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dimanche 6 février 2011

Soyez à l'heure !


Très discrètement, la Sncf fait des tests pour améliorer la ponctualité de ces trains. Parmi les derniers essais, celui-ci relevé dans une gare de l’ouest de la France (par discrétion, nous ne pouvons révéler son nom).

La méthode est très efficace. Elle est révolutionnaire et simple : plus d’aiguilles sur les montres et les pendules.

Après tout, la montre est plus un objet de décoration, un bijou, un accessoire vestimentaire. Qui se soucie dans ce cas de l’heure exacte ? Qui regarde sa montre (si ce n’est pour reprocher aux autres leur retard) ?

Alors, demain, enlevez vos aiguilles !

jeudi 1 juillet 2010

Apprenez à vous remettre en cause avec ce colombier


A vous tous humains qui vous désolez et craignez des changements de métiers et de fonctions, écoutez mon histoire. Vous êtes mobiles, je suis statique. Vous pouvez agir, changer, évoluer. Je demeure sur ma terre et dépend du bon vouloir des autres. Vous pouvez décider, croître, vous rebeller. Je ne puis que demeurer en l’état. Alors, à vous tous et plus particulièrement à ceux qui ont peur de l’avenir, de changer leur voie ou leur métier, oyez ma vie.

Je suis issu d’une race lointaine et ancienne de colombiers. Mes aïeuls étaient des colombiers et dans cette région j’ai de nombreux cousins. Un colombier est là pour les colombes, mais celles-ci ne sont plus celles que l’on croit. Les colombes de l’ancien temps sont celles qui vivent autour de vous et qui agrémentent le ciel de leurs vols gracieux. Pendant longtemps, j’en fus le refuge ; elles arrivaient parfois de loin et trouvaient en ce lieu calme, repos et sécurité. Ma charpente intérieure en porte encore les traces. Mais la mode des colombes a un temps. Les préoccupations humaines aussi. La mode des colombes dans les colombiers passa. Il était temps pour moi de choisir ou la démolition ou la reconversion. Agissez avant que les autres décident pour vous.

Le grand vide en mon centre attira les convoitises et je devins un colombier du 2ème degré, c’est-à-dire un entrepôt. Heureusement ma petite porte limitait la volumétrie du matériel entreposé, mais pas les risques associés : les bottes de paille sont de dangereux vecteurs d’incendie. J’ai perdu de nombreux parents par ce biais. J’ai craint, à juste titre, quelquefois la foudre ou les gamins et leurs allumettes. La chance m’a souri et je suis (pour le moment) passé au travers de cette période. Cette chance ne durera pas éternellement. Je me mis rapidement en quête d’un nouveau destin.

En effet, je sentais bien que le manoir perdait ses occupants et je voyais que les exploitants agricoles préféraient les grands hangars plus accessibles : je me retrouvais bien seul. Je dus me réorienter vers une nouvelle activité : le tourisme et plus particulièrement le tourisme du mariage. Quels plaisirs ont les tourtereaux de venir convoler en justes noces devant ma belle façade ! Cela m’oblige à me parer de mes plus beaux atours. Me voilà assurés de quelques belles années encore. Après ? Qui vivra verra !

Alors, vous les humains, ayez confiance dans vos talents et votre agilité. Si j’avais 10% de votre mobilité, que ne ferais-je pas !!!!

vendredi 28 mai 2010

Qui veut gagner l'édition 2010 ?


Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

Nous déclarons ouverte la session 2010 du grand concours « les médicaments en fête ». Participez, concourrez et peut-être vous serez l’un des trois gagnants.

Que gagnez-vous ? Une tournée en France avec des représentants du Ministère de la Santé, du conseil de l’ordre des pharmaciens et de membres de l’Industrie Pharmaceutique Une présentation de votre portrait dans les plus belles pharmacies des grandes villes métropolitaines en parallèle. Bien entendu, chaque gagnant peut se faire accompagner par la personne de son choix. Ce voyage a lieu dans les meilleures conditions : en ambulance 1ère classe avec gyrophare et sirène pour le transport et en CHU (ou équivalent) pour le logement.

En quoi cela consiste-t-il ? Vous aurez à tester divers formes de médicaments sous forme de sirop, gélules, comprimés…Bien entendu ces produits sont des placébos, c’est-à-dire des produits inoffensifs avec un peu de sucre. Il vous sera demandé de remplir un questionnaire sur votre expérience de dégustation. Un tirage au sort sera effectué parmi les candidats et les photos des heureux seront exposées. Pour ce faire, une photo de vous sera prise avant et après l’action.

Avertissement : le placebo est un produit totalement inoffensif puisque la matière dont il est composé est complément inerte. Il arrive que dans 20 ou 30% des cas, des effets psychosomatiques se produisent suite à une confusion mentale entre la couleur, la forme ou le nom d’un produit auquel le consommateur l’associe. Ainsi, l’effet placebo s’est révélé souvent plus efficace que les psychotropes chez les dépressifs ou que certains placebos perçus comme des produits de chimiothérapie fassent tomber les cheveux de testeurs. L’Industrie pharmaceutique ne saurait être tenue responsable de tels phénomènes.

A quoi cela sert-il ? Le Ministère de la Santé et l’Industrie Pharmaceutique cherchent à tester de nouvelles formes de médicaments plus appétants. Vous participerez ainsi à une grande œuvre sociale et humanitaire. Grâce à vous, les malades observeront mieux la prise de médicaments et vous sauverez ainsi de nombreuses vies humaines.

Qui peut participer ? Toute personne majeure, vaccinée et en pleine possession de se moyens. Sont exclus les membres du Ministère de la Santé, de l’ordre des pharmaciens ou de l’Industrie Pharmaceutique et leurs familles.

Comment s’inscrire ? En envoyant votre candidature dans la case réservée aux commentaires ci-dessous. Vous recevrez un e-mail de confirmation de votre participation, puis vous serez invité à venir rencontrer un membre de notre comité d’organisation qui vous donnera tous les détails.

Vous trouverez ci-dessus sur la photo les gagnants de l’édition 2009. Regardez leur bon teint, leur visage réjoui et leur bonne santé. Soyez vous aussi à votre tour les témoins de la vitalité de la recherche de l’Industrie Pharmaceutique !

samedi 6 mars 2010

« SFR », avez-vous dit ?


« Bon ! » se dit le Maire d’H, petite localité française, « Faisons le point : à la base, il y a la construction de cette colonne. A partir de là, il y a eu des manifestations comme en témoigne ce panneau sur les lieux et divers courriers à mon intention».

