ne frayaient avec aucun autre animal préférant passer tout leur temps ensemble. Ensemble, ils recherchaient leur nourriture. Ensemble ils buvaient et mangeaient. Ensemble ils se rafraîchissaient à l'ombre des mêmes rares arbres du désert lorsque le soleil les tourmentait de ses ardents trop ardents. 
Or un jour, alors qu'ils étaient à la recherche de nourriture, l'un à côté de l'autre, sur un terrain aride et brûlé de soleil, ils virent surgissant devant eux un lion affamé qui était lui aussi à la recherche d'une proie. Plutôt que de fuir, les deux amis s'immobilisèrent et firent face à l'ennemi avec opiniâtreté. Le lion fort surpris ne put s'empêcher de leur demander : 
- Eh bien, pourriez-vous m'expliquer par quel prodige vous ne vous êtes pas enfui à mon approche ? Êtes-vous inconscients ? Ne voyez-vous pas que je suis affamé et à la recherche de nourriture ?
L'un des deux chacals prit la parole et dit :
- Pour sûr, ô seigneur ! Nous sommes fort conscients de cet état de fait. Nous avons vu que tu étais en chasse et que tu allais te jeter sur nous et nous dévorer. Nous avons cependant décidé de ne pas fuir. Quoi que nous fassions, aussi vite que nous puissions courir, tu nous rattraperais. Nous avons donc décidé de ne pas fuir. Nous préférons que tu ne sois pas épuisé au moment où tu décideras de nous dévorer. Nous préférons mourir rapidement et non souffrir par une mort lente.
Le lion qui avait écouté avec attention les paroles du chacal lui dit : 
- Le roi des animaux n'est pas en colère d'entendre des paroles sincères. Il sait reconnaître le courage et l'audace de ses sujets. Il se doit d'être grand et généreux envers ses sujets sans défense.
Sur ce, le roi du désert disparut et depuis ce jour, il accorda la paix aux deux chacals. 

jeudi 25 juillet 2019

Les trois pains de la vieille

Il était une fois une vieille dame qui vivait en raccommodant les filets des pêcheurs pour quelques piécettes. Mais un hiver, le temps fut si mauvais que les pêcheurs ne pouvaient aller pêcher, ce qui signifiait pour elle plus de filets à réparer. 

Elle alla voir un riche marchand qui l’autorisa à balayer son grenier et à emporter la farine qui restait sur le sol. Résignée, la petite vieille balaya le grenier.

Heureuse surprise, elle parvient à faire un tas de farine beaucoup plus important qu'elle ne l'avait imaginé. Rentrée chez elle, elle fit trois beaux pains dorés, croustillants et odorants. Elle sent leur bonne odeur et leur chaleur traverser le torchon qui les enveloppe. Et ça lui donne faim. 

Elle s'apprête à couper une tranche de ce bon pain tout chaud quand on frappe à sa porte... C'est un homme en haillons, il semble vraiment épuisé :
-Des voleurs m'ont attaqué sur le chemin et m'ont pris tout ce que j'avais. Je t'en prie, donne-moi quelque chose ...
La vieille femme, émue, donne sans hésiter le pain qu'elle s'apprêtait à couper. L'homme remercie et s'en va. 

La femme s'approche de la table, et se prépare à découper le 2èmepain. Elle entend alors frapper et ouvre la porte : elle voit un homme à l'air désespéré.
-Ma maison a brûlé voilà trois jours. J'ai tout perdu. Sans hésiter, la femme lui tend le deuxième pain. L'homme remercie encore et encore. 

A peine s’est-elle approché de la table pour prendre le 3èmepain qu’un vent violent pousse la porte avec force, s'engouffre dans la maison et, avant que la femme ait pu réagir, lui arrache le pain des mains : un tourbillon emporte la dernière miche de pain vers la mer.

La pauvre petite vieille éclate en sanglots
-C'est injuste ! J'ai donné deux pains à des malheureux et quand je veux manger le dernier pain, tu me l'enlèves de la bouche. Et que veux-tu que la mer fasse de mon pain ? Non, c'est trop injuste !

La pauvre vieille se coucha le ventre vide et la tête pleine de questions. Elle a beau s'interroger, elle ne voit pas la raison d'une telle injustice.
A l’aube, elle décide d'aller porter plainte contre le vent ! Seul le roi Salomon saura juger une affaire aussi délicate : une querelle avec le vent ! 

