Depuis quelques années, l’Ikigaï à la mode française est vu comme un outil qui permet de se réaliser.
Il a l’avantage de structurer la réflexion autour de quatre questions (passion, talent, besoins du monde et rémunération) est assez flexible et d’offrir une auto-évaluation. Cette approche holistique est facilement réévaluable dans le temps. Un outil adapté à notre environnement et à nos besoins ? En effet, il valorise les forces individuelles et encourage l’alignement entre valeurs personnelles et actions concrètes, pour mieux se centrer sur actions (carrière, formations) en lien avec votre raison d’être.
Si sa représentation sous forme de diagramme de Venn le rend visuellement parlant et attractif, il est à manier avec précaution pour trois raisons :
· Ikigaï signifie littéralement « la joie d’être toujours occupé » et est pris dans le sens « bonheur au quotidien » par les Japonais. Son approche au Japon est plus centrée sur les petites joies quotidienne, quand nous, en France (en Occident ?) nous lui avons donné un objectif de « mission de vie ».
· De cette recherche de notre mission, il peut en résulter une pression contre-productive et de l’anxiété dans la recherche de l’objectif parfait alors qu’il s’agit d’un processus dynamique.
· Bien plus, dans le sens occidental, il associe trop fortement passion et revenus, tout en négligeant les contraintes pratiques. Vous pouvez réaliser votre passion en dehors de votre cadre de travail. D’ailleurs cette association « passion / rémunération » est très utilitariste et étrangère à la pensée japonaise.
Ne jetons pas le bébé (ici l’Ikigaï) avec l’eau du bain : c’est un levier d’autoréflexion et un processus d’alignement progressif. Pour éviter ses pièges :
- Combinez-le avec des outils pragmatiques (ex. bilan de compétences pour les salariés).
- Intégrez un aspect collectif et communautaire.
- Acceptez l'imperfection : un Ikigaï partiel (2-3 cercles alignés) peut déjà guider des choix épanouissants.
- Cherchez un accompagnement extérieur (coach) pour dépasser les biais cognitifs et croyances limitantes.
L’Ikigaï est moins une fin en soi qu’un levier pour créer des alignements pragmatiques entre aspirations et réalité terrain. Il fonctionne mieux comme boussole que comme GPS.