Extraits de courriers au maire

« je trouve superbe la sculpture qui a été édifiée près de la gare. En tant militant actif des Sculpteurs Français Réunis (SFR), je suis heureux que vous ayez autorisé un de mes confrères à valoriser cet arpent… »

« en tant qu’écologiste de la 1ère heure (je vote depuis 1994 pour eux), je proteste contre ces mouvements anti-antennes qui confondent défense des ondes et écologie. En fait, ils feraient de se battre pour l’arrêt des téléphones mobiles. Nous vivions mieux avant : nous allions nous voir pour nous parler. Bientôt ils vous sortiront une étude sur les réverbères et réclameront un éclairage sas lampadaires. Signé : un militant du Syndicat des Facétieux Rabelaisiens (SFR) »

« en tant délégué régional du syndicat agricole locale, je vous félicite d’avoir accepté d’être la première commune à accepté notre dernière innovation, le Silo Finement Racé (SFR), qui permettra à tout le monde de garder ses récoltes à proximité dans des conditions satisfaisantes. Alphonse Allais avait écrit en son temps qu’il fallait construire les villes à la campagne et nous, nous proposons la campagne à la ville… »

« je soutiens la campagne contre cette hideuse colonne qui recèle en son sommet une antenne relais de téléphone mobile en contradiction à la fois avec l’esthétisme de notre ville et la santé publique. Mon organisation, les Sages Femmes Réunies (SFR) vous apporte tout son soutien dans cette campagne. «

« je suis extrêmement surpris par la construction de cette tour qui est copie conforme de notre dernière réalisation, le Saucisson Fortement Resserré (SFR) qui est déposé à l’INPI sous le n° XZY 462. Ce produit révolutionnaire devait être mis en place dans les grandes surfaces à Pâques. Vous supprimez l’effet de surprise prévu et nous nous réservons le droit d’intenter des actions pour préjudice morale, matérielle et artistique »

« A l’occasion de la journée de la femme le 8 mars, j’ai apprécié votre geste par l’édification d’une sculpture venant à contre courant du mouvement des Silhouettes de Femmes Rondes (SFR) et de celui des anorexiques (Squelettes Finement Roulés- SFR-). Cette valorisation de la femme élancée et fine, tout en ayant du corps est un hommage au sexe dit faible »

« Le Syndicat des Fermiers Réalistes (SFR) s’inquiète de l’absence d’une girouette au sommet de cette tour. La girouette, symbole du sens du vent est extrêmement utile pour notre profession. Nous avons contribué par notre soutien franc et massif à la construction de cet édifice dans ce but. Or, à ce stade, l’essentiel manque… »

« Mais qui est donc ce mystérieux SFR ?» se demande toujours le Maire.

Pouvez-vous l’aider ?

jeudi 25 février 2010

Je reviens de Vancouver


- Bonjour chers auditeurs, je me trouve actuellement à l’aéroport de Roissy (Charles de Gaulle pour les étrangers) et j’attends l’arrivée du vol de Vancouver pour accueillir nos héros qui reviennent des JO. Justement j’aperçois l’un d’entre eux avec ses chaussures de ski autour du cou et les mains chargées de trophées. Monsieur, monsieur, quelques mots pour les auditeurs de Radio-ski, la radio leader des amoureux du ski. Alors, comment c’était Vancouver ?
- Nuageux, brumeux, vous avez sûrement vu à la télévision les épreuves reportées et toutes les conséquences.
- Cela a du être difficile pour vous. Dans quelles épreuves concourriez-vous ?
- Ma spécialité est le ski alpin et notamment la descente. mais en fait je n’ai pas concouru.
- Ah bon ? Accident ? incident ?
- Non, je fais courir les autres, c’est tout aussi stressant.
- Vous êtes sûrement un des entraîneurs de l’équipe de France. Comment expliquez-vous alors les résultats des skieurs français ?
- Mes résultats sont bons, d’ailleurs regardez les trophées que j’ai à la main. Il y en a encore plus dans mes bagages.
- Je ne comprends pas. Il me semble pourtant que les skieurs alpins n’ont rien gagné. Et puis, ce sont des coupes que vous tenez dans la main, pas des médailles olympiques.
- Ce sont les coupes gagnées par mes poulains en prévision des jeux d’Annecy.
- Il y a des jeux à Annecy ? Quels jeux ?
- Les jeux olympiques 2018 !
- Je ne vois pas le rapport avec Vancouver ?
- Je prépare les futurs champions olympiques ; ils gagnent coupes sur coupes dans les compétitions. Ils sont, j’en suis sûr, les futurs champions olympiques de 2018. Alors quand j’ai vu ce qui se passait à Vancouver en ski alpin, je me suis précipité là-bas avec mes coupes pour soutenir le moral des troupes et des dirigeants, dans la perspective de JO 2018. Courage, leur ai-je dit, nous arrivons !
- Vous ne croyez pas que ce que vous faites aurait du être fait depuis longtemps, parce que les médailles gagnées ces dernières années ne sont pas très nombreuses ?
- Mon métier est de faire gagner pour les JO d’Annecy. Voyez mes prédécesseurs pour répondre à votre question.
- Vous m’avez l’air sûr de gagner dans huit ans. Qu’est-ce qui explique votre optimisme ?
- Mon job est de leur donner la motivation et le savoir-faire technique pour cela. le vôtre, ce sera de m’expliquer dans huit ans pourquoi cela a marché ou non. Vous m’expliquerez alors ce que j’aurai du faire, à moins que vous n’ayez une réponse aujourd’hui à me donner. Je suis à votre écoute.
- Oui... , euh… c’est l’heure de la page pub, excusez-moi. Radio-ski, je vous rends tout de suite l’antenne.

dimanche 17 janvier 2010

Un phénomène style « ile de Pâques » en Normandie

A la demande de la société d’Archéologie, de l’Institut, j’ai été requis, pour mes compétences en termes d’extra-terrestres et d’études de l’origine des statues de l’Ile de Pâques, pour me rendre sur une plage de la côte normande, ST A… sur Mer.

Une analyse fine des cartes satellites a permis d’y observer un élément étonnant.
J’y ai constaté un objet de grande taille planté de biais dans le sable

  • il est d’une matière distincte du sol et de la falaise,

  • il comprend quelques ouvertures qui, compte tenu de sa position, semblent sans lien apparent avec le support,

  • il est apparemment le seul objet de sa sorte à des kilomètres à la ronde.

Je suis entré en contact avec quelques indigènes. Leur coutume nécessite de boire une boisson fermentée à base de pommes avant d’échanger avec eux. Il est vrai que cela délie la langue. Cela ralentit aussi les échanges parce qu’après l’absorption d’une certaine quantité de ce breuvage sacré, je dois prendre du temps pour me remettre. Pour eux, cela va.


  • Dans leur langue, cet objet s’appelle un Boom-Ker ( ?). Le mot n’a pas de sens dans leur langue. Mes recherches auprès des savants des Langues O ne m’ont guère permis de savoir de quelle origine était ce mot.

  • La matière de cet objet est pour eux du B-ton

  • Selon leur tradition, cet objet date d’il y a 2.000 ans. Effet, les anciens le datent de 42 ou 43. Je n’ai pu déterminer s’il s’agit d’avant ou d’après JC. En tout cas, j’ai pu vérifier qu’ils ont (aujourd’hui) un calendrier similaire au notre.

J’ai aussi observé leurs coutumes (un peu bizarres, mais pas dangereuses). Ainsi, ils jouent avec des boules en fer qu’ils lancent de loin près d’une plus petite boule.


  • L’objet sur la plage est-il alors une masse de grande taille lancée par une peuplade ancienne de grande taille ?

  • En appui de cette thèse, j’ai noté qu’il y avait un surplomb le long de la photo (voir les cailloux sur la photo) = aire de lancement.

  • Dans cette hypothèse, les trous dans l’objet seraient pour y mettre ses doigts, à l’image des boules de bowling (sport inconnu en ce lieu).

  • Il y a aussi un aspect de vénération puisque nombre d’entre eux viennent en faire le tour. Ils appellent cela une « promenade ».

