vendredi 5 septembre 2008

Quelque part dans une salle souterraine d'un pays étranger…


- Mesdames, messieurs, vous êtes ici rassemblés pour que vous soyez averti qu'un danger nous guette. La France est en train de mettre au point une nouvelle arme contre nous.
- Ce n'est pas possible s'exclame un général. C'est nous qui devons les attaquer. Pas eux ! C'est pas du jeu.
- Si maintenant les démocraties commencent à construire des armes terroristes, où va-t-on ? renchérit une femme.
- Attendez, dit un troisième, que sait-on exactement ? C'est peut-être de la fumée sans feu.
- Revenons au sujet, dit l'orateur, satisfait de cette montée d'attention. Soyons précis : l'agent 92190 a au péril de sa vie pénétré dans un grand parc en lisière d'une grande ville et a réussi le cliché que vous voyez ci-dessus.
- Etonnant ! Incroyable ! Ils ont osé ! … s'exclamèrent les assistants.
- Donc, reprit l'orateur, caché derrière la façade d'un château quelconque, il y a cette étrange coupole qui n'est pas sans rappeler…
- Un lance-fusée continue un homme triste avec de petites lunettes.
- Pourquoi ne s'en est-on pas aperçu avant ? dit son voisin. Qu'est-ce qu"ils font nos espions ?
- Parce ce que bâtiment est caché par grands arbres. De loin, vous ne voyez rien. De face, en contrebas, seulement la façade du château.
- Où cela se trouve-t-il ? reprend un jeune qui pianote sur son ordinateur
- Voici les coordonnées : Longitude : 2 ° 14’ Est, latitude : 48 ° 48’ Nord, altitude : 162m
- Et si c'était simplement un dôme ? se hasarde une personne
- Il y a une fente d'ouverture qui est orientée dans notre direction. Cette fente s'ouvre la nuit. Notre agent a vu alors de la lumière à l'intérieur.
- Comment est-il arrivé sur ce lieu ?
- En fait, d'autres pays ont tenté de le détruire sans succès.
- C'est peut-être nous ? se demande le voisin du général.
- Ne dites pas de bêtises ! lui répond son voisin. Nous le saurions.
- Vous dites "tenté" ! Ont-ils raté ?
- En fait, l'incident s'est produit le 13 juillet au soir. Il y a eu de nombreuses boules de feu dans le ciel. Ce qui a attiré l'attention de 92190, c'est les français ont fait appel à des boucliers humains pour protéger le site. Les gens ont été regroupés autour du bâtiment. Quand les tirs ont cessé, les personnes ont pu retourner chez elle.
- Quel est l'intérêt d'un bouclier humain ? dit un colonel. Un bon système de DCA couplé avec des fusées anti-fusée suffisent.
- Si vous détruisez un bâtiment, c'est un accident. Si vous tuez des gens, c'est un crime. La présence de personnes a du dissuader ces attaquants reprit le général.
- Je n'y aurais pas pensé. Mais ce que vous nous montrez, c'est une photo prise de jour. Comment l'a-t-il prise ?
- Il y est retourné le lendemain. Il semble que les autorités craignaient une nouvelle attaque. Ils avaient rassemblé à nouveau beaucoup de monde. Pour les occuper, il y avait de la musique
- La musique comme sur le Titanic avant le naufrage final dit un cinéphile.
- Qu'a-t-il constaté ?
- Le site s'appelle "cave canem". Du moins c'est le nom marqué sur un panneau près du bâtiment.
- A-t-il cherché à entrer dans le bâtiment ?
- Oui, mais il a été attaqué par des chiens qui lui ont mordu la main
- Il va être enragé !
- Non, il s'est tranché la main immédiatement.
- Alors qu'allons-nous faire ?
- Je pense qu'il ne faut pas nous laisser faire. Avez-vous des suggestions ?
Les participants lancèrent toutes sortes d'idée : envoyer une fusée, porter plainte à l'ONU, le plastiquer, bâtir des sites de défenses…
Finalement, il fut retenu de construire un bâtiment à l'identique avec un dôme similaire pour montrer qu'on n'avait pas peur.

mercredi 27 août 2008

Qui promène qui ?