Le lendemain, elle se rend au palais, dans la grande salle d'audience du roi Salomon. Il l'écoute raconter son étrange histoire, réfléchit … et répond qu'il ne peut juger qu'en présence des deux partis : il lui faut entendre les arguments du vent pour pouvoir trancher.
-Si tu veux demander justice au vent, il doit être présent au tribunal et je ne peux le déranger en ce moment : il pousse nos navires marchands vers l'ouest de la Méditerranée. Je l'appellerai ce soir. Revient demain...

La vieille femme comprend et revient le lendemain. Elle s'installe sur un banc au fond de la salle. 

En fin de journée, trois hommes s'approchent. Ce sont trois commerçants qui viennent d'accoster. Le vent a tourné.
Roi d’Israël, accepte de nous 7 000 pièces d’or et donne-les à une personne dans le besoin...
Pourquoi tant de générosité ? demande Salomon.
C'est un don promis à Dieu qui nous a sauvé de la tempête. Nous approchions de la côte de ton royaume lorsqu'une tempête s'est déchaîné. Une fissure est apparue sur le flanc du navire et nous n'avions rien pour boucher le trou. Désespérés, nous avons fait le serment de donner la moitié de la valeur de notre chargement si nous nous en sortions. -Alors, cette miche de pain, apportée par un tourbillon de vent, est venu se plaquer sur le flanc du bateau, juste sur la fissure et l'a colmatée : c’est cela qui nous a sauvés

Salomon sourit :
Il me semble savoir d'où vient ce pain … 

Salomon cherche des yeux la vieille femme, l'aperçoit et l'interpelle : Reconnais-tu cette miche ?

La petite vieille s'approche à petits pas et regarde le pain :
Mais oui, c’est justement la miche que le vent m’a arrachée. Je reconnais le dessin que j'ai tracé dessus.
Si ce pain t'appartient, les 7 000 pièces d’or t’appartiennent aussi, reprit Salomon. Ce que tu avais pris pour une injustice, un malheur, est devenu Bonheur. Désormais, tu ne manqueras plus de rien.

De cette histoire, Salomon a tiré une sentence qu'il consigna dans le livre de l’Ecclésiaste (11:1) :
 Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras.

vendredi 19 juillet 2019

Le conte du moucheron dans l’oreille de l'éléphant


" On raconte qu'un moucheron installa un jour sa demeure dans l'oreille d'un éléphant. Ce petit être-là (il s'appelait Zouzou) était parmi son peuple estimé comme un sage. 
Évidemment Zouzou le sage ne s'était pas établi là, dans l'oreille de l’éléphant, sans lui en demander la permission. Voilà pourquoi il s'avança, dès qu'il eut posé son bagage, sur la cime d'un poil, et s'adressant à l'animal occupé à brouter un arbre :
- Mon cher éléphant, lui dit-il, merci à toi de m'accueillir dans ta superbe oreille droite. Je suis Zouzou le moucheron. On m'honore du nom de sage. Si ma présence te déplaît, je te prie de m'en informer.
Il se tut, se tint recueilli un long moment, les yeux fermés.
- Ton silence, dit-il enfin, me semble empreint de bienveillance.
Il s'inclina profondément et s'installa. Il ignorait évidemment que son discours s'était perdu dans l'austère forêt poilue qui environnait sa demeure. Il va de soi que l'éléphant n'en avait rien perçu du tout. Il ne soupçonna même pas la présence du locataire qui avait chez lui son logis. Si bien que Zouzou vécut là dans la tranquillité, assuré de la protection de son formidable grand frère.
Après dix années sans souci, il dut quitter son ermitage. Obligations professionnelles. Il fit ses bagages, et sur le seuil :
- Éléphant, dit-il, si je pars, c'est à regret, sache-le bien. Ton hospitalité fut en tout point parfaite, mais je dois m'exiler loin de toi, c'est ainsi. Depuis ma lointaine arrivée je sais qu'une amitié secrète s'est entre nous épanouie. M'oublieras-tu ? Je ne crois pas. Toi, tu resteras dans mon cœur. Adieu mon frère, mon ami.
Il attendit une réponse. Elle vint. Elle sonna haut et fort. Zouzou en fut ému aux larmes. L'éléphant barrit puissamment pour appeler une amie éléphant à venir au bain avec lui. Zouzou venu, Zouzou parti, quoi de neuf chez lui ? Rien, la vie. "