J’en conclus que nous sommes ici en face d’un phénomène comme à l’Ile de Pâques. Un peuple de grande taille serait venu ici il y a 2.000 ans, aurait utilisé cet objet comme jeu ou instrument de divination (les hypothèses sont ouvertes), puis aurait disparu soudainement (tsunami ?) en laissant ce symbole. Pour éviter un déferlement de pseudo-savants ou de touristes qui ruineraient le site, je propose de faire preuve de discrétion sur cette découverte.

dimanche 30 août 2009

Vive le réchauffement de la planète !


Je suis un arbre d’une espèce nouvelle. Je ne perds pas de feuilles ou d’épines, mais je n’en gagne pas non plus. Je n’ai guère besoin d’eau mais j’en fournis. Je m’intègre discrètement dans le paysage et de loin je suis quasi invisible. Je pousse immédiatement à ma taille adulte et je n’en bouge plus. Qu’est-ce qu’un jardinier pourrait demander de plus ?

Je suis un mutant de l’écologie. Grâce au réchauffement de la planète, je suis de plus en plus courtisé. Avant, vous me trouviez à des altitudes d’environ 1.000 mètres, puis progressivement, mes tuteurs m’ont planté à 1.500, 1.800, 2.000 et aujourd’hui vous me trouvez couramment à 2.200 / 2.500 mètres. Vive le réchauffement de la planète. A chaque fois que je vous vois arriver dans mes montagnes en voiture ou en train, je suis content parce que je vais gagner quelques mètres d’une année sur l’autre.

Remarquez, je fais des envieux. Les sapins qui n’arrivent pas à dépasser les 2.000 mètres sont jaloux. J’ai beau leur dire de se renseigner, ils ne veulent pas m’entendre. Pourtant en 25 ans, les oliviers ont remonté (pour la culture) de plus de 300 kilomètres en France. Encore 50 ans et la Normandie sera le pays de l’olivier ! C’est une belle image n’est-ce pas ? Alors les sapins, remuez-vous !

En fait, je crois que les sapins me jalousent pour mon utilité. Quand vous faites du ski, un sapin (ou plutôt une forêt de sapins), cela évoque le froid, l’ombre, les plaques de verglas et le risque de se cogner contre (et cela fait mal). Mais moi, je suis discret, toujours isolé et je fournis de la neige fraîche en abondance. Quand à se cogner contre moi, il faut y mettre beaucoup de mauvaise volonté (surtout que je suis entouré de protections par mes tuteurs).

Laissons les sapins à leur vie. Pensons à vous. Rappelez-vous les phrases de l’Ecclésiaste (dans la bible) : « profitez de la vie ». Donc utilisez voiture, moto, camion, construisez des centrales thermiques à charbon, produisez et polluez et je gagnerai mètre par mètre sur les flancs de vos montagnes.

Rendez-vous bientôt sur les pistes de ski à 3.500 mètres pour profiter de la rare neige qui reste (et en plus monter à cette altitude vous fera encore plus polluer !).

C’est cela le progrès. Vive l’écologie !

samedi 6 juin 2009

Pourquoi Nicolas rencontre Barack le 6 juin ? Ce que vous ne lirez pas de sitôt dans vos journaux.


Tout commence un triste samedi de fin d'hiver. Un grand-père promène ses petites filles dans les rues de la vieille ville de Tours. Comme il se met à pleuvoir, il se réfugie dans la cathédrale St Gatien. Il en fait le tour tranquillement, mais cela n'inspire guère les enfants. Il passe alors dans le cloitre attenant qui a avec un beau déambulatoire et un superbe escalier. Celui-ci les conduit jusqu'à la salle des enluminures où sont consignés les précieux manuscrits écrits patiemment pendant des siècles. La visite aurait pu s'achever là si une des petites filles n'avait élevé son doigt vers un des vitraux de la pièce : "oh, regarde la caméra !". Le grand-père lève la tête et distingue en effet un projecteur et une bobine de film. Il lui répond gentiment : "effectivement, ce doit être un vitrail récent et l'artiste s'est amusé".

La visite se termine pour les enfants. Quelques jours plus tard, le tourangeau intrigué retourne à la cathédrale et apprend que les vitraux sont d'époque et qu'aucun n'a été remplacé, à la limite nettoyé. Il explique ce qu'il a vu et insiste. Le conservateur, prévenu, l'accompagne et constate la même chose : "je suis passé 2.000 fois devant ce vitrail, je les ai tous regardés et examinés et c'est la première fois que je le vois sous cet angle" s'exclame-t-il !

La nouvelle fait vite le tour de la ville et dans les heures qui suivent, le maire, les députés locaux, les sénateurs, le préfet et tout ce qui s'estime important défilent devant ce travail. Des historiens spécialisés sont réquisitionnés séance tenante et confirme l'ancienneté du vitrail. Quelle affaire ! Le cinématographe aurait-il été inventé il y a quelques siècles en Touraine ? Comme Leonard de Vinci a séjourné dans cette région, serait-ce une de ses découvertes ? En tout cas, à court terme, le maire et l'évêché décident la fermeture de la salle sous un prétexte de travaux. La France d'en haut, ceux qui savent se demande quel effet aurait l'information sur la France d'en bas. Les "gens qui savent" décident de garder le secret provisoirement.

Que faire ? Que dire ? Le maire voit tout de suite l'impact sur le tourisme pour la ville. Il imagine de nouveaux hôtels, un musée, des retombées financières importantes. Le Préfet s'inquiète pour l'ordre public, la circulation qui va grossir, les rentrées pour l'Etat. Les députés et sénateurs du bord opposé au maire parlent déjà d'un kidnapping électoral, que ce bien appartient à tout le monde, que l'argent doit être redistribué à qui de droit (sous-entendu à leurs électeurs…). La réunion de crise à la Préfecture est mouvementée. Le Préfet décide de remonter l'information à Paris et de demander des consignes.

Les ministères des Affaires Culturelles, de l'intérieur (qui est en charge des religions) et de l'Education Nationale décident de se concerter. Ils ont à peine chercher à créer un consensus que l'affaire leur est retirée et passe aux Affaires Etrangères et au ministère de l'économie. En effet, si le film a été inventé en Touraine, les possesseurs de droits comme Kodak, société américaine, par exemple perdent leur brevet et doivent indemniser l'Etat français et italien (pour Leonard de Vinci). Le sujet est sensible : à qui appartiennent les droits : aux sociétés américaines ? À l'Italie ou à la France ?

Le dossier remonte d'un cran à l'Elysée qui estime le dossier clé et… dangereux pour les bonnes relations atlantiques. Il faut en désamorcer les effets.

Et c'est ainsi qu'un juin un certain Barack O. rencontre discrètement un émissaire de l'Elysée Nicolas S. sur une plage de Normandie (tout est fait pour tromper les journalistes) pour en débattre. En attendant la salle est toujours fermée et le grand père prié de se taire…en échange d'une légion d'honneur au 14 juillet ou à la fin de l'année.

