vendredi 18 mai 2018

L’histoire de la fougère et du bambou


C’était un jour tout à fait ordinaire lorsque j’ai décidé de tout laisser tomber… Un jour, je me suis avoué vaincu… j’ai renoncé à mon travail, à mes relations, et à ma vie. Je suis ensuite allé dans la forêt pour parler avec un ancien que l’on disait très sage. "Pourrais-tu me donner une bonne raison pour ne pas m’avouer vaincu ? Lui ai-je demandé."; "Regardes autour de toi, me répondit-il, vois-tu la fougère et le bambou ?"  "Oui, répondis-je."; "Lorsque j’ai semé les graines de la fougère et du bambou, j’en ai bien pris soin. La fougère grandit rapidement. Son vert brillant recouvrait le sol. Mais rien ne sortit des graines de bambou. Cependant, je n’ai pas renoncé au bambou.
– La deuxième année, la fougère grandit et fut encore plus brillante et abondante, et de nouveau, rien ne poussa des graines de bambou. Mais je n’ai pas renoncé au bambou.
– La troisième année, toujours rien ne sorti des graines de bambou. Mais je n’ai pas renoncé au bambou.


– La quatrième année, de nouveau, rien ne sorti des graines de bambou. Mais je n’ai pas renoncé au bambou.


– Lors de la cinquième année, une petite pousse de bambou sorti de la terre. En comparaison avec la fougère, elle avait l’air très petite et insignifiante.


– La sixième année, le bambou grandit jusqu’à plus de 20 mètres de haut. Il avait passé cinq ans à fortifier ses racines pour le soutenir. Ces racines l’on rendu plus fort et lui ont donné ce dont il avait besoin pour survivre.


– Savais-tu que tout ce temps que tu as passé à lutter, tu étais en fait en train de fortifier tes racines ? Dit l’ancien, et il continua…
– Le bambou a une fonction différente de la fougère, cependant, les deux sont nécessaires et font de cette forêt un lieu magnifique.
– Ne regrettes jamais un jour de ta vie. Les bons jours t’apporteront du bonheur. Les mauvais jours t’apporteront de l’expérience. Tous deux sont essentiels à la vie, dit l’ancien, et il continua… Le bonheur nous rend doux. Les tentatives nous maintiennent forts. Les peines nous rendent plus humains. Les chutes nous rendent humbles. Le succès nous rend brillants…

Après cette conversation, j’ai quitté la forêt et j’ai écrit cette histoire surprenante. Ne renoncez jamais, en aucun cas !
Ne vous dites pas à quel point le problème est grand, dites au problème à quel point VOUS êtes grand.
Si vous n’obtenez pas ce que vous désirez, ne perdez pas espoir, qui sait, peut-être que vous êtes juste en train de fortifier vos racines.


Source : institut repère

vendredi 11 mai 2018

Qui a sauvé Warda ?

Il était une fois deux paysans qui vivaient dans un village du Mont-Liban. Ce couple de paysans avait une fille unique qui était en âge de se marier. Elle se prénommait Warda. Tous les jeunes hommes du village rêvaient de l’épouser. Mais la mère disait à tous les prétendants que seul celui qui offrirait à sa fille un cadeau unique au monde obtiendrait sa main. Les garçons du village cherchèrent longtemps dans la région sans rien trouver d’intéressant. Ils finirent par se lasser et épousèrent les autres jeunes filles du village. 

Seuls trois garçons s’obstinèrent. Trois frères, tous amoureux fous de Warda. 
- La seule façon de trouver un cadeau unique est de partir en voyage, dit l’aîné. 
- Tu as raison, acquiescèrent les deux autres. 
Ils quittèrent le village quelques jours plus tard en emportant des provisions. Ils se retrouvèrent devants trois chemins. Ils décidèrent de se séparer et se donnèrent rendez-vous un an plus tard au même endroit. 
Puis chacun partit par un chemin. L’aîné emprunta celui qui allait vers l’ouest et menait à la mer. Le deuxième partit vers le nord. Quant au troisième, il prit la direction du sud. 
Une année s’était écoulée quand l’aîné arriva dans l’oasis, monté sur un magnifique pur-sang. Il était le premier. Puis arrivèrent les deux autres frères.
Le deuxième avait acheté un miroir. Quand on le regarde en pensant celle qu’on aime, on la voit aussitôt. 
Le troisième avait reçu d’un vieil homme une petite orange : en la pressant dans la bouche de quelqu’un qui venait de mourir, on le faisait ressusciter. 
Les trois frères étaient heureux de se retrouver. Ils mangèrent en se racontant leur voyage. 