- Voilà un maître qui promène ses chiens. Regardez madame Deschiens. Quel amour !
- Pas du tout, madame Chatton, ce sont les chiens qui promènent le maître.
- Que me racontez-vous là ? C'est le maître qui décide de l'itinéraire, qui fixe le temps de la promenade et jugule les ardeurs de ses animaux. Donc c'est lui qui les promène.
- Oui, mais croyez-vous que ce maître a réellement envie de sortir trois fois par jour, été comme hiver dès potron-minet ? Ce sont ses animaux qui l'ont dressé !
- Ben, en voilà une nouvelle ! Ce sont maintenant les animaux domestiques qui nous dressent ! Non, le dresseur, c'est le maître. Il fait, je le reconnais une concession pour la sortie. Après tout, il peut décider de les sortir le soir à 18 heures ou à 22 heures. Mais, c'est naturel. Il faut bien qu'elles fassent leurs besoins ces petites bêtes ! Ce n'est pas parce qu'elles en ont besoin qu'elles nous dressent.
- Tenez, je vais faire une comparaison avec nos maris. Le langage commun l'appelle le chef de la famille. Pourtant, je peux vous dire qu'il file doux. Parce que même si en public, je le laisse clamer haut et fort qu'il est chef, je m'arrange avant pour lui faire savoir ce que je veux. Il en tient compte. Après, il peut dire que c'est lui qui décide, cela m'est égal, du moment qu'il fait ce que je veux qu'il fasse.
- Oui, mais pour revenir à ces chiens, je ne vois pas le rapport. Eux, ils ne disent pas ce qu'ils veulent en amont. Ce n'est pas parce qu'ils ont des contraintes de sortie qu'ils dirigent.
- C'est quoi le pouvoir ? Est-ce de crier fort ou de faire ce que l'on veut ? Les animaux sont plus malins que nous. Ils lui disent : "nous voulons sortir". S'il ne prend pas un chemin sympathique (pour eux), ils lui font sentir en tirant sur la laisse, en courant à s'étrangler, à renâcler à rentrer. Bref, tout maître qu'il soit, il comprend et la fois suivante il prend un nouveau chemin.
- Attendez, si je vous entends bien, nous les femmes sommes comme les chats ou les chiens. Nous laissons croire à notre époux qu'il est chef, mais en fait, nous le menons par le bout du nez ?
- Souvent, oui ! Mais il ne faut pas le dire ! Ils s'en rendraient compte et réagiraient violemment !
- Mais alors si vous en êtes convaincues, pourquoi êtes-vous si féministe ?
- Justement, pour masquer cette vérité ! Plus vous criez que dans la vie quotidienne la femme n'est pas l'égal de l'homme, plus vous vous identifiez comme victime. Les hommes se sentent coupables et honteux et discrètement nous renforçons notre pouvoir. C'est cela le pouvoir. Comme le disait un syndicaliste : ce qui est à nous est à nous, ce qui est à eux (sous-entendu les hommes) est négociable !
- Ben dites donc, si mon Auguste entendait cela ! oui, mais nous continuons à avoir plus de travail qu'eux. Une fois que notre journée de travail est terminée, c'est encore nous qui faisons la cuisine, s'occupons des gamins, du ménage, de la lessive… Alors le pouvoir, c'est de tout faire ?
- Comme vous le prenez ! allez donc suivre un stage sur l'assertivité au féminin. On vous y apprendra à négocier avec votre compagnon pour partager les choses. Vous verrez dans une génération, tout aura changé. Bon, en attendant, je vous quitte, je dois passer récupérer mes gamins et faire la tambouille.
- Ah ? je pensais que vous deviez rentrer pour promener vos chiens pendant que Moooosieur mettait la table ?

vendredi 22 août 2008

Mon chéri,


Ici tout va bien. Nous sommes arrivés par bateau au Havre. Une fois la grève des dockers terminée, nous avons été transportés par camion panoramique dans la jolie station balnéaire qui a souhaité faire un échange avec la nôtre. Le petit va bien (tu le vois sur la photo, il est déjà tout bronzé).