Silence, on travaille !

vendredi 24 avril 2009

Halte au panneau litigieux


- Mesdames, messieurs, en tant préfet de Haute-Savoie, je vous ai réuni, vous les représentants des principaux services déconcentrés de l'Etat pour traiter un sujet grave et inquiétant qui a suscité l'émoi des élus de ce département. Je dois dire que c'est la première fois que je vois réuni sur une même feuille les signatures de politiques de tous bords. Il y a même celles du représentant du front de libération de la Savoie et du maire de Genève. L'objet de la réunion est ce panneau routier accroché depuis des lustres à un des carrefours les plus fréquentés de la ville d'Annecy.
- Monsieur le Préfet, en tant que représentant la Direction de l'Equipement, je ne comprends pas la colère des élus. Pourquoi aujourd'hui, alors que ce panneau existe depuis longtemps ?
- Mon cher collègue, en tant que recteur de l'académie, je m'étonne de vos propos. Cela fait des années que nous attirons l'attention de la ville sur ce panneau qui réduit les efforts de nos enseignants. Comment expliquer aux enfants le rapport entre la distance et le temps mis pour aller à Genève quand nous savons tous qu'il faut passer par Cruseilles pour aller à Saint Julien et de cette dernière ville à Genève. Les syndicats de professeurs de mathématiques m'ont cité des écoles où les élèves sont négationnistes.
- Négationnistes ?
- Oui, ils nient l'intérêt des mathématiques. Ils disent qu'il faut revenir à la Bible où il est écrit qu'on ne doit pas compter.
- Vous voulez dire "créationnistes" ?
- Vous dites ce que vous voulez, mais je voudrais savoir ce qu'en pense mon collègue de l'Equipement.
- Je ne vois rien de particulier sur panneau. Vous pouviez aller tranquillement à Cruseilles à pied. Au-delà, nos ancêtres préféraient le cheval.
- Ils n'étaient pas pressé à l'époque; en tant que représentant du ministère de la Santé, je trouve que 2 km /heure à pied, cela ressemble plus à une balade qu'à un pas décidé.
- Docteur, en tant que représentant du ministère de la condition féminine et des minorités visibles et invisibles, je proteste : 2 km / h. sur 8h. peut être un exploit pour certains et certaines de nos concitoyens.
- Peut-être que les femmes n'avaient pas le droit d'aller au-delà de Cruseilles… dit le représentant du ministère de l'Intérieur.
- En tant que représentant du Comité Départemental du Tourisme, je suggère de garder cette plaque et de la mettre en valeur comme symbole de l'humour de nos ancêtres.
- Pardon, au nom du ministère des Affaires Etrangères, j'en demande le retrait. Nous craignons des représailles des autorités hélvétiques.
- Cela pourrait remplacer le problème classique des baignoires qui se remplissent tout en fuyant et l'eau s'évaporant sourit le représentant de l'Agriculture. A ce sujet, je n'ai jamais vu les plombiers ou les fabricants de sanitaires se plaindre de cette image.
- Mesdames, messieurs, un peu de calme reprend le Préfet. Je propose de constituer une commission à ce sujet. Je suggère que les représentants de l'Education Nationale et du Tourisme en prennent la direction. Vous choisirez les autres membres.
- Nous avons combien de temps pour vous remettre nos recommandations ?
- Juillet 2011 !
- 2011 ?
- Oui, c'est la date du choix de la ville olympique pour 2018. Si Annecy est retenu ou non, cela peut influer sur la décision finale. En attendant, pour éviter que ce panneau devienne un enjeu lors des prochaines élections européennes, nous allons faire mettre un panneau de chantier "provisoire" devant l'objet de ce litige. Merci à vous tous de votre active participation.

samedi 4 avril 2009

Le lavoir déchu revit


Ah qu’il est loin le temps où les lavandières venaient par (presque) tous les temps me tenir compagnie. Il y avait Germaine, la lavandière en chef qui gérait son petit monde et répartissait les places autour du lavoir. Il fallait faire attention à ne pas la froisser où vous vous retrouviez à l’autre bout près de la sortie des eaux sales. Il y avait Augustine qui revenait tous les jours laver le même linge juste pour faire la causette. Il y avait Antoinette qui perdait régulièrement son savon et faisait rire tout le monde en racontant que c’était la première fois. Il y avait Georgette, Marie, Andrée, Catherine… Bien sûr, au fil des années, j’en ai vu des Germaine, Augustine ou Marie qui se sont succédées. Ce fut longtemps un petit ilot paisible au pied de la forêt. La rude montée depuis le centre ville en dissuadait plus d’une de venir ici.

Maintenant, il faut s'adapter à la vie moderne. Chacun lave son linge sale en famille. Alors, pour attirer un peu de monde, je me fais belle et attirante. Heureusement, mon bois de châtaignier dissuade les araignées. J'attire ainsi les touristes, les amoureux, les chercheurs d'ombre et les touristes-amoureux-chercheurs d'ombre. C'est quoi d'ailleurs, votre vie moderne ? Pour moi, c'est simple, c'est courir. Comme d'un point à un autre. Les promeneurs passent 20 secondes devant moi, prennent une photo et repartent au pas de charge aussitôt parce qu'ils ont encore le tombeau du Maréchal à visiter, l'aqueduc, le parc du château qui n'existe plus, le…, la…

Vous me direz que les amoureux ont plus de temps. Pas du tout. Autrefois, ils s'arrêtaient, parlaient, s'embrassaient, se taisaient…Maintenant…ils téléphonent ou se font téléphoner ou écrivent des messages. Ils ne restent pas tranquilles plus de trois minutes (j'ai compté !). Ma voûte résonne du bruit des sonneries. On dirait qu'ils ne savent pas les arrêter. A ce rythme là, en été j'ai peu d'heures de calme et je rêve à l'hiver.

Remarquez en hiver, je m'ennuie, alors je fais de la poésie. Voulez-vous y goûter ?

Ami, viens à l'ombre
Ma tonnelle est fraîche
Tu rêveras l'été à ta guise

Lavandières d'hier
Parties depuis des hivers
Cet été relaveront

Un lavoir vit neuf mois
Et dort en hiver.
A chacun son rythme

Frottez mes pavés
Que les lavandières reviennent
Faire la pluie et le beau temps


et vous, quand venez-vous me voir ?

samedi 20 décembre 2008

J'habite une ville où le piéton est virtuel

Connaissez-vous Second Life, cet univers où vous pouvez vous créer une identité virtuelle et rêvez d'une nouvelle vie ? Cet environnement virtuel vous permet d'agir (presque) à votre guise, de vivre et de faire vivre autour de vous des situations qui vous permettent d'exprimer vos talents ou vos désirs.

J'habite moi-même dans un endroit encore plus extraordinaire : une ville où le citoyen, le quidam, l'usager, le piéton sont virtuels. Une ville où toutes sortes d'expérience sont menées dans ce domaine. Une ville qui n'est sur internet ou dans un royaume imaginaire, une ville qui n'est pas la lubie d'un magnat quelque part dans le monde ou la création fantastique de Walt Disney & consorts, non, une vraie ville située à proximité de Paris.

De quoi suis-je en train de parler, me direz-vous ? Est-ce que je fabule, je rêve, je m'invente un monde imaginaire ? Peut-être, en tout cas il a la tête d'un univers bien réel et bien vivant.

Quelques exemples ?

Il était une fois une route très passante avec au bout un pont. Donc, quelques soient les moyens employés, il fallait passer le pont dans un sens ou dans un autre. Le trafic important causait parfois des accidents et mettait en danger la traversée par les piétons. "Situation inadmissible", dirent les élus ! "Qui va payer les impôts à leur place ?". De réunion en réunion, il fut décidé de mettre en œuvre de grands moyens avec notamment la construction d'un rond point à l'entrée de ce pont et des feux tricolores. Superbe ! Le trafic fut ralenti et les piétons purent traverser en paix. Malheureusement, ce ralentissement créa de gigantesques bouchons de part et d'autre. Il fallait choisir entre le trafic et les piétons. Il fut alors décider de supprimer le piéton, en lui interdisant de traverser au feu rouge. Les voitures pouvaient passer avec le flèche orange, quand au piéton, charge à lui de faire un grand détour par un passage souterrain. Disparu le piéton.