Adapté d’Henri Gougaud, le livre des chemins, Albin Michel

vendredi 12 juillet 2019

Un chat vertueux

Dans les temps les plus anciens, existait un chat vertueux, appelé « chat d’Ighnaïn ». Il était connu pour sa bonté, son intégrité et sa fidélité. Il était très apprécié dans son entourage. Comme il ne pouvait pas s’acquitter des travaux assumés par les hommes, la famille qui l’avait adopté l’affecta aux courses. Un jour d’été, il fût chargé d’apporter le déjeuner aux moissonneurs. Dans son panier, il avait une grande quantité de nourriture : pain, huile, beurre, miel, lait… Sur son chemin, il tomba sur un hérisson qui semblait souffrir. Il marchait péniblement en poussant des gémissements de douleur : « aïe, aïe, aïe… ». Il s’apitoya sur son sort, s’approcha de lui et lui proposa son aide : 
- Que puis-je pour vous ? 
Celui-ci, d’une petite voix à peine audible, le supplia : 
- Âme charitable, je vous prie de me transporter jusqu’à ma demeure, elle est sur votre chemin. J’ai trop mal, je n’arrive pas à marcher.

Sans hésiter, le chat se pencha sur lui, le ramassa délicatement et le posa doucement au fond du panier. Une fois bien installé dans le panier, le hérisson se frotta les pattes. Il arbora un large sourire et se mit à saliver. Il jubila face à un tel banquet. Ce fut avec voracité, qu’il puisa dans le miel, le beurre… Une fois rassasié, il s’adressa à son bienfaiteur : 
- Âme charitable, je vous prie de me déposer ici, je suis arrivé à destination. Je vous serai reconnaissant toute ma vie.

Mais avant de s’en aller, feignant une révérence en signe d’adieu, il prit soin d’enduire de beurre rance la queue du chat. Ne se doutant de rien, bercé par l’euphorie d’avoir accompli un geste charitable, le chat continua son chemin en chantonnant : « miaou, miaouou… ». Quand ils l’aperçurent, les moissonneurs tenaillés par la faim se précipitèrent à sa rencontre et lui arrachèrent le panier. Dès qu’ils y jetèrent un regard, ils se figèrent et échangèrent des regards consternés : il y avait très peu de nourriture. Ils interrogèrent le chat qui nia catégoriquement avoir puisé dans le contenu du panier. 
- Si ce n’est pas toi, qui est le coupable à ton avis ? 
- Je vous jure que je ne sais pas. C’est vraiment un mystère.

Décontenancés, les moissonneurs s’approchèrent du suspect à la recherche d’un indice qui prouve sa culpabilité. Il dût ouvrir la bouche : il n’y avait ni trace de nourriture ni odeur du beurre. On passa au crible fin ses pattes, il n’y eut rien à signaler. Mais dès que les nez flairèrent la queue, ils furent envahis par l’odeur du beurre rance et crièrent tous : 
- C’est elle la coupable ! C’est elle la voleuse ! C’est ta queue ! 
Furieux contre sa queue, le chat se tourna vers elle, la secoua, lui fit mordre la poussière en lui disant : 
- Quand tu me suivais et m’obéissais, je te reconnaissais mienne. À présent, tu oses me trahir et manger à mon insu, tu me fais honte espèce de chapardeuse. Je te renie ! Je te renie ! lui cria-t-il fou de rage. Et d’un coup de dents, il la cisailla. Comme une ordure, il la jeta loin de lui.

vendredi 5 juillet 2019

Transformez un télégramme en histoire


Dans son livre « histoire pressée », Bernard Friot propose un télégramme que le lecteur peut transformer en une histoire.   

En voici une illustration : vous venez de recevoir le télégramme suivant 


Dragon enlève princesse - roi demande chevalier sauver princesse - trois chevaliers attaquent dragon - premier chevalier carbonisé - deuxième écrabouillé - troisième avalé tout cru - roi désespéré - facteur idée - envoie lettre piégée dragon - dragon explose - princesse épouse facteur - heureux - famille nombreuse - réduction S.N.C.F. - fin –
Et voici une histoire adaptée du télégramme : 
       Le dragon était bien vieux maintenant. Pendant des années, il s’était épuisé a brûler des poulets chez le volailler-boucher. Il n’était pas bien payé. Il voulait s’offrir une belle retraite, aux Bahamas. Mais les poulets rôtis rapportaient peu. Alors il se dit : « enlevons la meilleure cliente du volailler, la princesse Ornella. Elle doit être riche à flots avec un prénom pareil ! Enlevons-là et demandons la plus grosse rançon du monde ».

