samedi 18 janvier 2025

Etes-vous un jardinier ou un forestier ?





Dans l’un de ses derniers romans, l’auteur ukrainien Andreï Kourkov fait dire à un de ses personnages : « les êtres humains se partagent en deux catégories : les jardiniers et les forestiers. Les jardiniers conçoivent le monde comme un jardin dans lequel il convient de relever ce qui est ruiné, d’orner ce qui est construit et de tout maintenir en ordre. Les forestiers sont plus brutaux et sont plus aptes à détruire qu’à construire et restaurer. ils considèrent qu’il est impossible de changer le monde alors que les jardiniers aspirent à l’améliorer.
Le monde ne s’est pas totalement écroulé du fait que forestiers et jardiniers se marient souvent entre eux.
 »

 

Comme toute approche simpliste, elle est à la fois fausse par son côté caricatural, mais aussi juste parce qu’il y a un fond de vérité. 

 

Notre approche du monde du travail et plus particulièrement de la transmission n’en est pas loin. 

 

Au niveau du travail, nous pouvons transposer cela en parlant des développeurs d’activité (les jardiniers) et des pionniers (les forestiers). Nous avons en nous les deux personnalités, mais il y en a souvent une qui domine. Cela peut changer d’ailleurs au fil des ans. Certains pionniers se sont révélés tard, quand d’autres se sont « calmés » au fil du temps pour devenir des jardiniers. 

 

De même au niveau de la transmission, nos écoles et nos universités sont faites pour « élever » des jardiniers. Il en est de même pour les grandes entreprises. Il en résulte que nous ne laissons que peu de place aux forestiers. Très souvent, les « formations » pour les forestiers sont construites par des jardiniers. 

 

Cela pose la question sur comment favoriser le développement des talents et des capacités des forestiers. Il y a des universités (Université F de X. Niel) et des entreprises qui ont ouvert la voie en embauchant des profils originaux. 

 

Et nous-même, à l’échelon de notre famille, de notre organisation et de nos responsabilités, comment y prêtons-nous attention ? 

 

Dans un monde qui change de plus en plus vite (de l’IA au changement climatique), nous aurons peut-être besoin de plus de forestier très rapidement. Le nombre y est déjà, mais le développement de leurs compétences et leur possibilité de s’exprimer n’est pas à la hauteur. 

samedi 11 janvier 2025

Allez plus loin que l'IA



Le livre "Toutes les intelligences du monde" de James Bridle offre une perspective novatrice sur l'intelligence artificielle et son impact sur notre société.

 

En combinant diverses disciplines telles que la biologie, l'anthropologie et l'informatique, l'ouvrage présente une vision holistique de l'intelligence, mettant en lumière les capacités cognitives fascinantes d'autres espèces, comme les plantes et les animaux.

 

Bridle propose une conception élargie de l'intelligence, dépassant les limites de l'intelligence humaine et artificielle pour englober d'autres formes d'intelligence présentes dans la nature. Selon lui, l'IA actuelle est trop restreinte dans son spectre et présente des risques, non seulement en termes de biais, de surveillance et de concentration du pouvoir, mais aussi dans les formes d'intelligence utilisées.

 

L'auteur souligne que le monde est plus interconnecté que ne l'analyse l'IA. Notre existence repose sur les liens que nous entretenons les uns avec les autres et avec le monde plus qu'humain. Ces liens se trouvent renforcés, et non affaiblis, par l'inclusion et la participation égalitaire de chaque membre de ce réseau. Nous apprenons, évoluons et grandissons lorsque nous nous déplaçons et nous mêlons au monde de manière inattendue.

 

Voici quelques idées inspirées de la lecture de l'ouvrage :

 

1. Élargir notre conception de l'intelligence : Reconnaître et apprécier les différentes formes d'intelligence présentes chez les animaux, les plantes, les machines et leurs interconnexions.

 

2. Repenser notre relation avec la technologie : Développer une "écologie de la technologie" qui prend en compte l'impact environnemental et social des outils que nous utilisons.

 

3. Favoriser la biodiversité : Créer des espaces verts dans nos lieux de vie et de travail pour encourager la présence d'autres formes de vie.

 

4. Former et sensibiliser : Organiser des sessions d'information sur les enjeux du développement durable et les diverses formes d'intelligence.

 

5. Réduire notre impact environnemental : Adopter des pratiques plus écologiques comme la réduction de la consommation de papier et l'utilisation responsable du numérique.