Il était une fois une gare de RER. Dans un souci d'améliorer la qualité du service, la Retepe décide de supprimer le guichet de vente (que les piétons usagers se débrouillent avec les sympathiques distributeurs) afin que ses agents puissent se consacrer entièrement à leur tâche de fond : l'information. Cela a duré quinze jours. Depuis ce temps, le guichet "information" est quasiment vide jour et nuit. Quasiment, car le guichetier est remplacé par un écran informatique qui affiche "pour les billets, utilisez les distributeurs automatiques à droite". Comme cela, le taux de mécontentement des usagers a baissé de 100% : il n'y a plus de mécontents puisqu'il n'y a plus d'agents pour les recevoir. Donc, voilà une gare vide, sans agents. Enfin, presque. Ils sont là, mais derrière une porte blindée. Un truc pour les voir ? Vous sonnez à l'interphone qui ouvre le large passage d'accès au quai pour les poussettes (entre autres). L'agent vous répond, éventuellement vient, puis redisparaît dans son trou. Qu'y fait-il ? Mystère ! En tout cas, la mairie appelle cela de l'amélioration de la qualité de service. Une précision : le fameux bouton d'appel ne se trouve pas à la hauteur du guichet d'information, mais à l'autre bout du hall; De quoi prendre le temps de réfléchir avant d'appeler…

Je vous ai dit que le piéton était un gêneur. Tenez prenez les vélos. Ce sont des voitures en plus écologiques. Donc il faut promouvoir le vélo. Oui, mais les vélos sont en danger sur la rue et gênent les voitures. Moralité : il faut leur donner de la place…sur les trottoirs. Ceux-ci sont alors découpés en deux, à charge pour les piétons de raser les murs, d'éviter les crottes de chien et de céder le passage aux vélos quand ils doivent empiéter sur la partie vélo pour éviter les poteaux divers qui se trouvent sur la partie "marche à pied".

Le piéton doit se faire rare dans ces conditions, me direz-vous. Surtout lorsque tout se met en œuvre pour limiter son intérêt à sortir. Prenez la Poste. Quand je suis arrivé dans cette commune, elle était ouverte de 8h à 19 h. Puis les horaires se sont progressivement réduits. A partir de Novembre, dans un souci de "meilleure qualité de service du public", une nouvelle avancée va permettre au bureau d'être ouvert de 9h à 12h et de 14h. à 18h30. Comme cela, ceux qui travaillent dans cette ville ne sont pas tentés d'aller se promener à la Poste à l'heure du déjeuner. Cela favorise la circulation des autos et des vélos. J'espère que le trafic va diminuer, sinon nous risquons une réduction de l'amplitude horaire.

Je vous rassure tout de même : les impôts ne sont pas virtuels.

vendredi 12 décembre 2008

Tant qu'il y aura des hommes


Tant qu'il y aura des hommes, il y aura besoin de se nourrir, de se vêtir, de voyager, de consommer. Tant qu'il y aura des hommes, il y aura une manière de consommer qui ne sera pas forcément écologique ou biodégradable. Alors ils jetteront leurs épluchures, déchets, emballages partout où ils seront. Bien sûr, il peut y avoir des poubelles, des tris sélectifs, des incitations à la propreté, à la bonne éducation, au civisme, au respect des autres…mais tous n'y seront pas sensibles. Certains feront tout de travers par mépris, d'autres par distraction, d'autres par indifférence, d'autres par vengeance…qu'importe, le résultat sera le même : il y aura des détritus un peu partout, dans la rue, dans les cages d'escaliers, dans les monuments, dans les lieux publics, dans les aéroports, dans les voitures,… bref, partout où vous êtes chez vous sans que cela vous appartienne en propre.

Cela arrive même dans les gares. Prenez une belle et grande gare. Pour rassurer le public et être plus disponible, l'agent a fait place à de belles machines automatiques : voulez-vous un billet ? L'automate est là, toujours souriant et accueillant ! Voulez-vous boire ? Des distributeurs de boissons vous tendent les bras ! Voulez-vous un renseignement ? Des panneaux immenses vous informent ! Vous cherchez votre wagon ? Un panneau lumineux vous indique où stationner sur le quai au centimètre près ! Et puis si après cela, vous êtes encore perdu, les autres voyageurs soudés par le destin de leur rencontre fortuite se feront un plaisir de vous guider, épauler, conseiller, orienter, accompagner…

Pourtant, au travers de cet univers automatique, les déchets continuent leur rôle de lien social. Je dirai même favorise l'élévation des hommes. Voulez-vous un témoignage ? Vous voici un matin de décembre dans une grande gare de province attendant votre train. Vous avez apprécié la courtoisie du distributeur automatique de billet, été charmé par les informations du panneau lumineux, ri jaune au composteur de billet, remercié le gentil indicateur d'emplacement des wagons qui vous a assigné une place sur le quai. Bref, la vie humaine chaleureuse et réconfortante comme vous l'aimez. Vous voilà maintenant attendant votre train où vous trouverez le même accueil : une place réservée indiqué par un numéro lumineux (nous sommes loin des petits billets disposés un par un dans le wagon), des annonces par haut parleur…

Soudain, comme venu d'un autre temps, deux personnes traversent votre champ de vision : un homme avec un gilet jaune muni d'une longue pince marche tranquillement sur les voies et ramasse avec sa longue canne les mille et un déchets de notre civilisation de la consommation : papiers, mégots, cannettes… A côté, mais lui sur le quai, son compère avec une veste qui a du être blanche, un drapeau rouge à la main et un cor sur le dos, l'accompagne, le surveille, le protège. Ces deux hommes remontent tranquillement la voie. Ils saluent au passage des collègues qui se hâtent fébrilement vers quelques destinations, s'excusent auprès de futurs usagers du train à venir de devoir leur demander de s'éloigner de vingt centimètres de leur point de rassemblement et continuent leur petit bonhomme de chemin.

Dans une époque où tout s'automatise, ils sont la présence rassurante que tout ne peut être automatisé. Grâce au déchet de notre consommation, nous donnons du travail aux uns et du lien aux autres. C'est promis, demain je jetterai mes déchets à même le trottoir. Je contribuerai ainsi au travail de mes congénères et à permettre au lent déplacement du balayeur dans l'espace de nous montrer la voie du travail à vitesse humaine.

samedi 15 novembre 2008

On a marché sur la Somme


Lettre ouverte à l'Ambassadeur de Chine et aux médias

Monsieur l'Ambassadeur, mesdames, mesdemoiselles et messieurs les journalistes, vous avez célébré il y a quelques semaines la sortie dans l'espace des Taïgonautes chinois. Bel événement, magnifique réussite et vous avez eu raison de le faire.

Dans le même temps, un autre évènement étonnant, magnifique, palpitant, fantastique, surprenant ..(et j'en passe) se produisait à Amiens : on a marché sur la Somme. Un jeune picard, dont je tairais le nom par discrétion s'est lancé dans la folle aventure.

Un entraînement de haut niveau

Il lui a fallu de nombreuses années d'entraînement. Il a commencé d'abord au dessus de flaques d'eau, puis progressivement sur des ruisselets, des rus, des ruisseaux avant de pouvoir traverser un premier fleuve : la Veule. . Une préparation physique à base de marche à pied, de vélo et de voiture (pour ne pas se fatiguer) lui a donné le tonus. Vous complétez cela par une alimentation saine, à base de ficelle picarde, de maroilles, de tuiles, de macarons et de battus … bref, tout ce qu'il faut pour rester léger, souple et dynamique.

