vendredi 10 avril 2015

Conte hassidique de Pologne : la transmission de la connaissance



Quand le Baal Shem Tov* avait une tâche difficile à accomplir, il se rendait à un certain endroit dans la forêt, allumait un feu et se plongeait dans une prière silencieuse. Et ce qu’il avait à accomplir se réalisait.

Quand, une génération plus tard, un autre rabbin se trouva confronté à la même tâche, il se rendit à ce même endroit dans la forêt et dit : «Nous ne savons plus allumer le feu, mais nous savons encore dire la prière ».
Et ce qu’il avait à accomplir se réalisa.

Une génération plus tard, un troisième rabbin eut à accomplir la même tâche. Lui aussi alla dans la forêt et dit : «Nous ne savons plus allumer le feu, nous ne connaissons plus les mystères de la prière, mais nous connaissons encore l’endroit précis dans la forêt où cela se passait, et cela doit suffire».
Et ce fut suffisant.

Mais quand une autre génération fut passée et que un quatrième rabbin dut faire face à la même tâche, il resta dans sa maison, assis sur son fauteuil, et dit : «Nous ne savons plus allumer le feu, nous ne savons plus dire les prières, nous ne connaissons même plus l’endroit dans la forêt, mais nous savons encore raconter l’histoire».
Et l’histoire qu’il raconta eut le même effet que les pratiques de ses prédécesseurs.
Aujourd’hui savons-nous encore raconter l’histoire ? Et demain ?


*Rabbi Israël ben Eliezer (1698-1760) appelé le Baal Shem Tov (le « Maître du Bon Nom ») est un rabbin mystique, fondateur du judaïsme hassidique.

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