Á la fin du repas, celui qui possédait le miroir le sortit de son étui protecteur et proposa aux deux autres de voir Warda. Ils pensèrent très fort à elle et son image apparut. Á sa vue, tous trois éclatèrent en sanglots. Car elle venait de mourir Warda. Et ils la découvraient sur son lit de mort. 
- Calmons-nous, dit au bout d’un moment celui qui avait rapporté́ l’orange. J’ai de quoi ressusciter Warda. 
- Utilisons mon cheval, poursuivit l’aîné des frères en détachant l’animal, et nous serons très vite auprès d’elle. 
Les trois frères montèrent sur le cheval. Quelques instants plus tard ils se retrouvèrent devant chez Warda. Lorsqu’ils arrivèrent devant chez elle, ils dirent à la mère qu’ils rapportaient des cadeaux uniques au monde. 
- C’est désormais inutile, répondit-elle, ma fille vient de mourir. 
- J’ai de quoi la ressusciter, s’exclama celui qui avait l’orange. Conduisez-moi jusqu’à sa chambre. 
On le laissa seul avec la défunte. Il coupa l’orange en deux, la pressa et en fit couler tout le jus dans sa bouche. Warda retrouva des couleurs, ouvrit les yeux et se mit à parler. 
- Ce jus est délicieux, dit-elle. 
Quelques jours plus tard, les trois frères lui demandèrent de choisir un mari parmi eux. Chacun présenta son cadeau. 
- Sans mon miroir, nous n’aurions jamais su que tu étais morte, dit un des frères. 
- Oui, mais sans mon cheval, nous aurions été́ contraints de marcher longtemps et nous ne serions jamais arrivés à temps. 
- C’est vrai, ajouta le troisième frère. Toutefois, sans mon orange, Warda, tu ne serais plus parmi nous. 
La jeune fille décida de réfléchir avant de prendre une décision. 
- Je vous donnerai ma réponse dans une semaine, leur dit-elle. 

Le septième jour, Warda et ses parents reçurent les trois frères.
- Vous avez tous les trois rapporté des cadeaux uniques au monde, dit la jeune fille, et je vous en remercie. Comme ils possèdent tous une valeur équivalente, je pourrais épouser n’importe lequel d’entre vous trois. Et puisqu’il fallait vous départager, j’ai décidé de prendre pour mari le plus généreux des trois. Le propriétaire du miroir possède toujours son miroir. Celui qui a rapporté́ le cheval a toujours son cheval. Mais celui qui avait l’orange ne l’a plus, puisqu’il l’a sacrifiée pour me redonner vie. Il est donc le plus généreux et c’est avec lui que me marierai. 
Tout le village trouva le choix de Warda judicieux. Elle épousa le garçon qu’elle avait choisi et ils vécurent heureux. 

jeudi 3 mai 2018

Le choulame


Un jeune homme partit un jour de chez lui parcourir le vaste monde afin d'apprendre la vraie vie. Avant qu'il s'en aille, sa mère l'avertit : « Ne prends pas, mon fils, des chemins interdits ! Si tu vois un sac noué, ne le dénoue pas ! Et si tu te trouves en danger, pense à moi ! »

Le fils promit de se souvenir de toutes ces recommandations, mais à peine fut-il sorti de la yourte qu'il oublia les conseils maternels. Il voyagea un jour, puis un autre, et il arriva à un chemin où deux os croisés gisaient sur le sol. On ne s'engage pas sur de tels chemins ! Mais le jeune homme n'eut pas envie de faire demi-tour. « J'ai tant de force dans mes deux bras que je n'ai rien à craindre », se dit-il. Il prit donc le chemin interdit et vit soudain devant lui un sac fermé par trois nœuds. « Que peut-il bien contenir ? » se demanda-t-il alors. Curieux, il dénoua les trois nœuds. À cet instant précis jaillit du sac un choulame, un monstre hirsute, pourvu de tentacules, avec une bouche énorme et de grandes dents aiguisées.
« Je te remercie de m'avoir délivré ! cria le choulame. »
Comment t'es-tu retrouvé dans ce sac ? demanda le jeune homme.
— J'emportais le bétail du village, répondit le choulame, et les habitants m'ont attrapé avec un lasso. Maintenant que je suis libre, je vais pouvoir me venger. Mais je vais d'abord te manger afin de reprendre des forces !
— Est-ce ainsi que tu me témoignes ta reconnaissance ? se lamenta le jeune homme.
— Nous autres, les choulames, ignorons ce qu'est la gratitude, rétorqua le monstre. Nous ne connaissons que la faim et la vengeance.