 

6. Cultiver la curiosité : Rester ouvert aux nouvelles découvertes et expériences qui pourraient révéler des formes d'intelligence insoupçonnées.

 

En mettant en œuvre ces actions, nous pouvons contribuer à créer un monde plus inclusif et respectueux de toutes les formes d'intelligence qui nous entourent, comme le préconise James Bridle dans son ouvrage.

 

dimanche 5 janvier 2025

Les 7 règles d’or de SC+ FC



Il était tard en ce 5 janvier. Hercule Martin rentrait tranquillement chez lui. A la sortie d’une petite ville, un dos d’âne l’obligea à ralentir et c’est là qu’il la vit. Une femme emmitouflée dans un grand manteau avec une hotte à ses côtés lui faisait signe. 

Il s’arrêta. La femme s’approcha de la voiture. Elle demanda tranquillement : « pouvez-vous me déposer dans la première grande ville pour que je puisse prendre un train ? » Hercule lui répondit : « montez, dans une heure, vous serez au chaud dans une gare bien desservie  ». 

La voiture repartit et un silence tranquille s’installa. La dame lui expliqua qu’elle avait eu des personnes à voir dans cette ville et qu’elle avait raté le car. Hercule l’interrogea plus avant sur ce qu’elle faisait : « Je fais partie d’une ONG. Ma mission est de m’assurer que notre service est bien rempli. ». 

Il chercha à mieux connaître cette ONG. Sa passagère lui parla de « SC+FC », un consortium né dans le nord de l’Europe et qui avait fusionnées avec une ONG américaine. Son objectif : « donner du bonheur aux enfants ». Nous sommes très présents en France, notre action, pour visible qu’elle soit, n’a pas besoin de grande publicité de notre part. Celle-ci se fait toute seule par l’intermédiaire de nos supporters.» Hercule lui proposa de faire un don. La vieille dame le remercia et se contenta de sourire en regardant devant elle.

Il s’étrangla à moitié (et faillit sortir de la route) lorsqu’elle lui expliqua tranquillement que « SC+FC » s’occupait de deux milliards d’enfants. Leur nombre (et le succès de l’ONG) allait sans cesse croissant. Ils n’étaient que quelques-uns à s’en occuper. Son époux était le fondateur de l’ensemble. Leurs très nombreux supporters faisaient le reste bénévolement et avec beaucoup d’enthousiasme.

Il lui demanda le secret de son succès et elle lui donna les sept règles d’or de « SC+FC » :

  1. Donner du bonheur par des actes, des paroles ou des biens matériels sous la forme la plus adéquate pour celui qui les reçoit et non pour celui qui les donne.

2.     Des critiques infondées, voire des tricheries ou de la manipulation peuvent gravement endommager le capital de confiance.

3.     Savoir être juste. Chacun comprend la justice et l’accepte si elle est justifiée.

4.     Être près des personnes et faire appel à leurs émotions. Elles deviennent des ambassadeurs volontaires qui servent de relais. 

5.     Tous ces actes doivent viser à renforcer les aspects positifs de la personne. Faire progresser et encourager sont des clefs pour motiver les bénéficiaires.

6.     Être confiant dans ce que vous faites. A long terme, cela marche.

7.     Être exemplaire : votre propre attitude parle pour vous.

Soudain, il réalisa qu’il était arrivé devant la gare. Elle descendit prestement et prit sa hotte. Elle partait déjà vers la gare, quand Hercule bondit hors de sa voiture et la héla : « Votre carte ! Je vous ai demandé une carte ou quelque chose pour faire des dons à votre organisation ! »

Elle se retourna et lui tendit un carton tout froissé où il lut : « Association Santa Claus + Father Christmas, Madame Nicolas Noël. »

Éberlué, il leva les yeux, mais elle avait déjà disparu.

 Bonne année !

dimanche 29 décembre 2024

Oignon et résilience




Dans notre monde en transition, cuisiner et manger beau, bon et de saison est une invitation à trouver des solutions qui suscitent la passion, l’émotion, plutôt que la punition. L’alimentation est un levier de transformation aussi puissant que plaisant. 

 

Pour cette période de transition entre deux années, je vous propose un texte de l’auteur, Anne Verborg :

 

« Si ces temps, notre monde paraît fané, fatigué, superficiel, il est bon de laisser revenir le naturel. Et si, comme pour l’oignon, nous épluchions les premières couches superficielles de nos existences pour retrouver l’authenticité, l’essence, la substance de nos vies. 