Les édiles étaient là pour nous accueillir avec la fanfare municipale, les pompiers et la gendarmerie. Pour nous souhaiter la bienvenue, ils avaient fait appel à un camion élévateur pour être à notre hauteur (comme si nous ne pouvions pencher la tête !). Il y avait aussi des tas de personnes appelées des zauzaulogistes (c'est ce que j'ai compris). Ils voulaient nous examiner sous toutes les coutures, faire des prélèvements, … Heureusement, notre accompagnateur a sorti notre carnet de vaccinations et ils ont été calmés (pour le moment). Les autres humains étaient gardés respectueusement à distance pour qu'ils ne nous embêtent pas.

Ils nous ont trouvés un logement, un peu petit, mais confortable. Nous sommes sur une pelouse au bord de la mer, à l'angle de deux routes. Nous voyons les piétons et les voitures passer autour de nous. C'est un peu bruyant, mais il y a de la vie. J'ai vite appris au petit à traverser la rue (de toutes façons, il y a toujours les gendarmes à proximité : dès que nous bougeons un orteil, ils arrêtent tout le monde).

La vie est tranquille : des balades en bord de mer, quelques bains (je dis bien quelques, parce leur marais n'arrête de partir et de revenir.) J'ai voulu inscrire le petit au club de la plage, mais tout est étriqué. Il ne peut pas poser le pied sur leur gogobogan (?)

Tu me manques, tu aurais bien aimé la vie ici. Maintenant, les indigènes nous aiment bien et viennent nous porter à manger : des feuilles, mais aussi du pain, des pommes… D'autres espèces d'hommes viennent nous voir comme des bêtes curieuses, mais les indigènes et les gendarmes nous protègent de leurs bêtises.

Le petit s'est vite fait des amis : il joue avec des chiens. Il accepte que les enfants le touchent. Par contre, je lui interdis de les laisser monter sur son dos. Comme il est un peu brusque, un petit geste de sa part et ses "passagers" valdingueraient à 30 mètres de là. Le matin tôt et le soir, il y a un grand espace vide au pied des falaises où nous pouvons faire du sport : courir, nager…

Pour ma part, je lis le journal local tous les matins (ils ont installé un panneau lumineux face à notre gite), puis papote avec les indigènes. Ensuite, je fais le tri dans ce que les gens nous apportent, puis la voirie vient nous faire une toilette au jet d'eau (ils en profitent pour nettoyer le carré d'herbes où nous sommes installés). L'après-midi, c'est farniente. Cachée discrètement derrière mes lunettes de soleil, je profite du soleil (je mets de la crème anti-bronzante : ils me la livrent par camion citerne) et lis quelques livres d'aventure. Mes préférés : "Jurassic Park" et "Harry Potter".

En notre honneur, ils ont tiré hier soir un feu d'artifice. Le petit a été un peu effrayé au départ, mais après il voulait courir pour rattraper les feux de Bengale. Il en parle sans arrêt ce matin.
Et toi, comment vas-tu ? Il va falloir dès que je rentre que nous préparions l'accueil des petits indigènes qui vont venir dans notre réserve l'année prochaine.

En attendant, nous t'embrassons et avons hâte de te revoir. Ecris nous !

vendredi 1 août 2008

A quoi servent les usines ?


