Chez DALETT, nous aimons partager nos valeurs en présentant des livres. À travers ces pages, c’est tout un univers de sens, d’inspiration et de passion qui se transmet, pour nourrir la curiosité et faire rayonner ce en quoi nous croyons et que nous souhaitons partager avec vous.
Ce livre est à la fois un conte de fées et un rappel brutal de la réalité.
Un conte de fées, parce qu'un jeune garçon, privé d'école, confronté à la famine, dans un pays frappé par la corruption et les conséquences du réchauffement climatique, parvient à produire de l'électricité grâce à des manuels trouvés par hasard. Là où, pour nous, appuyer sur un interrupteur suffit à la lumière, au Malawi on attend souvent la fin d'une coupure. Là-bas, chaque fil de fer, chaque boulon devient une ressource précieuse. Construire une éolienne relève de l'inventivité constante et de la débrouille quotidienne.
Ce conte de fées illustre trois dimensions essentielles : d'abord, la volonté et la ténacité – ce « J'essaie et je réussis » qui guide le héros, multipliant les tentatives jusqu'à trouver la bonne. Ensuite, la solidarité : l'entraide des amis, la confiance des parents, l'appui de la communauté qui rend possible cette aventure. Enfin, la chance – celle de tomber sur les bons livres, puis d'attirer l'attention d'une commission, de journalistes, jusqu'à une invitation au TED.
Mais le livre est aussi un électrochoc. Il nous rappelle combien aller à l'école, et surtout gratuitement, est une chance. Il souligne l'écart entre notre confort et la précarité de ceux qui affrontent chaque jour les effets tangibles du changement climatique. Il montre un monde où l'électricité reste rare, alors même que le téléphone portable est devenu presque universel.
En lisant, je pense à une phrase du Dr K de Mirza Waheed : « On mesure souvent la réussite de sa vie à l'aune de ce qu'on n'a pas pu avoir. » William Kamkwamba, lui, incarne l'inverse : créer autrement ce que l'on ne peut pas posséder. C'est une leçon de créativité, d'imagination et d'ingéniosité face au manque.
L'Afrique, continent jeune — plus de la moitié de sa population à moins de 20 ans —, riche en ressources mais pillée par les grandes puissances, reste trop souvent absente de nos récits médiatiques. Pourtant, c'est aussi un continent qui nous donne des leçons de recyclage, d'économie circulaire et de résilience.
La réussite de William Kamkwamba est une source d'inspiration pour nos propres enfants : apprendre à inventer, à faire autrement, face aux défis que sont le réchauffement climatique, la montée des eaux ou l'effondrement de la biodiversité.
Et n'oublions pas : d'autres « William » existent. Certains ne sont peut-être pas au Malawi, mais ici, près de nous. Encore faut-il savoir les reconnaître et leur donner les moyens d'exprimer leur créativité.


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