 

Manger c’est aussi célébrer. Célébrer ceux qui ont cultivé, récolté, cuisiné. Célébrer ceux avec qui l’on peut partager et dégusté. 

 

Cueillir, cuisiner et manger sont les fondamentaux de l’humanité. Il serait bien d’à nouveau les embrasser. »

 

Quel beau texte sur la transmission et la joie du partage !  Personnellement j’ai aimé ce livre qui mêle cuisine, contes, information écologiques, bien-être, contes, dessins de l'auteur...

Un livre qui se lit au fil des saisons avec des conseils astucieux pour utiliser les ressources du moment et apprendre plein de choses en même temps. 

Bon appétit, bon réveillon et… bonne année !

samedi 21 décembre 2024

Croyez avec douceur et humilité




la base de ce livre, l'histoire d'un couple dans la quarantaine qui vit la crise de la quarantaine. L'histoire classique du coup de foudre de la vingtaine qui est remis en question. L'auteur revient progressivement sur le passé de chacun des deux protagonistes et les bagages que chacun d'entre eux « trimballent » avec eux, ceci expliquant cela. 

Au-delà de cette histoire illustratrice de notre mal-être ou 
bien être de notre époque actuelle, Nathan Hill va greffer d'autres éléments qui vont donner un autre relief à ce livre. 

Se basant sur des études réelles et documentées, il nous plonge dans une toute série de digressions sur le sujet de notre réalité : existe-t-il ou le créons nous a postériori ? 

 

Ainsi pour l’auteur : « L’hyperlien est l’invention la plus importante depuis l’imprimerie, il bouleverse la littérature. Viendra le temps où les lecteurs navigueront dans une histoire eux-mêmes, sans l’interférence rigide d’un auteur leur disant quoi faire et quoi penser. Ils auront la liberté de barboter dans une mer d’informations, de piocher dans une constellation de significations pour créer leur propres histoire. 


L’hypertexte n’a pas bouleversé la littérature, il a bouleversé la réalité : le monde actuel est devenu un grand hypertexte que plus personne ne sait lire. Une foire d’empoigne où les gens construisent l’histoire qui leur chante à partir des innombrables bribes de monde à leur disposition.
 »

 

Alors, profitons du temps de repos de cette fin d’année pour nous interroger sur notre regard :  « notre certitude nous rend aveugles à la façon dont le monde change, et change, et change encore. Croyez ce que vous croyez, mais croyez-le avec douceur. Avec compassion, avec curiosité, avec humilité. Ne vous fiez pas à l’arrogance de la certitude » .

 

Bonnes fêtes !

vendredi 13 décembre 2024

Revisitez votre littérature




Vous n’écrivez pas de romans, de nouvelles ou de poésies, mais vous rédigez des rapports, des fiches de poste et des présentations. Avez-vous mesuré l’impact de vos écrits sur vos interlocuteurs ? Dans un monde de plus en plus mondialisé, où les interlocuteurs sont très divers, nos clichés, stéréotypes et biais peuvent conduire à des erreurs de communication.

 

Comment les éviter ?

 

Le livre "Writing the Other" est un guide concis destiné aux auteurs pour représenter des personnages et des cultures différentes de leur propre identité de manière sensible et convaincante. Les idées développées dans ce livre favorisent la diversité et l'inclusion, permettant aux lecteurs de se voir représentés et d'élargir leurs horizons. 

 

Cette approche souligne l’importance d’éviter le jargon complexe et d’adopter un ton léger avec un vocabulaire simple pour établir une connexion humaine. Elle permet aux lecteurs de découvrir des expériences et des points de vue différents, renforçant ainsi leur empathie et leur compréhension interculturelle.

 

L'approche de "Writing the Other" peut être transposée dans les documents d'entreprise pour promouvoir l'inclusion et la diversité. Voici quelques suggestions pratiques issues du livre:

 

1. Utiliser un langage inclusif : Évitez les stéréotypes et les expressions potentiellement discriminatoires dans tous les documents internes et externes. Tous les Français ne sont pas blancs, Catholiques et boivent du vin. 

   

2. Inclure des exemples diversifiés: Dans les manuels de formation et les guides de l'employé, représentez une variété de cultures, d'origines et d'expériences. Croyez-vous que la notion de « Nos ancêtres les Gaulois » fonctionnent en Nouvelle-Calédonie ?