Nos enfants (et encore plus nos petits enfants) sauront-ils ce qu'était une usine ? Il y avait autrefois plein d'usines. Les gens vivaient autour d'elles. Les logements ouvriers permettaient aux ouvriers d'habiter au plus près pour être plus corvéable. 10 heures de travail par jour et cinq minutes pour rentrer chez soi.

Puis les usines se sont disloquées, fragmentées en petites unités, aseptisées pour répondre aux normes d'hygiène de fabrications des produits (pas des ouvriers !) ou parties au loin. En tout cas, nous n'avons plus beaucoup d'usines près de chez nous. Les politiques ont estimé que 10 heures de travail, c'était indécent et que vivre près de l'usine était aussi inadmissible. Maintenant, les ouvriers travaillent sept heures par jour et passent trois heures dans les transports en aller et retour. Vive le progrès ! Comme il paye son transport, je ne suis pas sûr qu'il y gagne au bout du compte.

A quoi servent les usines ? Elles servaient à entreposer des machines sur lesquelles des cohortes d'ouvriers et de techniciens ouvraient pour produire des objets. Il y a toujours ces usines, mais le plus souvent, dans ma région, sans ouvriers. Alors, pour beaucoup d'enfants, une usine, c'est un espace vide, une aire de jeux ou d'expositions, un prétexte à rénovation immobilière et une zone marquée "danger !".

Il y a les usines tristes qui servent de dépotoir. Il y en a qui sont érigés en symbole : "ici travaillaient 3.000 ouvriers !" Il y a les usines dont l'architecture, l'emplacement et le hasard ont permis (pour un temps ?) leur survie (au niveau immobilier). Reconverties parfois en galerie d'expositions, elles servent à la fois de décor, de vitrine, de miroir inversé et de reflet à des animations culturelles où les badauds peuvent emmener leurs enfants sans danger. Parfois même, une des machines a été pieusement conservée et repeinte de couleurs rutilantes.

Alors les enfants peuvent retourner à l'école en disant : "j'ai vu une usine, j'ai vu des machines !" Peuvent-ils pour autant imaginer le bruit, les odeurs, le rythme de ceux qui y ont vécu parfois toute une vie professionnelle ?

L'usine pour beaucoup est devenue un symbole, un mythe, un lieu que les plus de 50 ans décrivent déjà comme leurs grands parents parlaient de la guerre de 14-18 : "j'y étais !"

samedi 26 juillet 2008

Le crocodile



Je suis le n ième descendant d'une espèce antérieure à l'homme sur la terre. Mes lointains ancêtres habitaient dans la Seine ici à quelques mètres d'ici. Le refroidissement de la planète nous en a chassé et nous avons migré vers des contrées plus hospitalières. Pourtant, mes ascendants ont juré de revenir un jour à cette même place. Pendant des dizaines de milliers d'années, ce fut un rêve. Aujourd'hui, cela redevient progressivement une réalité. Avec le réchauffement de la planète, dans 50 ou 200 ans, nous serons de nouveau ici.

En attendant, j'occupe discrètement le terrain. Je suis un crocodile bien différent de ceux que vous voyez au zoo. Pourquoi m'avoir donné ce nom alors ? Parce que ma forme, mes dents et mon regard ont inspiré aux ingénieurs ce nom. A quoi je sers ? J'attrape les trains au passage et quand je les touche, de joie les signaux se mettent au rouge. A ce sport, je gagne quasiment tout le temps. Je suis fort ! Rouge, orange puis vert ! Quand c'est vert, je peux alors recommencer.

Est-ce que j'attrape les humains ? Je n'ai pas encore essayé. De toute façon, ils ont peur de moi. Ils restent sur les quais bien sagement et me regardent sans un mot. Certains me cherchent : ils me jettent des papiers, des mégots ou toutes autres sortes d'objets variés. Je ne tombe pas dans le piège. Je ne bouge pas. J'attends les trains et…mes cousins.

Je sais qu'un jour, ils viendront et nous fêterons nos retrouvailles. En attendant, je leur prépare le terrain en vous habituant à notre présence.


