samedi 31 mai 2008

Scoop : le JVPS à la SNCF


La SNCF teste un nouveau service : "Je voyage Plus Seul", un service pour les personnes âgées.

J'ai eu l'occasion de côtoyer les premières personnes bénéficiant de ce service sur la ligne Paris Annecy. Il y avait deux jeunes personnes de 93 ans et de 84 respectivement avec une accompagnatrice d'une vingtaine d'années. Plus discrètement dans le wagon (je l'ai appris plus tard), il y avait aussi une enquêtrice du service marketing, une formatrice en charge de l'accompagnatrice, un médecin et une infirmière au cas où, sans compter le passage régulier des contrôleurs (pardon : des "agents commerciaux") dans ce wagon niveau bas d'un TGV duplex (avantage : on peut contrôler les sorties : il n'y en a qu'une…).

Comment cela fonctionne ? Les JVPS sont convoqués (pardon : "invités à se présenter") deux heures avant le départ pour limiter l'anxiété. Cela doit être juste parce que la majorité est là trois heures avant. Les parents et accompagnateurs sont priés de repartir aussitôt. Le départ vers le train a lieu une heure avant (le temps d'arriver au bon wagon, il reste vingt minutes avant le départ). Après avoir hésité à leur mettre un gilet fluo ou une casquette, les JVPS ont le droit à une canne (inclus dans le prix de la prestation).

Volontairement, l'accompagnatrice est choisie jeune, de l'âge de leur petite fille (voire de leur arrière petite-fille). Une étude a montré que les personnes âgées traitent les personnes de l'âge de leurs enfants (disons 50 ans) comme leur enfant (= ils n'obéissent pas), mais que par contre ils acceptent des consignes de la part des petits enfants (on leur pardonne tout).

L'objectif est que le voyage se déroule le mieux possible avec une alternance de siestes, de discussions et de jeux. Je passerai sur la sieste (l'important, c'est que ce soit synchro), par contre les discussions et échanges sont intéressants : "avez-vous des photos de vos enfants, petits-enfants, …?" (Cela occupe bien une heure / personne), "qui est marié avec qui ?", 'Qui est l'enfant de qui ? (avec les familles recomposées, je ne vous dis pas le temps que cela prend), "travaillent-ils bien à l'école ?"…

Cette phase terminée, l'accompagnatrice passe aux jeux : mots croisés, concours de la plus belle histoire de petits enfants, quiz sur les potins de la semaine, … Tout cela sans compter les promenades aux toilettes, la nourriture (pas question de leur faire prendre l'escalier pour aller au wagon bar) et les échanges sur les autres passagers du wagon qui se prennent les pieds dans les cannes qui traînent, …

C'est vraiment bien organisé. Seul fait troublant : à la fin du voyage, l'accompagnatrice était épuisée et les JVPS en pleine forme. Dans la dernière heure, ce sont ces dernières qui ont soutenu l'accompagnatrice pour qu'elle tienne jusqu'au bout du voyage. Pour cela, elles la questionnaient sur ce qu'elles lui avaient donné comme information : "Alors, vous vous rappelez, Maximilien, c'est le petit dernier de qui ? Mais non, vous mélangez tout, c'est bien le fils de Zoé, mais son père est Claude, celui qui s'est remarié avec Agathe, l'ancienne épouse de Thomas, l'oncle de Maximilien. C'est pourtant simple !"

A l'arrivée à Annecy, les préposés SNCF ont du soutenir l'accompagnatrice pour la faire descendre pendant que les JVPS continuaient à se poser des colles mutuellement. Elles étaient en pleine forme et nous, le reste des passagers du wagon, complètement sonnés.

mercredi 28 mai 2008

Haiku 8


Sous le goudron les pavés

Des pavés aux plages

C'est toujours le mois de mai

samedi 24 mai 2008

Bienvenue dans l'association 28


Hier soir, nous avons fêté l'arrivée d'un nouveau membre. Les 27 personnes présentes (avant son arrivée) sont arrivées de toutes parts et par tous les moyens possibles : TGV, voiture, vélo, deltaplane… Elles ont pris 27 chemins différents. Parmi ces 27 personnes, certaines ont, en termes d'âge 2, 3 voire 4 fois ce chiffre mystérieux de 28. D'autres sont de futurs membres qui s'y préparent.

La postulante, pour sa part, ne savait pas à quelle date aurait lieu son intronisation. Ce jour-là, elle a vécu un véritable parcours de jeu de pistes : aller à 100 km dans une grande surface chercher une clef de champ de tir (ceux qui ont fait leur service militaire comprendront), faire des détours pour récupérer des objets et vêtements, bref tout ce qu'il fallait pour qu'elle arrive avec au moins 28 minutes de retard et le secret espoir de pouvoir se reposer.

Pas de chance pour elle, trois étapes l'attendent : la première est de reconnaître les personnes présentes et surtout de les embrasser dans le bon ordre, sans vexer personne. C'est un exercice hautement périlleux puisque elle a peu de recul en termes de vision des gens et en termes de temps et pas de seconde chance.

Après un temps pour respirer (et se sustenter), vient la seconde étape : ouvrir 28 paquets donnés dans le désordre. Il lui faut faire autant de "Waouh !" pour les uns et pour les autres. Il est surtout important de les faire similaire. Il lui faudra ensuite se rappeler qui a donné quoi (sachant que certains se sont groupés sur plusieurs cadeaux, il y a environ 328 combinaisons possibles.) Les objets présentés sont variés (des vêtements aux objets de décoration) : il faut leur trouver à chacun un usage et une destination.