 

3. Prendre garde aux biais et aux généralisations. Tous les Africains ne sont pas noirs avec des yeux sombres.

 

4. Adapter les communications marketing : Réfléchissez à la diversité des clients et des parties prenantes dans vos supports promotionnels. Tous les Asiatiques ne sont pas des rois de l’informatique. 

 

5. Attention aux effets déformants : ce qui vous paraît naturel de Paris peut être source de questionnement, voire d’irrespect vu de Corrèze ou de Madagascar.  Le mot « métro » est un mot assez international, mais le RER ? L’aéroport de Paris a dû revoir sa signalétique à Roissy-Charles de Gaulle.

 

5. Faire lire et relire vos documents par des personnes diverses. Le diable se cache dans les détails. 

 

Lire ce livre vous aidera à créer des documents plus inclusifs qui reflètent mieux la diversité de votre personnel et de votre clientèle. Cela favorisera un environnement de travail plus ouvert et respectueux, où chacun se sent valorisé.

vendredi 6 décembre 2024

Que refusons-nous de voir ?




L’auteur, dans ce livre, cherche à nous révéler ce que nous savons déjà et choisissons d’ignorer. Parce que ce qui m’avait frappé quand j’ai pris ce livre en main, c’est le sous-titre : « un essai sur ce qui n’intéresse personne ». 

 

A la lecture de ce livre, je dirais plutôt : « un essai sur ce que nous ne voulons pas voir, entendre, écouter… ». Tout le thème du livre porte sur le sens ou le non-sens de la vie. 

 

Le texte se présente comme un voyage au fin fond de notre monde intérieur : La réalité n’est pas le réel, le monde est silencieux et c’est nous qui lui donnons un sens, nous fuyons nos souvenirs ou plutôt nous les arrangeons, les réécrivons, nous confondons imagination et illusion, nous réinventons constamment notre réalité qui n’est que le produit de notre imagination et de nos aspirations, d’où un décalage permanent avec nos désirs et nos aspirations. Il en ressort un malaise sur le non-sens de la vie. 

 

Alors l’auteur nous suggère une lente remontée thérapeutique pour sortir de cette absurdie et éviter la fuite dans le désespoir ou le trop plein d’activités : prendre conscience de nos « mauvaises » habitudes, accepter le monde tel qu’il est et non tel que nous voudrions qu’il soit, et avoir un regard « naïf » sur celui-ci pour ressentir de l’émerveillement. Cette démarche nous conduit à revoir nos souvenirs et le sens que nous voulions leur donner, tout cela pour nous conduire à réenchanter le monde, c’est-à-dire, le percevoir tel qu’il est sans supposer qu’il devrait être autre. Sortir du sentiment d’absurdité et de manque de sens, c’est peut-être tout simplement s’émerveiller de l’ordinaire malgré ce qu’il est.

 

Cette longue remontée vers la joie rencontre deux écueils en chemin, l’attente et l’espoir. L’attente parce qu’il peut nous pousser trop vite au désespoir et l’espoir, parce qu’il nous conduit à nouveau à mêler ce qui est et ce que nous voudrions qu’il soit. 

 

Le silence de la joie est alors d’accepter l’instant présent, de vivre pleinement le réel et de ressentir dans le silence notre rapport à la réalité. Notre joie n’est ni de l’ivresse, ni de la folie, ni du vertige. Elle est d’être dans l’ici et maintenant : « chaque moment offre son présent, il suffit d’apprécier sa présence ».

 

En suivant ce parcours, parfois enthousiasmant et à d’autres moments ardu, j’ai pensé à trois sources : 

 

·      L’auteur nous ouvre un chemin, à nous de la suivre si nous le voulons et en avons envie. Pas de recettes miraculeuses, mais une demande d’un travail intérieur. 

·      La deuxième est le livre de Viktor Frankl : « donner du sens à sa vie » . Comment dans les conditions les plus épouvantables qui soient, certains survivent et d’autres non. Il y a là quelques pistes, pour ceux qui veulent aller plus loin.

·      Enfin, la troisième, c’est le texte du texte de la Bible : « Cantique des cantiques ». Je vous invite à le relier parce qu’il est une parfaite illustration de ce livre : « sors de tes chimères et savoure l’instant présent ». 

 

Pour finir, un chemin parfois ardu, mais vivifiant. A lire et à méditer en cette fin d’année.