vendredi 10 avril 2026

Pourquoi les femmes excellent en direction (selon la science)

 


Étonnant paradoxe managérial mis en lumière par les études compilées dans Sexe, science & censure : les hommes semblent plus "monomaniaques" – focalisés sur des tâches uniques et intenses –, ce qui leur confère un avantage dans les concours scientifiques ultra-compétitifs (comme les classes préparatoires françaises ou les tests d'entrée en écoles d'ingénieurs), où exceller dans une matière spécifique prime. À l'inverse, les femmes démontrent une supériorité en multitâche et en approches globales, grâce à une plus grande connectivité inter-hémisphérique du cerveau (confirmée par IRM fonctionnelle), et une variabilité cognitive plus diversifiée, mieux adaptée aux exigences complexes des postes de direction générale impliquant stratégie, empathie et intégration d'informations multiples. 

Ce "paradoxe" s'explique ainsi : les hommes dominent les concours d'entrée – pipelines vers les élites techniques –, se propulsant vers les postes supérieurs, alors que les femmes, plus généralistes, y seraient objectivement mieux adaptées pour naviguer l'incertitude et les relations humaines. Des méta-analyses (Stoet & Geary, 2018) montrent que cette monomanie masculine favorise les extrêmes de performance (plus de génies et d'échecs), tandis que la polyvalence féminine excelle en leadership transversal, comme chez les dirigeantes d'équipes multiculturelles où la synthèse culturelle prime sur la spécialisation technique. 

Dans un contexte de management interculturel et transversal, cela invite à repenser les recrutements : privilégier les bêtes à concours "monothématiques" risque de sous-exploiter les talents féminins en haut de pyramide. 

vendredi 3 avril 2026

Sortir des savoirs en silos



Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Quatre leçons, dans ce roman, pour vos silos de savoir

Leçon 1 : Organiser la transmission ou risquer l'occulte

Les savoirs d'entreprise fuient souvent par désorganisation : à l'écrit (procédures oubliées), à l'oral (réunions informelles) ou par le geste (savoir-faire artisanal). Sans structuration claire – mentoring structuré, plateformes collaboratives comme SharePoint ou ateliers interculturels –, ils deviennent des "secrets de famille" corporatifs, suintant via des rumeurs ou des silos. En 2026, investissez dans des bases de données internes : bases de connaissances sécurisées et hybrides (IA + humain). 

Leçon 2 : Intuition et émotion avant l'intellect pur

En management, le savoir théorique (ex.  Certifications) est vain sans imprégnation émotionnelle : observez les signaux faibles en équipe multiculturelle (franco-indienne ou égypto-française), cultivez l'empathie via Qi gong d'entreprise ou feedback 360°. Résultat : innovation accélérée, comme un réseau neuronal vivant. 

Leçon 3 : Réseautage, car nul n'est un "Pic de la Mirandole"

Les défis complexes exigent des réseaux. En entreprise, oubliez le héros solitaire : formez des "task forces" interdisciplinaires (RH, IT) pour croiser expertises. Cela accélère la transmission interculturelle. 

Leçon 4 : Curiosité interdisciplinaire pour ouvrir des champs

Le monde n'est pas « fini ». En 2026, hybridez littérature, management ouvert et data analytics pour relancer l'engagement employé. Challenge : quel «savoir-faire perdu »  trône dans vos équipes ? 

 

vendredi 27 mars 2026

Peut-on être loyal et désobéir ?


 


Dans *Le Don de la pluie*, Tan Twan Eng ne raconte pas seulement une histoire de guerre et d’initiation. Il met aussi en scène une question très contemporaine : que signifie agir moralement quand on est pris dans un système violent ou ambigu ?

Le héros du roman est au cœur de ce dilemme. Il est à l’intérieur du système, mais il tente d’en limiter les dégâts. Il compose, il négocie, il protège, il transmet. Faut-il voir là de la collaboration, ou au contraire une forme de résistance intérieure ? C’est précisément ce flou qui rend le personnage si intéressant.

Cette tension fait penser au lanceur d’alerte en entreprise. Lui aussi connaît le système de l’intérieur. Lui aussi voit les dérives, les abus, les silences complices. Et lui aussi se heurte à une difficulté majeure : parler, c’est risquer sa place ; se taire, c’est parfois devenir complice. Le piège est là : être dedans sans vouloir s’y abandonner, vouloir rester loyal sans renoncer à sa conscience.

Le roman montre ainsi que la vraie frontière ne passe pas toujours entre les bons et les méchants, mais entre ceux qui acceptent de voir et ceux qui choisissent de détourner le regard. Dans les organisations comme dans les périodes de guerre, le silence peut devenir une forme de collaboration passive.

C’est ce qui rend ce livre si fort : derrière l’aventure, il nous oblige à interroger notre propre rapport à la loyauté, au courage et à la responsabilité.

vendredi 20 mars 2026

En temps de crise, que nous apprend la famille Sabas ?

 


Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Dans La mère de tous les cochons, Malu Halasa nous plonge dans un week‑end « ordinaire » d’une famille chrétienne jordanienne, les Sabas, prise dans les turbulences du Moyen‑Orient : guerres, réfugiés, économie de contrebande, conservatismes religieux. Ce roman, écrit bien avant les dernières crises, ressemble aujourd’hui à un manuel romanesque du management en environnement incertain.