Même pas mouillé

L'évènement a eu lieu le 25 septembre, en plein quartier Saint Leu. La ville était en fête pour cet évènement et les maisons décorées. La traversée du fleuve qui aurait pu lui prendre deux ou trois minutes a en fait duré un bon quart d'heure, le héros du jour prenant le temps de s'arrêter, de se retourner, de saluer la foule. Accueilli à son arrivée par les notables locaux, il a été fêté comme il se doit. Nous avons pu recueillir ses premières impressions :

"Je tiens à remercier tout d'abord mes sponsors pour le soutien matériel et moral qu'ils m'ont apporté. Je citerai particulièrement Schaetjens, Trogneux, les Pompes funèbres et Désérable pour le montant de leur contribution. C''est grâce à un savant dosage de genièvre, de ficelle picarde et de maroilles que je peux accomplir cet exploit et me sentir tout léger.

Je me demande d'ailleurs comment mon prédecesseur, un Galiléen dont on a perdu le nom, a pu le faire sans ces précieux aliments.. Que dire de ma traversée ? Au plaisir du premier contact avec l'eau succède la joie de marcher, planer, voler au dessus de l'eau. Grâce à mes chaussures sur coussins d'eau, des "Nick water", mes pieds restent au sec.

Mes projets d'avenir : traverser la Manche, ouvrir une école de marcheurs sur l'eau, en faire une discipline olympique…Oui, je crois que j'ai ouvert la voie à d'autres. En Picardie, nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons du talent ! Je suis étonné sur le silence médiatique sur cette grande région."

Je terminerai cette lettre en adressant un message à tous les sponsors, mécènes et soutiens qui peuvent aider ce jeune picard. Voici un investissement rentable.

samedi 27 septembre 2008

L'ours en fleurs


Oui, je suis un ours en fleurs. Ne me regardez pas bizarrement. Je ne vois pas ce qu'il y a d'étrange. Les arbres en fleurs, est-ce que cela vous choque ? Et les jeunes filles en fleurs ? Alors, pourquoi les ours ? Il y a des ours stars de cinéma, des ours polaires, des ours artistes de cirques. Moi, je suis un hippie. Ce n'est plus à la mode ? Tant mieux, je suis alors en avance. La mode, cela va et vient. Si ce n'est plus à la mode, c'est que cela le reviendra tôt ou tard. D'ailleurs, il n'y a que vous que cela choque. Les "locaux" n'y font même plus attention.

Moi et ma famille venons d'Europe Centrale. Là, dans les montagnes, la nature est restée accueillante. Nous étions la famille ours du conte "les trois ours", ceux qui recueillent la gentille petite fille perdue dans la forêt. A la suite de cette histoire, des imprésarios nous ont proposé une tournée à travers l'Europe. Comme mes parents ont mal lu le contrat, cela s'est mal terminé : Mon père s'est retrouvé dans un cirque et moi et ma mère dans un parc des Pyrénées. Après avoir souffert de la bêtise des hommes, je me suis enfui. Je suis devenu hippie : "peace and love", "tout le monde s'aime", … Le jour je reste sagement à ma place. La nuit tombée, je pars me promener et vais raconter des contes aux enfants avant qu'ils s'endorment. Je suis devenu l'assistant du marchand de sables.

Vous aimez les contes ? En voici un pour vous : Un ours se plaint de son sort : "Un ours, c'est doux, c'est gentil. Cela se nourrit de fruits et de miel lors de ses promenades dans la montagne. Comme nous sommes grands et forts, les hommes ont peur de nous et nous chassent. Nous, on ne tue que pour manger et c'est nous qu'ils qualifient de cruels. C'est injuste. Je vais me plaindre au Roi des Animaux." Il descend de sa montagne en quête du Roi. En chemin, il croise un coq qui lui demande où il va. A entendre son récit, le coq lui dit alors : "moi aussi je vais avec toi. Je passe mes nuits dehors sur un bout de bois à guetter l'aube et à chanter l'heure du réveil. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, je suis là alors que mes collègues de la basse-cour sont au chaud. C'est injuste !" Un peu plus loin, ils croisent une abeille qui leur demande ce qu'ils font ensemble et où ils vont. Les plaintes de ceux-ci l'incitent à se joindre à eux : "Moi aussi je veux aller voir le Roi des Animaux. Je ne suis qu'une ouvrière et je passe mes jours à butiner à droite et à gauche pour nourrir ma Reine. Tout le monde me vole mon travail : les hommes, les ours, ma Reine…J'en ai assez."

Ils arrivent tout trois auprès du Roi des Animaux qui les écoute avec attention. Il propose à l'ours de se reposer dans son garde manger, au coq de dormir dans une belle chambre et à l'abeille de ne rien faire et d'être nourrie. Quelques jours plus tard, l'ours, ayant mangé toutes les provisions, se plaint d'avoir faim. Lecoq qui s'est empâté, oublie de donner l'heure et l'abeille dépérit.

Le Roi les convoque à nouveau : "Tu regrettes déjà" dit-il à l'abeille "de ne pas butiner ? Tu as un noble destin, celui de nourrir ta Reine et de faire plaisir aux hommes. Retourne à ta tâche avant de mourir d'ennui. Et toi, as-tu déjà oublié ton rôle ? Comment la basse cour et les hommes sauront le temps si tu n'es pas là ? Cours à ton perchoir pour donner le temps. Tu as le reste de la journée pour dormir. Quant à toi, l'ours, tu te gaves sans souci. Tu as la chance d'être grand et fort pour te nourrir et jouer à ta guise. Sans cela, tu passerais ton temps à te protéger et à te défendre des autres."

Ce conte vous a-t-il plu ? Je sais que la nature profonde de mon espèce est de s'amuser et de faire plaisir. Et vous, quelle est votre fonction ? .

vendredi 1 août 2008

A quoi servent les usines ?


Nos enfants (et encore plus nos petits enfants) sauront-ils ce qu'était une usine ? Il y avait autrefois plein d'usines. Les gens vivaient autour d'elles. Les logements ouvriers permettaient aux ouvriers d'habiter au plus près pour être plus corvéable. 10 heures de travail par jour et cinq minutes pour rentrer chez soi.

Puis les usines se sont disloquées, fragmentées en petites unités, aseptisées pour répondre aux normes d'hygiène de fabrications des produits (pas des ouvriers !) ou parties au loin. En tout cas, nous n'avons plus beaucoup d'usines près de chez nous. Les politiques ont estimé que 10 heures de travail, c'était indécent et que vivre près de l'usine était aussi inadmissible. Maintenant, les ouvriers travaillent sept heures par jour et passent trois heures dans les transports en aller et retour. Vive le progrès ! Comme il paye son transport, je ne suis pas sûr qu'il y gagne au bout du compte.

A quoi servent les usines ? Elles servaient à entreposer des machines sur lesquelles des cohortes d'ouvriers et de techniciens ouvraient pour produire des objets. Il y a toujours ces usines, mais le plus souvent, dans ma région, sans ouvriers. Alors, pour beaucoup d'enfants, une usine, c'est un espace vide, une aire de jeux ou d'expositions, un prétexte à rénovation immobilière et une zone marquée "danger !".