Cette épreuve passée, vient l'épreuve redoutée par elle et tant attendue par les autres : découper (pas seulement symboliquement) un gâteau rectangulaire en 29 parts (les répétitions sont interdites). Compte tenu de la haute qualité de la postulante, le gâteau est relativement souple et ne se laisse pas faire.

Après cela, le reste n'est que jeu d'enfant : prononcer un discours en 28 secondes, chanter en chœur une chanson en 28 strophes et réciter à haute voix une poésie de 28 vers. Nous avons tous fêté cela en buvant 28 bouteilles (j'y inclus celles d'eau et de jus de fruits) et pris 28 photos.

En conclusion, l'impétrante est prête pour affronter les 29 marches qui la conduiront vers une nouvelle étape.

jeudi 22 mai 2008

Haiku 7


Le gazon vert tend ses bras

Les jeunes filles s'allongent

Oublions l'interdiction

Haiku 06


Le voyage commence en gare

En blanc et en noir

Vivement la bronzette du sud

lundi 19 mai 2008

Ouvrez la porte et tout change…


Il suffit de peu pour que votre vie s'illumine. Je suis une lampe de réverbère, modèle AZY-XERT216. Je suis enfermé dans mon lampadaire opaque. Jusqu'à il y a peu de temps, je ne voyais rien. Je n'entendais que le bruit de la ville à mes pieds. Je savais que je participais à votre vie, je vous éclairais le chemin et vous assurais de là où vous marchez (utile dans une grande ville). La vie d'une lampe est comme la vie de nombreuses personnes. Un travail régulier, des horaires variables avec les saisons. De temps en temps, quelques vacances e cas de grève ou de coupures de courant liées à des incidents techniques. Une vie régulière durant les 1.245.637 heures et 37 minutes et 12 secondes de vie moyenne prévue par contrat par mon fournisseur.

Puis un jour, mon horizon s'éclaire : la porte s'ouvre et tout change. Il a suffi qu'un employé chargé du nettoyage ferme mal la porte, qu'un pigeon la heurte et celle-ci s'ouvre largement. Une série de circonstances heureuses ou malheureuses.

En tout cas, ma vie a changé a changé depuis. Je vois, je regarde, j'admire, je m'interroge, je participe, je vis, je rêve…Je vois les passants pressés, les touristes qui baguenaudent, les voitures qui fument, les autobus qui se promènent avec parfois des petits drapeaux. J'entends les discussions, les échanges au téléphone, les discours des amoureux : "tu veux, tu ne veux pas, moi oui, toi non, tant pis moi aussi…"

Ma vie n'a plus le même goût. Je suis dans la cité, je joue à éclairer les regards, à apporter de la joie, du réconfort… Avant, j'étais un être "mécanique", aujourd'hui j'ai un rôle, un but, des émotions, … Parfois ce que j'entends fait vaciller ma flamme, puis je me ressaisis et pense à tous les autres qui ont besoin de moi à cet endroit.

Vous qui passez devant moi en marchant, courant, sautant, vous qui me voyez ou non, avez-vous vous aussi une porte ouverte ? Bien sûr, vous me direz, il faut gagner sa vie. "Metro, boulot, dodo". Pourtant, même en faisant consciencieusement son travail, vous pouvez garder une petite porte ouverte sur un rêve, une idée ou un plaisir. Qu'est-ce qui vous motive, vous inspire, vous fait vivre autrement qu'en courant après le temps ou en passant le temps ? Profitez pleinement de l'instant présent. Rêvez, chantez, riez… peut-être que demain ma porte ou votre porte seront fermées. Alors, si ce n'est déjà fait, ouvrez une petite et changez votre vie comme moi !

jeudi 15 mai 2008

Poésie 1


Il était une fois quatre chapeaux

Un homme et les admire

Vous êtes digne d'un conte de féees

Dites vos voeux et je les exauce




Il était une fois quatre chapeaux

Le premier chapeau fanfarronna

je veux être à une riche héritière

A moi les bords de mer et le soleil



Il était une fois quatre chapeaux

Le second claironna

Je serai à une chanteuse

A moi les pages de journaux



Il était une fois quatre chapeaux

Le troisième ria très fort

Je veux une femme d'affaires

Vive les receptions, les partys



Il était une fois quatre chapeaux

le dernier sourit tristement

Je veux juste me promener

Voir les rues et les passants


Il était une fois quatre chapeaux

l'homme ouvrit son parapluie

Le vent s'engouffra dans la rue

et l'homme disparut


il était une fois quatre chapeaux

Le premier fut acheté par une heritiere

elle le porta une fois

et l'oublia dans un placard


il était une fois quatre chapeaux

une chanteuse eut le second

elle le perdit au vestiaire

le premier soir qu'elle le portait


il était une fois quatre chapeaux

le famme d'affaires en eut envie

elle s'en servit au jardin

et ne sortit jamais de la maison


Il était une fois quatre chapeaux

le dernier fut vendu en soldes

la vendeuse qui le porta

s'en servit tout l'été sur son vélo


Il était une fois quatre chapeaux

soyez authetiquement vous-même

pas ce que vous imaginez pour les autres

c'est cela le secret du bonheur