Aussitôt dit, aussitôt fait. La princesse est enlevée, la rançon demandée au roi.  Le roi, furieux, envoya trois chevaliers à la boucherie. Le premier fût carbonisé, le deuxième écrabouillé et le troisième avalé tout cru. Le dragon était repu mais il n’avait pas sa rançon. Il était désespéré. Le roi lui aussi était désespéré. Il n’avait plus de chevaliers et il n’avait pas assez d’argent pour verser la rançon. Il devint alors le roi mendiant. Sur le pas de sa porte, il quémandait des sous pour sauver sa fille du dragon. C’est là que le facteur l’aperçut et l’entendit raconter son malheur. Le facteur voulut aider le roi et lui donna une idée : « envoyez-lui une lettre piégée ! ».

Trois jours plus tard, le dragon reçut une drôle de lettre, qui lui explosa à la tête. Raide mort, le dragon n’avait plus à se préoccuper de sa retraite ensoleillée. La princesse, ravie, retourna vite au château et épousa immédiatement son sauveur, le facteur. Ils eurent une famille nombreuse, 4 enfants et une carte de réduction de 40 % à la SNCF.


A votre tour d’imaginer des télégrammes !  

vendredi 28 juin 2019

La petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour le dire

Il était une fois une petite fille qui ne trouvait pas les mots pour dire ce qu'elle ressentait. Chaque fois qu'elle tentait de traduire ce qui se passait à l'intérieur d'elle, les mots avaient l'air de se bousculer dans sa bouche mais n'arrivaient pas à se mettre ensemble pour faire une phrase. Dans ces moments-là, elle devenait agressive, violente, presque méchante. Et des phrases toutes faites, coupantes, cinglantes sortaient de sa bouche.

D'autres fois, elle préférait s'enfermer dans le silence. Mais tout au fond d'elle-même, elle était malheureuse, désespérée. Un jour, elle entendit un poète qui disait à la radio : -Il y a chez tout être humain un Chemin de Mots qu'il appartient à chacun de trouver. 

Et, dès le lendemain, la petite fille décida de partir sur le Chemin des Mots qui était à l'intérieur d'elle. La première fois où elle s'aventura sur le Chemin des Mots, elle ne vit rien. Seulement des cailloux, des ronces, des branchages, des orties et quelques fleurs piquantes. 

La seconde fois où elle chemina sur le chemin des mots, le premier mot qu'elle vit sur la pente d'un talus fut le mot "Oser". 

Quand elle s'approcha, ce mot osa lui parler. Elle lui répondit - Je crois que je vais te prendre avec moi. 

Le deuxième mot qu'elle rencontra fut le mot « Vie ». Elle le ramassa, le mit contre son oreille. Elle perçut comme un petit chuchotement : -Prends, soin de moi. 

 Un peu plus loin sur le Chemin des Mots, elle trouva un petit mot tout seul, tout frileux comme s'il avait froid. Il avait vraiment l'air malheureux, ce mot là. Elle le ramassa, le réchauffa un peu et lui dit : -Comment tu t'appelles, toi ? Et le petit mot lui dit d'une voix nouée : -Moi, je suis le mot "Seul". Je suis vraiment tout seul. Elle serra le petit mot contre elle, l'embrassa doucement et poursuivit sa route. 

Sur le Chemin des Mots, elle vit un mot à genoux, les bras tendus. Elle s'arrêta, le regarda et c'est le mot qui s'adressa à elle : -Je m'appelle "Toi", lui dit-il. Je suis un mot difficile à rencontrer car il faut me différencier sans arrêt des autres. La petite fille le prit en disant : -J'ai envie de t'adopter, "toi", tu seras un bon compagnon pour moi. 

Sur le Chemin des Mots elle rencontra d'autres mots qu'elle laissa à leur place. Elle chercha un mot tout joyeux, tout vivant. Elle le trouva au creux d'une petite clairière. Elle s'approcha de lui, lui sourit et dit : -. Veux-tu venir avec moi ? Ce mot qu'elle avait trouvé, était le mot « Vivra ». Quand elle rassembla tous les mots qu'elle avait recueillis sur le Chemin des Mots, elle découvrit avec stupéfaction qu'ils pouvaient faire la phrase suivante : "Ose ta vie, toi seule la vivra." 

Depuis ce jour, la petite fille prit l'habitude d'aller se promener sur le Chemin des Mots. Elle fit ainsi des découvertes étonnantes, et ceux qui la connaissaient furent surpris d'entendre tout ce que cette petite fille avait à l'intérieur d'elle. Ainsi se termine le conte de la petite fille qui ne trouvait jamais les mots pour le dire.

Source : adapté d’un texte de J. Salomé