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dimanche 20 septembre 2009

Haïku en veux-tu en voilà



Quelques Haikus* de Robert Serge Hanna pour goûter les saisons.





*Le haïku, est un petit poème très court comportant un verset de 17 syllabes sur seulement 3 lignes : respectivement 5, 7, 5, syllabes. Donc très court mais très évocateur.
Ils sont intuitifs, un moment de la vie, un instant de nature, rappelant toujours une saison.

Le jour se lève
Des fleurs à ma fenêtre
Déjà le printemps.

Le vent soufflera
Des feuilles à peine jaunies
Quand viendra l'automne.

Larmes de nuages
Font déborder la rivière
Grossir la mousson.

Le grain a germé
La fleur de blé au grenier
Du pain pour l'hiver.

Banc sous les lilas
Le printemps dans le jardin
Mon cœur se réjouit.

Giboulées de mars
Des nuages noirs de pluie
Je te salue mon printemps.

lundi 12 mai 2008

Une poésie de Robert Serge Hanna


Et si la mer était plus profonde
et les océans plus vastes qu'on ne le dit ?
Et si les hommes étaient plus fraternels
et moins violents qu'on ne le prétend ?
Et si la terre était plus généreuse
et plus accueillante qu'on ne le suppose ?
Et si le soleil était plus chaud
et sa lumière plus intense qu'on ne le pense ?
Et si le ciel était plus grandiose
et l'univers plus imposant qu'on ne le croit ?
Et si finalement l'Homme était tout petit,
beaucoup moins "grand" qu'il ne le laisse entendre ?
Croire à la démesure de ce qui nous entoure
c'est se grandir encore. Pour paraître ? Peut-être ?
Il ne faut pas se tromper : au fond de chaque homme
il y a l'infiniment petit qui a
des grandeurs insoupçonnées.
A travers ce prisme insensé où s'exprime leur déraison,
certains y perdraient l'essentiel de leur vie : leur âme.
Pourtant, leur amour pourrait être plus noble
à défaut d'être illustre, à défaut d'être infini.
Quand l'âme est grande elle a toutes les dimensions,
elle a toutes les sagesses, elle a toutes les forces.
Elle se cache au tréfonds de chacun de nous.
C'est le seul endroit où il faut chercher la beauté.
Ailleurs, en réalité il n'y a rien d'essentiel.
La grandeur de l'homme n'est qu'un fond de l'âme.
Bien plus profond que la mer…

mercredi 6 février 2008

hep « Pour aller à Roissy, disait la photographie, prenez donc un taxi »



En ce jour de manifestation des taxis, voici un texte de Robert Serge Hanna qui fait pendant à celui que j'ai publié il y a quelques jours sur les petits taxis de Casablance (voir plus bas). Je précise que la photo à côté a été prise au Vietnam. Elle me semble bien adaptée.
Je levais plusieurs fois la main, avant qu’un « Yellow Cab parisiannic » à la couleur jaune mystique, ne s’arrêta à ma hauteur pour me dire : "Si vous allez à Roissy, montez, je vais par là aussi".
La portière à peine refermée j’eus le sentiment que nous allions décoller, que le moteur allait éclater. A défaut de pouvoir suivre la petite ceinture des boulevards extérieurs, alors que je n’avais pas encore accroché la mienne, il s’enfila en trombe dans la bretelle du périphérique, direction l’enfer !
D’embouteillages en barriques, en ralentissements chroniques, de déboîtages critiques en moqueries sarcastiques, il maxi risqua la situation. De porte en porte tout se compliquait et l’affaire devenait soudainement tragi-comique. Les mains littéralement soudées à la banquette, cherchant le masque à oxygène, le regard d’une hôtesse et le sac en papier ! J’agonisais presque. Le malaise allait tourner à l’infarctus ! J’avais dû, néanmoins, changer de couleur car mon chauffeur Cambodgien me demanda, nasillard, ironique et par hasard :
- Vous ne seriez pas d’origine asiatique ?! ( Humour de Phnon Penh ! )
La main devant ma bouche et par respect pour le cuir de la banquette, hochant la tête de gauche à droite, je lui fis signe que non, sans lui donner plus de précision. A cet instant je pouvais tout rendre mais pas donner !
De pointes de vitesse, (au diable les radars, il connaissait du monde à la perfesture !) en pointes de pollution, tout marchait à fond dans cette machine à laver les émotions : La musique Pop me « soul !» Un comble pour quelqu’un qui habite sous les toits de Paris ! Les photos de sa famille squattaient le tableau de bord. De chaque coté trônait un ventilateur à deux Euros soixante et six sous ! Une petite pagode rouge se balançait au bout de son fil doré accroché sous le rétroviseur : « Le bonheur au volant » et l’odeur d’un déodorant aphrodisiaque !
- Cela ne vous dérange pas que je chante un peu ?
- Non, non, pas le moins du monde, mais si vous pouviez ralentir un peu ?
- Vous avez peur des radars ?
- Non ! Je voudrais seulement rester un peu vivant ! On m’attend à Roissy.
- Je veux bien essayer, mais vous risquez de louper votre avion ! Vous savez, Monsieur, l’avion ça n’attend pas ! Hi ! Hi ! Hi !
- Celui-là, si. Celui-là, il ne peut pas partir sans moi : c’est moi le pilote !
-Ah bon ! Vous ne pourriez pas m’avoir du travail dans votre grand cirque ? A l’évidence il avait dû lire P.Clostermann !
- Avec plaisir, mais vous devriez d’abord essayer « BOUGLIONNE, » « PINDER, » « AMAR, » ou « GRUSS » ?

C’est quand même beau un avion qui rêve calmement d’un pilote sur le tarmac !


Robert Serge Hanna