— Oh, maman ! Si seulement je t'avais écoutée ! » se dit tout bas le jeune homme.
Soudain, comme s'il l'avait appelée, sa mère apparut.
Celle-ci s'inclina profondément devant le monstre et dit : « Il est bien clair, noble sire, que vous avez tout à fait le droit de manger mon fils qui vient de vous délivrer. Mais je ne peux pas croire qu'un être aussi grand que vous ait pu entrer dans ce sac…
— Tu ne me crois pas ? Alors, regarde bien ! » dit le choulame. Et il sauta dans le sac. Seule sa tête dépassait à présent.
« Non, je ne peux pas vous croire. Je vois toujours votre tête », répondit la femme. Le choulame entra la tête dans le sac et, aussitôt, la mère le referma et fit trois nœuds.

Le monstre tenta de se libérer, mais en vain.
« Tu vois, mon fils, si je ne veillais pas sur toi et si je n'avais pas entendu ton appel, tu serais déjà mort. Pourquoi ne m'as-tu pas écoutée ? »
Et le jeune homme de promettre à sa mère de toujours suivre ses recommandations.

jeudi 26 avril 2018

Changer le monde


Un homme se réveille un matin avec l’espoir de changer le monde. Il va sur la place du marché, grimpe sur une caisse en bois et commence à raconter des histoires. Des histoires qu’il espère si belle, qu’elles toucheront les gens, qu’elles les feront changer d’attitude. Au début, certains écoutent, attentivement. Puis rapidement, tout le monde s’en désintéresse. Il ne se décourage pas pour autant. Tous les jours, il retourne sur la place du marché et continue à raconter ces histoires.
Le temps passe, les gens se sont habitué à ce vieux fou. Sa barbe a poussé, sa voix n’est plus qu’un faible murmure. Il ne lui reste pour tout public qu’un chien et un enfant.
Un jour, l’enfant vient voir le conteur
-   Et le vieux pourquoi tu contes ? Tu vois bien que personne ne t’écoute, alors pourquoi tu contes ?
Le vieux eu un sourire triste
-   Avant, je racontais pour changer le monde.
-   Ben tu vois bien que ça ne marche pas. Que personne ne t’écoute. Alors pourquoi tu continues ?
-   Maintenant, si je raconte, c’est pour que le monde ne me change pas… 

Rapporté par plein de gens, notamment Jean-claude carrière dans le cercle des menteurs

jeudi 19 avril 2018

Le jour qui ne veut pas s'endormir


En été, vous l’avez remarqué, les jours s’allongent, s’allongent. Ils veulent durer longtemps, longtemps. Ils ont du mal à s’endormir les jours, car ils ont tant et tant de choses à vivre, tant et tant de choses à voir, à écouter, à entendre et aussi à recevoir.

Et si jamais le lendemain, ils ne revenaient pas, ni après-demain, qu’est-ce qui arriverait?
Qu’est-ce qui arriverait aussi, si ces deux-là, mes parents, qui sont au-dessus de moi, disparaissaient, hein? « Qu’est-ce que je deviendrais, moi, le petit jour d’aujourd’hui? » s’interrogeait un enfant jour. 

C’est ce qu’ils disent tous, les jours si longs de l’été, ils ne veulent pas s’endormir du tout. Mais pas du tout, du tout, ni sur les deux oreilles ni sur leur petite joue toute douce. Ils veulent garder les yeux ouverts, la bouche ronde, les mains tendues vers l’ineffable, vers le tout de la vie.

Alors qu’est-ce qu’ils font, les jours qui ne veulent pas s’endormir? Ils vont énerver leurs parents. Ils vont tenter de les retenir, de les coincer dans le salon ou la chambre le plus longtemps possible. Ils vont aussi essayer de les séduire pour faire durer le temps plus longtemps…

« Si encore ils me laissaient un peu d’eux-mêmes, un peu de leur odeur, de leur musique, de leur présence, se disait le petit jour qui ne voulait pas s’endormir. Je sais bien que je vais avoir sommeil, je sais bien que je vais traverser la nuit, faire le tour de la terre, aller voir d’autres paysages avec des rêves. Parfois j’ai un peu peur au moment du passage, juste au moment où je vais basculer du jour…dans la nuit… »

Ainsi se parlait à lui-même un petit jour qui ne voulait pas s’endormir. Il se disait cela dans son lit, au moment fragile, délicat où il allait tomber dans le sommeil.

Car tomber dans le sommeil, ce n’est pas rien. Et si on tombait si loin qu’on ne revienne plus…?

Vous comprenez mieux pourquoi les jours parfois ne veulent pas aller se coucher, ni s’endormir, c’est parce qu’ils ont peur de tomber dans le sommeil.