Il y a les usines tristes qui servent de dépotoir. Il y en a qui sont érigés en symbole : "ici travaillaient 3.000 ouvriers !" Il y a les usines dont l'architecture, l'emplacement et le hasard ont permis (pour un temps ?) leur survie (au niveau immobilier). Reconverties parfois en galerie d'expositions, elles servent à la fois de décor, de vitrine, de miroir inversé et de reflet à des animations culturelles où les badauds peuvent emmener leurs enfants sans danger. Parfois même, une des machines a été pieusement conservée et repeinte de couleurs rutilantes.

Alors les enfants peuvent retourner à l'école en disant : "j'ai vu une usine, j'ai vu des machines !" Peuvent-ils pour autant imaginer le bruit, les odeurs, le rythme de ceux qui y ont vécu parfois toute une vie professionnelle ?

L'usine pour beaucoup est devenue un symbole, un mythe, un lieu que les plus de 50 ans décrivent déjà comme leurs grands parents parlaient de la guerre de 14-18 : "j'y étais !"

mardi 22 juillet 2008

Une ziggurat à Samarobriva !



-Mesdames, messieurs, voici un monument étonnant qui est un monument symbolique !
- Symbolique de quoi ?
- C'est bien la question, madame, lui répondit le guide. Ce monument a été édifié il y a 60 ans à la fin de la guerre dans le but de montrer que la ville se relevait et renaissait de ses cendres. Il a été qualifié de symbole, mais malgré la proximité de la construction, nous en avons perdu le sens.
- C'est facile, c'est le bâtiment le plus haut de la ville !
- Ce serait possible, monsieur, si la cathédrale n'était pas plus haute.
-Il sert à quoi ?
-Mis à part les logements, c'est bien la question.
-Qui l'a construite ?
-Un ingénieur du nom de Perret. A l'époque (nous étions à la sortie de la guerre), ce sont des ouvriers de nombreuses nationalités qui l'ont construite.
-Comment faisaient-ils pour se comprendre ?
- C'est là aussi un mystère. En tout cas, si au début de la construction, ils ne parlaient pas tous le français, à la fin, ils le savaient.
-C'est un miracle !
-C'est possible. En tout cas, l'évêque n'a jamais voulu le reconnaître comme tel.
-Il était jaloux.
-Peut-être. Observez le somme de ce bâtiment qui se perd dans les nuages. En fait, compte tenu du climat local, plus de la moitié de l'année, le sommet est au dessus des nuages.
-Alors, c'est un observatoire !
-Les chercheurs y ont pensé. Toutefois, nous n'avons jamais trouvé d'instruments d'optique. Cela m'étonnerait qu'à une époque aussi récente, nos ancêtres ont choisi la vue à l'œil nu.
Autre particularité pour l'époque. L'ascenseur marche mieux quand il descend que quand il monte.
-C'est normal. Il pèse moins lourd.
- Madame, la fonction première d'un ascenseur est de monter. En tout cas, il comporte sept paliers.
-Cette tour se visite-t-elle ?
-Non, seuls les habitants peuvent prendre l'ascenseur. Si vous souhaitez la visiter, il vous faudra monter à pied. Arrivé au sommet, vous pourrez redescendre par l'ascenseur.
-C'est fou !
-Non, c'est un symbole. Chaque année, il y a une course pour arriver le plus vite au sommet.
-Et alors ?
- Par mauvais temps, il y en a qu'on n'a jamais revu. (frémissement dans la foule).
-Mais pourquoi personne n'en parle ?
-Vous savez, les hommes politiques aiment avoir réponse à tout. Alors, avouer qu'ils ne savent pas grand-chose, cela peut compromettre des élections.
-Mais pourquoi vous nous la montrez alors ?
-Parce que peut-être que l'un d'entre vous a une idée sur le sujet.
-Moi, à l'école, dit alors une petite fille, j'ai vu un monument similaire. Cela s'appelait une ziggurat. La plus célèbre est celle de la tour de Babel (nouveau frémissement de la foule).
- Alors ce sont des dieux qui l'habitent hurle un homme. Ils descendent des nuages par cette tour qu'ils se réservent.
-Ils parlent comme nous ou comme les martiens demande un petit garçon en rigolant
-"bin dis donc min garchon, quind t’es nin contint, cha s’vot " lui répondit le guide
-Ah ! fit le groupe
-"ch'é sinpe conme bojour" continue le guide
-Cela explique le miracle des langues. A Babel, ils ne pouvaient plus construire parce qu'ils ne parlaient plus la même langue. Ici, cela a été l'inverse.
-Je comprends l'attitude l'évêché qui ne veut pas de concurrence ! dit un autre.
A ce moment, les nuages se dissipèrent et le ciel bleu apparut. Les touristes se reculèrent et firent une offrande pour conjurer le sort en déposant une pièce dans la sébile du guide, tout en faisant vœu de silence. Ils s'éloignèrent avec dignité, alors qu'au coin de la rue, un autre groupe de touristes attendait son tour

mercredi 2 juillet 2008

Suivez le guide

Voici une maison avenante située entre campagne et mer. Vous y parvenez en prenant une autoroute, puis une autre. Vous filez tout droit jusqu'à ce que cette autoroute se lasse de vous et vous abandonne. La grande route prend le relais. Plus loin, profitez que celle-ci oblique sur la droite pour prendre à votre tour la tangente…tout droit. Quand vous en aurez assez, vous tournez à gauche, puis quelques temps plus tard à droite sans prévenir et vous y êtes. Vous la voyez trônée au beau milieu d'une belle pelouse. Trois portes ! Ne vous trompez pas, la plus pratique (en ce qui nous concerne) est celle du milieu.

Dès l'entrée, vous vous trouvez dans une grande pièce qui tient à la fois de salle à manger et de salon. Une femme, tout de rouge vêtue, vous y accueille en vous proposant des pommes (une coutume locale). Elle vous y invite à y goûter en en croquant elle-même une d'entre elles. La pièce est vaste avec de grands fauteuils qui vous tendent les bras. Des livres et des CD invitent à la flânerie. Au nord de la pièce, une grande table de bois entourée de bancs barre la baie vitrée, au travers de laquelle vous voyez la mer, la plage et les badauds.

Plein d'objets et de photos. On sent le poids des ans, des objets ajoutés les uns aux autres au fil du temps. Ce n'est pas un modèle pour une revue de décoration, mais en même l'accumulation des souvenirs dans le temps s'est faite d'une manière artistique. On n'ose bouger un objet de peur de rompre une harmonie bâtie au fil du temps. C'est ce qui donne l'impression quand vous entrez dans cette maison qu'il y a une atmosphère de vie permanente. Rien à voir avec les maisons musées froides des revues à papier glacé.

Votre hôtesse vous invite alors à entrer dans la cuisine, C'est un mélange de la modernité (avec ses machines à café symboles du nec plus ultra) et de vie traditionnelle (la table en bois, les ustensiles divers). Sur la table, vous voyez qu'il y a de l'activité de bon matin dans celle-ci. .Vous trouvez disposer quelques fruits et légumes : des prunes, des artichauts, un citron… Quel plat magique se prépare-t-elle à vous faire ? Peut-être un poulet rôti. Le poulailler n'est en effet pas loin : coq et poules sont visibles par la fenêtre.

