vendredi 16 octobre 2026

Et si nos habitudes de travail ressemblaient parfois à la culture sur brûlis ?

 


En lisant Les Aye-Aye et moi de Gerald Durrell, j’ai été frappé par une question qui dépasse la protection de la nature : comment changer une pratique qui nous fait vivre aujourd’hui, mais risque de dégrader notre cadre de vie demain ?

À Madagascar, Durrell évoque les conséquences du brûlis sur les forêts. Sans confondre les contraintes de subsistance avec celles de l’entreprise, j’y vois une invitation à examiner nos habitudes professionnelles.

Dans nos organisations aussi, certaines pratiques répondent aux besoins immédiats tout en fragilisant l’avenir :

→ Solliciter toujours les mêmes experts sécurise les résultats, mais retarde la transmission et risque de les épuiser.

→ Faire remonter chaque décision au responsable rassure, mais ralentit l’action lorsque les demandes se multiplient.

→ Traiter toutes les urgences permet de tenir aujourd’hui, mais repousse sans cesse le travail d’anticipation.

Le plus troublant ? Nous pouvons voir ces limites… et continuer malgré tout.

Parce qu’une habitude n’est pas seulement une façon de faire. Elle protège un équilibre : une compétence reconnue, une responsabilité claire, une sécurité face à l’erreur.

Le changement demande donc davantage qu’une démonstration convaincante.

Plutôt que de demander : « Pourquoi cette équipe refuse-t-elle de changer ? », commençons par explorer :

  • Ce que cette habitude lui apporte encore.
  • Ce qu’elle commence à lui coûter.
  • Ce que chacun craint de perdre.
  • Ce qu’il serait possible d’essayer autrement.

La bonhommie et l’attention aux autres de Durrell donnent à cette réflexion une dimension essentielle : comprendre les personnes sans renoncer à interroger leurs pratiques.

Préserver ce qui compte peut exiger d’abandonner la manière dont nous l’avons toujours préservé.

#Management #Coopération #ConduiteDuChangement


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