Dans les organisations, un conflit est souvent présenté comme un simple problème de communication. Un collaborateur serait « difficile ». Une équipe serait « résistante au changement »…
Ces explications sont parfois utiles, mais elles peuvent être trop rapides.
Derrière un désaccord, il peut y avoir une histoire de domination, une perte de statut, une expérience d’exclusion, une peur de ne plus être reconnu ou le sentiment que les décisions sont prises ailleurs. Le comportement visible n’est alors que la partie émergée du problème.
C’est l’une des leçons que l’on peut tirer du Psychanalyste de Brazzaville de Dibakana Mankessi. À travers le cabinet du docteur Kaya, le roman fait entendre les voix d’une société traversée par les bouleversements politiques, sociaux et historiques. Il montre que les comportements individuels ne peuvent pas être séparés du contexte dans lequel ils apparaissent.
Cette idée est particulièrement importante pour les organisations multiculturelles.
Une coopération ne s’améliore pas uniquement en apprenant quelques règles de politesse, en comparant les styles de communication ou en expliquant les différences entre pays. Ces approches peuvent être utiles, mais elles restent insuffisantes si elles ignorent les rapports de pouvoir et les expériences vécues.
Pour mieux coopérer, il faut aussi se demander : qui a l’habitude d’être écouté ? Qui doit constamment prouver sa légitimité ? Qui définit les normes professionnelles ? Qui est considéré comme véritablement « international » ?...
L’amélioration de la coopération commence donc par un changement de regard : ne plus considérer les comportements comme des traits individuels isolés, mais comme des réponses à une histoire, à une situation et à une relation.
Cela suppose de créer des espaces où les collaborateurs peuvent exprimer non seulement leurs idées, mais aussi leurs inquiétudes. Une telle parole ne peut émerger que si le cadre est suffisamment sûr. Les collaborateurs doivent savoir qui les écoute, ce qui sera fait de leurs propos et quelles protections existent en cas de désaccord.
Mais l’écoute ne suffit pas. Elle doit produire des évolutions concrètes : clarifier les décisions et les responsabilités ; rendre les règles explicites ; donner aux équipes une véritable capacité d’agir…
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