Le crocodile est un équipement de signalisation utilisé sur les réseaux ferroviaires. C'est un dispositif de forme allongée de deux mètres de long placé entre les deux files de rails au droit du signal. Le crocodile fut inventé en 1872 (source wikipédia)

mardi 22 juillet 2008

Une ziggurat à Samarobriva !



-Mesdames, messieurs, voici un monument étonnant qui est un monument symbolique !
- Symbolique de quoi ?
- C'est bien la question, madame, lui répondit le guide. Ce monument a été édifié il y a 60 ans à la fin de la guerre dans le but de montrer que la ville se relevait et renaissait de ses cendres. Il a été qualifié de symbole, mais malgré la proximité de la construction, nous en avons perdu le sens.
- C'est facile, c'est le bâtiment le plus haut de la ville !
- Ce serait possible, monsieur, si la cathédrale n'était pas plus haute.
-Il sert à quoi ?
-Mis à part les logements, c'est bien la question.
-Qui l'a construite ?
-Un ingénieur du nom de Perret. A l'époque (nous étions à la sortie de la guerre), ce sont des ouvriers de nombreuses nationalités qui l'ont construite.
-Comment faisaient-ils pour se comprendre ?
- C'est là aussi un mystère. En tout cas, si au début de la construction, ils ne parlaient pas tous le français, à la fin, ils le savaient.
-C'est un miracle !
-C'est possible. En tout cas, l'évêque n'a jamais voulu le reconnaître comme tel.
-Il était jaloux.
-Peut-être. Observez le somme de ce bâtiment qui se perd dans les nuages. En fait, compte tenu du climat local, plus de la moitié de l'année, le sommet est au dessus des nuages.
-Alors, c'est un observatoire !
-Les chercheurs y ont pensé. Toutefois, nous n'avons jamais trouvé d'instruments d'optique. Cela m'étonnerait qu'à une époque aussi récente, nos ancêtres ont choisi la vue à l'œil nu.
Autre particularité pour l'époque. L'ascenseur marche mieux quand il descend que quand il monte.
-C'est normal. Il pèse moins lourd.
- Madame, la fonction première d'un ascenseur est de monter. En tout cas, il comporte sept paliers.
-Cette tour se visite-t-elle ?
-Non, seuls les habitants peuvent prendre l'ascenseur. Si vous souhaitez la visiter, il vous faudra monter à pied. Arrivé au sommet, vous pourrez redescendre par l'ascenseur.
-C'est fou !
-Non, c'est un symbole. Chaque année, il y a une course pour arriver le plus vite au sommet.
-Et alors ?
- Par mauvais temps, il y en a qu'on n'a jamais revu. (frémissement dans la foule).
-Mais pourquoi personne n'en parle ?
-Vous savez, les hommes politiques aiment avoir réponse à tout. Alors, avouer qu'ils ne savent pas grand-chose, cela peut compromettre des élections.
-Mais pourquoi vous nous la montrez alors ?
-Parce que peut-être que l'un d'entre vous a une idée sur le sujet.
-Moi, à l'école, dit alors une petite fille, j'ai vu un monument similaire. Cela s'appelait une ziggurat. La plus célèbre est celle de la tour de Babel (nouveau frémissement de la foule).
- Alors ce sont des dieux qui l'habitent hurle un homme. Ils descendent des nuages par cette tour qu'ils se réservent.
-Ils parlent comme nous ou comme les martiens demande un petit garçon en rigolant
-"bin dis donc min garchon, quind t’es nin contint, cha s’vot " lui répondit le guide
-Ah ! fit le groupe
-"ch'é sinpe conme bojour" continue le guide
-Cela explique le miracle des langues. A Babel, ils ne pouvaient plus construire parce qu'ils ne parlaient plus la même langue. Ici, cela a été l'inverse.
-Je comprends l'attitude l'évêché qui ne veut pas de concurrence ! dit un autre.
A ce moment, les nuages se dissipèrent et le ciel bleu apparut. Les touristes se reculèrent et firent une offrande pour conjurer le sort en déposant une pièce dans la sébile du guide, tout en faisant vœu de silence. Ils s'éloignèrent avec dignité, alors qu'au coin de la rue, un autre groupe de touristes attendait son tour