Source :  Contes à guérir, contes à grandir de Jacques Salomé, Edition Albin Michel

jeudi 12 avril 2018

Le nez qui chatouillait


«M. Al Ambique a un gros problème, il est très sensible des dents mais pas sensible comme tout le monde. En fait, c’est très bizarre : dès qu’on lui touche les dents, son nez se met à picoter, le chatouiller, l’irriter. C’est très handicapant pour se brosser les dents, alors pour se consoler M. Al se dit qu’il gagne du temps. Mais M. Al est très gourmand, alors les sucreries sans le brossage c’est garanti plein de caries.
Mais le pire c’est quand M. Al va chez le dentiste. Dès que celui-ci met le vent (spray à air) sur une dent, son nez démange, il a envie de se gratter. Quand la gomme à carie démarre, ça pique tellement que des larmes coulent de ses yeux. Mais le moins agréable c’est le moteur qui fait du bruit sur la dent, alors là M. Al éternue sans cesse.
Beaucoup de dentistes ont essayé de soigner M. Al, mais ils ont tous laissé tomber. Certains se sont fâchés très fort, d’autres n’ont même pas essayé, certains lui ont même fait faire des tests allergologiques.
Un jour, alors qu’une dent n’allait pas bien du tout, M. Al va voir un énième dentiste. Quand celui-ci comprend le problème de M. Al, il lui dit : « Je crois que j’ai compris : votre nez a besoin de travailler, alors pour que vous le sachiez, il s’amuse à vous chatouiller. »
Un nez qui travaille c’est un nez qui souffle. Par exemple, quand je mets de l’air sur votre dent. Peut-être vous pourriez gonfler et souffler par les narines, d’abord celle de droite, puis celle de gauche, puis les deux d’abord doucement puis de plus en plus fort.
Un nez qui travaille c’est un nez qui respire. Par exemple, quand vous avez de l’eau dans la bouche. Peut-être que vous pourriez vous apercevoir de l’air qui passe dans vos narines, puis vous pourrez le suivre dans vos poumons, et peut-être aussi jusque dans votre ventre, et ainsi à chaque respiration, calme et tranquille, vous pourriez suivre le travail de votre nez. 
Et c’est ainsi que M. Al put se faire soigner les dents. 

vendredi 6 avril 2018

Carpe diem


C'est l'histoire d'un petit garçon qui vivait dans un village de pêcheurs au Viet Nam. Ce village avait la réputation de réunir parmi les meilleurs pêcheurs du pays.

Une tradition ancestrale voulait que tout petit garçon qui parvenait à pêcher sa première carpe, devenait alors un homme.

Un jour, un petit garçon de seulement neuf ans voulait impérativement aller pêcher avec son père et son grand père. Mais pour cela il lui fallait être un homme. Alors il se mit en tête de pêcher sa carpe. Tous les jours il se rendait au bord de la rivière. Mais il n'attrapa aucune carpe. Les jours passèrent puis devinrent des semaines et des mois. 

Son grand père le voyant faire lui demanda ce qu'il faisait. Le petit garçon lui répondit : 
— Je veux pêcher ma première carpe et devenir un homme comme toi. Alors je pourrai pêcher avec vous puis j'aurai ma propre cabane et je pourrai vivre ma vie.
— Mon cher petit fils, lui répondit son grand père. Tu ne trouveras pas ta carpe si tu la cherches. Pêcher correctement c'est profiter. Et on ne profite jamais quand on prospecte. Quand tu tiens ta canne à pêche au bord de la rivière, tu as déjà tout ce qu'il te faut. Tu n'as besoin de rien d'autre. La carpe viendra alors à toi.

Le petit garçon réfléchit longtemps à ces mots. Le temps passa encore. Le petit garçon devint adolescent. Il avait appris petit à petit à faire attention, tandis qu'il pêchait, au vent qui soufflait dans les arbres, aux libellules flirtant avec l'eau, aux nuages impermanents, aux odeurs changeantes, à la lumière variable.

Un jour alors qu'il tenait sa canne à pêche, il ferma les yeux et s'ouvrit au monde autour de lui. Il était en paix à ce moment-là. Il comprit que son bonheur était d'être là, à pêcher, sans autre raison ni ambition.

Sa ligne se mit à bouger, et délicatement il sortit une carpe de l'eau. Il prit le poisson dans la main. Il le contempla, puis le cœur plein, il remit la carpe à l'eau. Il rentra au village sans poisson, mais son grand-père su qu'il était devenu pêcheur. Car le visage de Diem était en paix.

Ainsi est l'histoire de la Carpe de Diem.