Petite minorité chrétienne dans une ville majoritairement musulmane, les Sabas doivent préserver leur identité sans affronter de face la majorité : comme des managers qui défendent une culture d’équipe (éthique, diversité, coopération) dans des environnements hostiles.

L’« Emporium » d’Abu Za’atar vit des restes de guerres : la crise n’est pas un épisode, mais une toile de fond qui conditionne emploi, prix, opportunités. En France, nous ressentons un même type d’incertitude avec la guerre en Iran : tensions à Ormuz, hausse du pétrole et du gaz, risques d’approvisionnement, inflation sous pression. Comme les Sabas, nos entreprises découvrent la fragilité de leurs flux.

Les Sabas améliorent leur niveau de vie grâce à l’élevage clandestin de porc et à la contrebande, au prix d’une réputation fragile. De même, sous tension sur les marges, la tentation est grande de « bricoler » avec les règles. Le manager doit clarifier les lignes rouges pour préserver confiance et réputation.

Leaders invisibles et réseaux informels
La résilience de la famille repose sur les femmes et les réseaux invisibles plus que sur le patriarche. Dans nos organisations confrontées aux secousses géopolitiques, les véritables amortisseurs sont souvent les femmes, les minorités, la diaspora et les experts métiers.

En rapprochant la Jordanie de la famille Sabas et la France d’aujourd’hui, le roman pose une question clé : comment bâtir des organisations qui tiennent debout quand le contexte ne se stabilise plus ?


vendredi 13 mars 2026

e La Maison vide à la transmission d'équipe : retisser le fil

                                                


Dans La Maison vide de Laurent Mauvignier (Minuit, 2025, Prix Goncourt), la transmission familiale n’est pas un héritage fluide, mais une chaîne de silences, blessures et objets hantés – maison vide, piano muet, photos mutilées. Le narrateur enquête pour nommer les non-dits et transformer la fatalité en compréhension.

Les équipes vivent la même mécanique : savoirs implicites qui s’évaporent, process obsolètes qui pèsent, échecs tus qui se répètent. Comment passer d’une "maison vide" organisationnelle à un système vivant ?

Un exemple : Chaque équipe cartographie d’abord ses essentiels lors d’un atelier de 2h Elle active ensuite des vecteurs vivants avec des passations ritualisées, des récits, des Wiki dynamique mis à jour trimestriellement garde les process actuels. Sans bureaucratiser, un "gardien des pratiques» tournant actualise le tout. 

Comme le narrateur de Mauvignier, une équipe qui transmit transforme ses vides en richesse. Commencez par un rituel. Le temps retisse le reste.

Quel silence pèse sur votre équipe ? 


samedi 7 mars 2026

De l'Espace à l'IA : Simulations pour Survivre aux Crises Numériques




Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Dans Une opération... spatiale, Testé et Buffenoir dépeignent une guerre au Sahara où le brouillage satellite coupe net les communications des troupes françaises. Que faire quand toute votre stratégie repose sur des outils sophistiqués soudain rendus inopérants ? Ce scénario catastrophe s'applique à notre vie quotidienne – imaginez votre mobile à l'arrêt – comme à l'échelle collective, avec une panne informatique massive.

Transposons-le dans un opérateur télécom : une IA de gestion réseau, sabotée par une cyberattaque d'État voyou (à l'image de Starlink en Ukraine, 2022), paralyse les data centers critiques. Ou dans l'aéronautique, un blackout GPS-IA cloue au sol des flottes de drones. Ce livre, structuré en trois volets équilibrés – histoire immersive, faits chocs, solutions pragmatiques –, nous y sensibilise avec brio. 

Et vous, dans votre organisation technique (télécoms, aéronautique, software...), y êtes-vous prêts collectivement ? Avez-vous, individuellement, forgé des réflexes pour anticiper l'impensable ?

Des outils concrets existent, comme les serious games et business war games (HUMIND, Cesim) : ils modélisent processus et testent crises – blackouts supply chain, disruptions software – pour une préparation immersive.

Mais l'enjeu clé reste le changement de paradigme : déplacer la fenêtre d'Overton pour rendre l'IA "populaire", actualiser compétences en tandem humain-IA, et animer débats éthiques qui boostent l'agilité épigénétique des équipes. 

Serons-nous humainement à la hauteur de cette révolution, comme l'espace nous le rappelle ? Ces simulations, par la collaboration métiers-R&D, forgent la maîtrise proactive des approches émergentes. 

Une réflexion à prolonger en atelier.



vendredi 27 février 2026

L’humour cairote, miroir rabelaisien de nos absurdités d’entreprise


Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.

Taxi dépeint avec finesse la galerie des chauffeurs cairotes – jeunes/vieux, incultes/cultivés – révélant la vie crue du Caire : précarité économique, corruption, oppression politique, mais aussi résilience et bonne humeur fataliste face aux embouteillages existentiels.

L’humour y joue un rôle pivot : au premier degré, il libère par l’argot grivois et l’auto-dérision rabelaisienne (« profite du jour ») ; au second, il satirise indirectement le pouvoir, masquant la révolte sous des bons mots populaires.

Transposé en entreprise, ce double registre transforme nos frustrations bureaucratiques (réunions interminables, KPI oppressants) en soupape collective : rire cru pour humaniser les équipes multiculturelles, ironie subtile pour challenger hiérarchies sans conflit, boostant résilience et intelligence partagée – un Ecclésiaste moderne du management.