Il n'est pas encore l'heure de déjeuner. Revenez sur vos pas, retraversez le salon et entrez dans un deuxième salon. La pièce est petite, confortable, avec de grands fauteuils. Toutefois, la large baie vitrée donne une impression d'espace : vous voyez au loin une série de maisons alignées et les falaises au loin à marée basse. Les livres changent de nature : de la littérature, mais aussi des bédés. Au-delà, la pièce suivante est une chambre un peu sombre avec ses volets fermés. A nouveau un salon avec un grand sofa et une cheminée. Sur une console de magnifiques fleurs (du jardin) vous sourient. Chaque pièce a son atmosphère. Selon l'humeur du jour et du temps, choisissez votre lieu.

Montons à l'étage. L'escalier est entouré de verdures. Dans une première chambre, à gauche, une petite fille en robe verte vous attend et vous chante une chanson sur un flamand rose. Elle vous montre la vue sur les falaises. Celles-ci brillent au soleil. Passez doucement devant la pièce suivante. Un coup d'œil par la porte entrebâillée vous observerez un homme un peu triste qui regarde par la fenêtre. Que regarde-t-il ? La mer ? L'horizon ? Peut-être digère-t-il tranquillement son repas. Il a une assiette de fruit devant lui (il aime les bananes à priori) et une bouteille de vin bien entamée.

Les autres pièces vous offrent des perspectives inattendues. Ainsi, dans l'une d'entre elles, un reflet dans un miroir… et vous avez la sensation de vous trouver à Venise sur un des canaux, dans l'attente d'une gondole. Dans une dernière pièce, vous avez l'impression d'être sur la plage au dos des belles cabines colorées. Un dernier regard sur la plage où des jeunes filles laissent traîner leurs pas sur le sable mouillé. Il est alors temps de redescendre et de prendre congé de vos hôtes.

Retour à la réalité du monde moderne par le chemin, la route et les autoroutes. Le lendemain, vous vous demanderez peut-être si vous avez vu tout cela ou si vous avez rêvé. Les deux peut-être.

dimanche 11 mai 2008

Un cadran optimiste


Je reviens d'une ville appelé Roazhon (dans la langue locale, j'ai bien dit la langue, pas le patois). C'est une ville avec quelques particularités : c'est la plus petite ville du monde qui a un métro (un vrai métro). C'est aussi une ville qui a un indécrottable optimisme. J'en veux preuve le parlement local qui a en son fronton non pas une pendule comme tous les édifices habituels…mais un cadran solaire.

Vous me direz que c'est un pays avec beaucoup de soleil. Pas du tout ! Il y pleut en moyenne 172 jours par an, sans compter les jours de temps gris ou de brouillard. Bref, un cadran solaire pour quelques jours par an. Cela peut être perçu par certains comme une plaisanterie, un gadget, un bref que se sont offerts les édiles. Peut-être…

Pour moi, c'est un signe d'un indéniable optimisme. "Après la pluie, le beau temps" dit le dicton. Rien à voir avec le réchauffement climatique, le parlement porte fièrement son cadran depuis plus de trois siècles.

C'est aussi le signe d'un savoir de vivre. Si les montres aujourd'hui sont partout (à votre poignet, sur votre téléphone mobile…), pendant longtemps, ce fut un objet volumineux ou de riches. Le temps était donné par les églises ou les mairies. Que le parlement donne l'heure par le truchement d'un cadran solaire est le signe clair d'un certain savoir-vivre : comment être à l'heure ou ne pas y être quand la grande majorité du temps, vous ne pouvez pas lire l'heure.
Peut-être avaient-ils (ou ont-ils) d'autres moyens de se donner l'heure : après la troisième pluie de la journée, quand le trottoir sera sec cet après-midi…

Imaginez les réunions au parlement qui doivent commencer à l'heure dite. Qui dit l'heure ? La majorité ou l'opposition ? Bel exemple de consensus politique sur lequel nous devrions prendre exemple.

Et puis, il y a l'effet saison: on plus de chances de savoir l'heure en été qu'en hiver. C'est la vie à l'envers : les habitants devraient être plus laxistes et souples sur le temps en été avec le soleil et la chaleur alors que c'est l'inverse.

En tout cas, je constate que les gens y sont plus détendus qu'à Paris (remarquez que ce n'est pas trop difficile) et plus aimable. Les gens se saluent, les chauffeurs de taxis sont aimables, les passagers dans les bus plus cordiaux… Il règne dans cette ville une bonne humeur du moins les jours où j'y suis passé. Peut-être était-ce le fait de la pluie, parce qu'il a plu énormément durant ces quelques jours. L'absence de cadran solaire et de temps rythmé a sûrement joué un rôle.

Michel Serres, un philosophe a écrit : "Désormais, tout le monde a une montre et personne n'a le temps. Echangez l'un contre l'autre : donnez votre montre et prenez le temps." Il pourrait dire aussi "échangez votre montre contre un cadran solaire".

Alors, à quand une pétition nationale pour le retour au cadran solaire ?

mercredi 12 mars 2008

Deux jours chez les lemovices…


Me voici pour des raisons professionnelles dans un coin de la France. Un voyage sans histoires dans un train du soir. Arrivé dans cette ville, je m'arrête dans un hôtel quelconque. Jusque là rien d'original.

Le lendemain, je sirote mon café en feuilletant la gazette locale.. et je me retrouve un étranger dans cette ville. Je croyais être un français comme eux (les habitants), mais eux sont des lemovices ! Chaque ligne du journal parle des lemovices locaux et du reste du monde. Où suis-je tombé ? Me serais-je trompé de ville ? Inquiet, je me précipite vers le bureau de l'hôtelier. Après un long débat, il me confirme qu'il est un lemovice. Il m'explique : "On voit que vous venez d'ailleurs. Ici, les gens ont une fierté, une identité. Pendant la dernière guerre, la résistance a été très importante et active dans la région. D'ailleurs il en reste des traces même aujourd'hui. Bien sûr, les habitants de la ville ont un nom courant pour les autres (sous entendu, ceux comme moi). Les habitants se sentent profondément lémovices, mais pour garder leur spécificité, ils ont décidé de devenir schizophrènes : le vrai nom pour les initiés et un nom officiel pour les autres ! L'hôtelier me conseille de rester discret sur le sujet sous peine de … (il n'a pas voulu m'en dire plus).

Bizarre, bizarre. Quelques jours je travaille avec un groupe de personnes dont des locaux. A table, le midi, une des personnes habitant cette ville, nous explique qu'elle est arrivée ici il y a deux ans. Elle a eu du mal à s'intégrer. Même si son métier d'origine est très demandé (elle est dans le social), elle n'a pu trouver de place pare qu'ici tout est cloisonné et tenu par les "francs-maçons" (sic). En fait, il ne s'agit pas des francs-maçons eux-mêmes, mais de toute une mouvance de coteries locales qui réservent ces postes et d'autres à des lémovices avec des racines de plusieurs générations.

Cela n'est d'ailleurs propre à cette ville, m'explique les locaux : "c'est le cas dans toutes les villes et villages de cette région. Aujourd'hui, 60 ans après la fin de la guerre, la mentalité résistance se perpétue avec son aspect face à l'ennemi."

Un petit tour de ville m'impressionne. Il y a la ville pour les touristes, bien fléchée, bien balisée et.. les quartiers des locaux, peu cités sur les cartes. Il a fallu que je me perde pour y arriver. L'accueil est correct. Le français est parlé devant vous (mais le dialecte local subsiste m'a-t-on dit).

Je repars le lendemain de cette ville au double visage en me demandant s'il y a d'autres lieux proches de nous avec ce même caractère. Et vous ? Connaissez-vous des lémovices ?