jeudi 17 juillet 2008

Je suis Camille et j'ai 20 ans


Je suis Camille et j'ai 20 ans. Paul Nizan, un condisciple de Sartre, disait que "20 ans n'est le plus bel âge de la vie" (j'ai des Lettres !). Pour lui, à cet âge, on est un enfant dans sa tête et un adulte dans son corps. Moi, je ne suis pas d'accord. A 20 ans, le monde est ouvert devant moi et je peux choisir. A vingt cinq j'aurais un métier et moins de chemins possibles. A trente ans, j'aurais choisi une route privée et professionnelle pour un long moment, j'espère. Alors profitons du temps présent.

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait éclose

Sa robe de pourpre au Soleil,


Je suis Camille et j'ai 20 ans. Demain, je serai peut-être une orthophoniste réputée. Je dis peut-être, non pas parce que je doute de mon succès aux concours, mais simplement parce que j'aurai trouvé une autre voie durant mon parcours. Je serai alors archéologue, romancière, cuisinière ou… notaire. Qu'importe du moment que cela me fasse plaisir.

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Je suis Camille et j'ai 20 ans. C'est un anniversaire pas comme les autres, fêté dans un univers familier plein de couleurs et de souvenirs. Un décor rougeâtre, artistiquement mis en place par ma décoratrice de mère (chut ! Elle ne sait qu'elle est artiste au fond d'elle-même.) Mon ami, mes amis, ma famille sont quasiment tous là autour de moi. Je me délecte de bonnes choses (ah ! le poulet au curry avec du lait de coco) dont j'ai trouvé les recettes dans de vieux grimoires (c'est vrai, je l'avoue, sur internet, mais je suis une romantique). La bonne chère bien partagée, quel régal !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Je suis Camille et j'ai 20 ans. Mes vingt premières années n'ont pas été toujours baignées par un long fleuve tranquille. Cela est triste. Cela est bien. J'ai appris, dans les moments difficiles, à me connaître, à choisir, à apprécier les bons moments, les secondes de joie et de bonheur. Aujourd'hui je suis mon petit bonhomme de chemin avec un œil sur l'horizon et la saveur du moment présent au palais. Un instant de bonheur, on le vit tout le temps.

Cueillez, cueillez vostre jeunesse

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.

Je suis Camille et j'ai 20 ans. Je ne veux pas imaginer ce que seront mes 20 prochaines années. Qui vivra verra. Je rêve plutôt à mes 2 x 20 ans. Selon les jours et mes humeurs, je m'imagine mariée avec 1, 3, 5, 7… charmants enfants (qui seront alors pour les ainés en pleine adolescence !) Je vivrai dans une belle maison ou bien ce sera la crise promise par les écologistes : nous vivrons avec des masques et nous attendrons notre tour pour embarquer pour Mars ou Vénus, les prochaines planètes à polluer…Après tout, qui vivra verra. Aujourd'hui, c'est l'été. Il fait beau et la majorité des personnes que je chéris le plus sont autour de moi. Alors qu'importe…


C'est avec audace que tu relèves tous les défis

Aucun obstacle ne résiste à ta grande détermination

Magnifique par toute l'énergie qui bouillonne en toi

Indépendante, tu sais voler de tes propres ailes

Libre comme l'air, tu as la grâce d'un bel oiseau

L'amitié que je te porte est peu de chose à côté du bonheur

Et de la joie que tu m'offres au quotidien
(poème trouvé sur internet : http://www.abc-lettres.com/Camille/C/acrostiche.html)